Jeudi 29 mai 2008
Les pêcheurs bretons et les mineurs Chinois



La grogne des pêcheurs aura eu le don de révéler deux choses : la première que cette profession est en voie de disparition et que cela ne nous chagrine pas plus que lorsque la dernière mine de charbon à La Houve en Lorraine a fermé ses portes en 2004. D'accord, la spéléologie mercantile ne faisait pas rêver grand monde en France et ce n'était pas une grande tristesse de se dire que ces mineurs pouvaient espérer avoir un autre métier, autrement moins pénible que celui-là, surtout en France. Surtout en France, car n'oublions pas que les mines de charbon n'ont pas disparu de la surface de la planète (enfin, si l'on peut dire ça comme ça, la "surface"). Les mines de charbon tuent encore en Chine, par exemple : à chaque coup de grisou, ou effondrement de galerie, ce sont des centaines de mineurs chinois qui meurent...


Qu'il est pénible de vouloir parler de pénibilité...


Encore une fois, la pénibilité du travail n'est pas prise en compte. Mon travail de bureau est au degré zéro de l'échelle de pénibilité, tandis que celui du marin ou du mineur y culmine. Et les bureaucrates dans mon genre qui ont décidé de faire les lois, de payer les gens ou encore de faire croire aux autres ce qu'ils voulaient qu'ils croient en leur faisant espérer faire ce qu'ils veulent faire (c'est encore la meilleure des propositions du bureaucrate... et de loin la plus efficace), les bureaucrates, qu'ils soient français ou européens, ont bien compris qu'il ne fallait surtout prendre en compte la pénibilité du travail dans les différentes évaluations (en termes de salaires, de retraites, ...).
D'un autre côté, est-il plus pénible à un jeune marin fougueux d'affronter l'agitation infernale de l'océan pour ramener une misère de poissons, ou à un bureaucrate octogénaire, fraîchement élu dans ses nouvelles fonctions, de vouloir briller par son inefficacité remarquable à vouloir briser son immobilisme sempiternel ? A quoi bon changer les choses à l'article de la mort... Les jeunes ne pourront jamais comprendre de toute manière, c'est bien cruel de vieillir...

Le mouvement européen



Le second point qui nous est révélé par cette grogne, ô combien justifiée, après tout - mais les fédérations de pêcheurs n'avait qu'à mieux s'y préparer... on a connu leur frénésie à vider les océans, peut-être ont-ils tué leur profession ? - est qu'à mondialisation, ou tout du moins européanisation, il était possible de répondre par des grèves européennes.
On a déjà vu que la mondialisation a entraîné des manifestations impressionnantes à Seattle notamment. Et bien, face à un problème économique de niveau européen, les fédérations de pêcheurs de France, d'Italie, d'Espagne, s'unissent pour faire plier Bruxelles.
Cette situation a quelque chose de singulier. Les mouvements sociaux peuvent donc s'étendre en Europe... Voilà qui ne va pas ravir nos bureaucrates européens... Heureusement qu'ils savent que les organisations syndicales ont déjà pris un retard considérable dans leur européanisation, mais elles le comblent... Maintenant, désunies à l'intérieur des pays, arriveront-elles à unir leurs forces dans les luttes européennes ? Rien n'est moins sûr.
Mais assurément, l'Europe crée des émules.


Les pêcheurs et les taxes sur l'essence


Mais que réclament les pêcheurs ? Payer moins cher leur carburant. Gros consommateurs, ils veulent que l'Etat se prive de la TVA sur l'essence pour leur permettre de continuer leurs activités. Rien que ça !
S'ils l'obtiennent, ce sera la porte ouverte à tous les autres utilisateurs de carburant, déjà sur la brèche : agriculteurs, routiers, ambulanciers, taxis, livreurs de pizza, tondeurs de gazon et autres êtres humains au volant ou au guidon d'un véhicule motorisé pour se rendre d'un point A vers un point B (A et B étant distant d'au moins 500 mètres).
Et supprimer la TVA sur l'essence pour certaines professions, reviendra à :
- priver l'Etat de revenus dont il a besoin pour éponger ses dettes (sinon ce seront des augmentations d'impôts : d'une manière ou d'une autre, l'Etat le récupérera) ;
- reconnaître implicitement que les taxes contre les pollutions ne sont pas nécessaires (l'essence pollue, si on aide les consommateurs de ce produit, on ne lutte pas contre la pollution et on perd toute crédibilité dans ce domaine primordial) ;
- décaler le problème de quelques mois (les pêcheurs viennent d'obtenir ce qu'ils réclamaient il y a 6 mois, mais comme le prix de gazole à encore augmenté, ils sont encore en train de réclamer une aide...).

De plus, contrairement à ce qu'on peut entendre, l'Etat ne semble pas profiter de son système de taxation sur l'essence en ces temps de montée des prix du baril de pétrole : le système et le détail du prix de l'essence (gasoil, sans plomb) en France est brièvement expliqué dans cet article.g



On pare au plus pressé, mais pourquoi ne pas trouver de véritable solution, comme la pêche à la voile, la pisciculture intensive (hum... les bons pangas entassés dans leur sceau d'eau...), la pêche au cormoran ou encore la pêche sous-marine sportive... Il y en a des solutions pour la pêche, les bureaucrates planchent dessus :)
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 12 mai 2008



Le Myanmar - que les media français s'obstinent encore à nommer "Birmanie" - a été touché de plein fouet par un cyclone d'une violence inouÏe (pour rendre les phénomènes météorologiques un peu moins méchants, on leur donne des prénoms gentils : ici c'est le vilain Nargis qui a causé tant de morts).

Selon le FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), ce sont les régions qui constituent le grenier alimentaire du Myanmar qui ont été les plus sévèrement touchées. De quoi inquiéter dans un climat déjà sensible sur le plan alimentaire mondial.
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 7 mai 2008

J'entends un peu partout l'expression "crise des subprimes" dans les medias radio (sûrement télévisé également) mais à aucun moment je n'ai entendu d'explication satisfaisante. Bien sûr, j'ai compris qu'il s'agit d'une crise de l'immobilier aux USA et que les crédits contractés par certains américains ont conduits à la banqueroute d'organismes financiers. Mais comment tout cela s'est-il goupillé ?

 


Qu'est-ce qu'un crédit subprime ?

S'il n'y a pas de définition unique d'un crédit subprime, l'AMF considère qu'il s'agit d'un "crédit hypothécaire consenti à des emprunteurs présentant un niveau de risque supérieur à celui de l'emprunteur traditionnel, soit du fait d'une incapacité à gérer leurs finances personnelles, soit parce que leur capacité de remboursement a été compromise par des évènements adverses." (Revue Mensuelle de l'Autorité des Marchés Financiers, n°44, Février 2008).

Environ 80% des crédits subprime sont à taux variable : ce sont les crédits ARM (Adjustable-Rate Mortgage), sur 30 ans, consentis à taux fixe pour la première année («1/29») ou pour les deux premières années («2/28»). Le taux fixe initial est souvent plus bas que la moyenne du marché : un trompe-l'œil finalement efficace, explicitement nommé Teaser rate, ou plus subtilement Initial Rate Discount. Le reste du prêt est un taux variable de type Libor US 6 mois, avec une marge pour la banque.

Si plusieurs critères formels permettent de définir un crédit comme étant subprime existent (Loan to Value, ratio dette / revenu), le score FICO (Fair Isaac Corporation) semble tenir la corde pour définir la catégorie du crédit. Le score FICO est une échelle calculée à partir de l'historique de crédit de l'emprunteur – ce qui incite au passage les banques à conserver l'historique de toutes les opérations bancaires des clients. Si le score de l'emprunteur est inférieur à 620, sur une échelle de 300 à 850, alors son crédit hypothécaire est qualifié de subprime.

Les crédits subprime et les autres…

Au Etats-Unis, il n'existe pas que les crédits subprime. Deux autres types de prêts sont considérés non-conformes parce qu'ils ne bénéficient pas de garantie de la part des agences gouvernementales :

  • les prêts Alt-A, dont le niveau de risque est légèrement inférieur aux crédits subprime,
  • les prêts Jumbo qui permettent des emprunts d'un montant élevé.

Ces trois types de crédits (subprime, Alt-A, Jumbo) ont été accordés généreusement dans un contexte de fort dynamisme de l'immobilier aux Etats-Unis. Pendant une bonne décennie, les prix de l'immobilier ont progressé entraînant avec eux l'augmentation des crédits des ménages (13 % de croissance par an entre 2000 et 2006). Parmi ces crédits, le type subprime a littéralement explosé, composant 12 % du total des crédits immobiliers des ménages à la fin de l'année 2006.

La folie des banquiers ?

On peut se demander ce qui pousse les banquiers à accorder des crédits aussi risqués, sur des sommes aussi importantes (un achat immobilier !) : les banquiers sont-ils tombés sur la tête pour accepter cela ? Non, bien sûr. Rien n'est simple quand on commence à mettre le nez dans les histoires financières. La complexité du secteur rebute certainement le commun des mortels, ce qui permet à ceux qui connaissent parfaitement les rouages du système de s'en mettre plein les poches (cf. affaire Wendel en France).

Aussi, les banquiers bénéficiaient de la possibilité de titriser les créances nouvelles au moyens des RMBS (Residential Mortgage Backed Securities) : les établissements à l'origine du prêts pouvaient alors mieux gérer le risque de crédit et de se séparer des risques de non remboursement liés aux prêts de mauvaise qualité, si nécessaire. Cette possibilité a été facilitée par le recul des taux de défaut sur les crédits subprime et par le développement conséquent du marché secondaire des prêts immobiliers…

En gros, il y avait une astuce, mais elle n'a fonctionné qu'un temps…

La crise de l'immobilier aux USA et les crédits subprime


 

Puis vint le temps où le marché de l'immobilier a commencé à ralentir, pendant l'année 2006. C'était le début de la baisse des prix sur l'immobilier résidentiel. On dit que la politique monétaire entreprise depuis 2004 n'y serait pas complètement étrangère. Néanmoins, la combinaison de ces deux évènements a entraîné une augmentation des retards de paiement et une hausse du taux de saisie sur les crédits subprime.

Ces crédits étant à majorité à taux variable, la hausse des taux ne s'est pas faite attendre : appelée le reset, elle a évidemment alourdi les dettes des emprunteurs. Cette réévaluation des taux à la hausse s'est en plus effectuée au moment où les taux directeurs étaient en pleine progression (1% en 2004 à 5 % en 2006).

Devant la hausse de leurs échéances, les emprunteurs n'ont plus pu rembourser. Conséquence inévitable, la faillite de plusieurs organismes de prêts spécialisés dans les crédits subprime :

L'administration américaine intervient

Devant la crise sans précédent qui est déjà amorcée, l'administration Bush lance une série de mesure destinée à contenir le désastre financier, notamment avec la House Tax Relief Bill :

  • Pour les 7 prochaines années, déduction du revenu des primes d'assurance versées dans le cadre des emprunts immobiliers,
  • Remise partielle ou totale des dettes consenties lors des renégociations,
  • Gel des taux d'intérêt sur certains prêts consentis entre début 2005 et été 2006.

 Ah, le libéralisme ! Nous verrons bien ce que ces pseudo-mesures peuvent faire…

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 2 mai 2008
Toujours dans le rapport annuel 2007 de la société Syngenta qui le commercialise, on a l'air de s'étonner (mais de se réjouir) d'un des effets secondaires de l'insecticide Cruiser - l'insecticide pour traitement des graines le plus vendu au monde.
En effet, les cultivateurs de soja Brésilien (le soja transgénique ?) ont remarqué que les plantations étaient plus grandes, plus vigoureuses, plus vertes que les plantations non traitées par Cruiser...

Tiens donc...



7 années de recherche (comme quoi, rien n'est évident - et encore faudrait-il jeter un coup d'oeil aux résultats de ces recherches !) ont permis aux scientifiques (et aux stratèges ?) de Syngenta de trouver une explication à cet effet secondaire : Cruiser entraîne la biosynthèse de protéines spécifiques qui défendent la plante contre le stress.

OK ! Si c'est vrai, tant mieux, on ne peut que se réjouir de cela. Mais :
  • il fallait bien sortir une explication au bout de 7 années de recherche... Considérons que ce soit la vérité, ce qui est probable, pour la suite du raisonnement,
  • Syngenta ne maîtrise pas les effets secondaires de ses produits et s'en remet aux cultivateurs pour les découvrir : cela peut avoir des conséquences désastreuses dans le cas d'un effet secondaire négatif,
  • on sent bien que ce n'est pas naturel qu'un produit induise une biosynthèse non maîtrisée : si le produit  est capable de générer des effets secondaires positifs, il est tout aussi capable de générer des effets secondaires négatifs,
  • 7 années pour trouver la cause d'un effet secondaire positif... On sent bien que Syngenta a mis le paquet pour découvrir les vertus cachées de son insecticide (car il faut avoir les moyens de poursuivre les recherches pendant 7 années) afin de réitérer le processus dans les prochains produits, de maîtriser ces nouveaux mécanismes et d'en faire un argument de vente fort,
  • Imaginons maintenant que les agriculteurs aient découvert les effets secondaires de l'insecticide Cruiser (les apiculteurs par exemple, pour ne pas les citer...) : est-ce que Syngenta entreprendra des recherches pendant 7 années ? A mon sens, oui, mais aucune conclusion de l'enquête ne sera jamais publiée, car il faut que Syngenta réduise les effets négatifs de ses produits, sans jamais éveiller les soupçons de ses actionnaires (pourtant pas dupes les actionnaires, mais ils n'aiment pas les remous au moment de récupérer les dividendes de leur société / vache à lait).
A la lecture de ce simple rapport annuel de Syngenta, document officiel de la société, on comprend ce qui se trame derrière le principe de précaution dont on lance l'expression à chaque fois qu'on entend parler d'OGM. Il y a bien des effets secondaires non maîtrisés remontés par les cultivateurs. Pour le moment, nous ne sommes informés que des effets "positifs" (attention à ce qui semble positif d'un premier abord, car les légumes vert fluo ce n'est pas normal non plus !) mais il est logique d'imaginer que les effets peuvent (et doivent) être aussi positif que négatif. Le tout est de savoir dans quelle mesure.

Si Syngenta jouait également le jeu de la transparence dans ses recherches, peut-être que la société n'aurait pas un aussi bon chiffre d'affaire, un aussi excellent résultat net annuel, mais sûrement gagnerait-elle la confiance de nombreux pays réfractaires.
C'est un choix de stratégie assez classique finalement, mais qui semble marcher à merveille.
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 mai 2008
Les prémisses d'une véritable crise alimentaire



Le building du CBOT va commencer à devenir le centre d'intérêt du monde entier...

 A l'heure où 60 millions de français s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat, la crise alimentaire commence à soulever des inquiétudes dans les pays en voie de développement (les manifestations du 1er mai 2008 en Asie sont un signe) : le directeur général de l'Asian Development Bank annonce, lors du 41ème meeting annuel à Madrid, que 600 millions de personnes survivent avec moins de 1 $ / jour et 400 millions d'autres sont à peine au-dessus de ce seuil incroyable.

A l'heure où les français se demandent si le foie gras va redevenir un met rare, les distributeurs et les grandes surfaces profitent de la flambée des prix des matières premières pour accroître démesurément leurs marges, les multinationales de l'agro-alimentaire comme Danone réalisent de nouvelles hausses de prix inespérées après le passage à l'euro quelques années auparavant, et les autres multinationales de l'agro-alimentaire comme Syngenta se frottent les mains en spéculant sur l'évolution de la crise.
A cette heure-ci, 10 000 Indonésiens défilent dans les rues de Djakarta pour demander des hausses de salaire pour continuer à se nourrir normalement ! Et en Thaïlande, ce sont 2 000 ouvriers qui s'inquiètent de leur condition.

Il est normal de s'inquiéter de sa propre condition. Cependant, avec la mondialisation (et là on voit les effets pervers de cette mondialisation), l'inquiétude des uns devraient interroger celles des autres...


Bravo, les français s'interrogent sur leurs retraites. C'est vrai, c'est rageant de voir des acquis disparaîtrent sans raison valable, en prétextant l'augmentation de l'espérance de vie peut-être... Mais voilà, quand on pense aux retraites des américains, on pense aussitôt aux fameux fonds de pension qui récupèrent chaque année les dividendes de nos belles entreprises bien françaises et glorieuses comme Total. Et quand on pense à nos propres retraites... Tiens, comment sont-elles financées ?

Dans le privé, on imagine très bien que les entreprises arrivent à reproduire le système des fonds de pension américains : ils prennent des parts dans des sociétés d'Europe de l'Est ou d'Asie, et hop, à chaque fois qu'il y a des dividendes, on récupère. Normal, c'est le système qui veut ça. Allez voir ce que France Télécom ou la BNP ont fait en Argentine pour récupérer le pactole quand la faillite s'amorçait dans ce pays d'amérique du sud... Cela ressemble en tout point à la fuite de nos euros vers la Sun Belt américaine. On peut se dire que la fuite du capital argentin aura permis de payer quelques retraites en France !



Le regard vers la New York Stock Exchange



Et le prix du baril augmente ! Et le prix du blé décolle ! Et le prix du riz s'envole ! Tous les yeux sont désormais rivés sur les salles de marchés. Tout le monde pensent à un effondrement de la banque, à une crise similaire à 1929 (certains prétendent même pire que le Black Thursday), mais il n'en sera probablement rien.
Les entreprises comme Syngenta dans son
rapport annuel 2007 garde les yeux rivés sur le Chicago Board of Trade : il s'agit de la plus ancienne bourse du commerce au monde où l'on traite essentiellement de "contrats à termes" (futures contracts). En gros, c'est ici que s'échangent notamment les denrées alimentaires, à des prix prédéfinis, à une échéance donnée. Le vendeur se protège des effondrements des cours mais ne profitent pas des hausses de prix.

C'est au
CBOT que les nouveaux records du monde sont enregistrés : le prix record du blé en tête de file. On peut même effectuer des contrats à termes avec une échéance à Décembre 2010 (le prix est heureusement déjà fixé).
Et on suivra avec intérêt l'évolution des prix de l'éthanol, du soja, du maïs ou encore du coton. Tout cela sur le CBOT.

La crise ne fait certainement que commencer. Syngenta attend avec impatience que les gouvernements acceptent de jouer le jeu du transgénique (officiellement, "
the need to improve agricultural productivity") et les pays émergeants en sont évidemment les premières cibles.

Feuilleton à suivre...




par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 29 avril 2008
Une Organisation Non Gouvernementale qui prône la transparence... L'idée est louable.
Voici comment l'ONG se présente :

Transparency International est l’organisation mondiale de la société civile au premier plan de la lutte contre la corruption. Par le biais de plus de 90 Sections dans le monde et de son Secrétariat International à Berlin (Allemagne), TI sensibilise l’opinion aux effets dévastateurs de la corruption et s’emploie, en partenariat avec les pouvoirs publics,
le secteur privé et la société civile, à concevoir et mettre en oeuvre des mesures efficaces pour en venir à bout.



Dans son rapport annuel de 2006, Transparency International développe 5 priorités internationales :
  • la corruption dans le secteur privé,
  • les conventions internationales contre la corruption,
  • la corruption dans les marchés publics,
  • la corruption en politique,
  • la pauvreté, le développement et la corruption.

Vous l'aurez compris, la transparence c'est également la disparition de la corruption (ou c'est avouer ouvertement la corruption, mais dans ce cas, cela ne devient-il pas légal, la plupart du temps ?).

L'ONG décortique également les pots-de-vins dans un rapport, le Global Corruption Barometer 2007, dont voici quelques conclusions qui retiennent toute notre attention :
  • dans le monde, ce sont les pays d'Afrique qui remportent la palme des demandes de pots-de-vins,
  • dans le monde, ce sont les pays pauvres qui sont en tête des pays dans lesquels des pots-de-vins ont été payés afin d'obtenir un service public,
  • en Europe, l'Albanie, la Macédoine, le Kosovo et la Roumanie sont les pays les plus touchés par les pots-de-vins,
  • dans le monde, on paye en majorité des pots-de-vins aux services de police et aux services judiciaires...
  • les jeunes sont plus enclins à payer des pots-de-vins (mais si ! comme quoi, peut-être qu'avec l'âge on comprend que l'argent n'achète pas tout... à moins qu'avec l'âge on arrive mieux à parlementer ou à faire du troc au lieu de verser quelques billets précieux...),
  • si dans le reste du monde, on paye des pots-de-vins majoritairement à la police, en Union Européenne c'est le système médical qui est arrosé, et en Amérique du Nord ce sont les institutions judiciaires (mais cela reste mesuré comparé au reste du monde),
  • un graphique amusant traite du niveau perçu de corruption dans les institutions du monde : les gens pensent majoritairement que les partis politiques sont corrompus, puis les parlements / législatures, suivi de la police...

Dans un article du Monde daté du 28 Avril 2008, Transparency International pointe l'opacité des revenus des compagnies pétrolières... De la corruption dans le monde du pétrole ??!! Curieux :)

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 2 avril 2008
La bonne affaire de ces dernières années : prêter de l'argent à l'Etat, il ne vous le rendra mais paiera ses intérêts.

En 2007, la dette publique de l'état représente 1 180 000 000 000 € (1 180 milliards d'euros !).
Cela représente 64,6 % du PIB, rien de moins...

Et concernant les intérêts, je ne sais pas s'il faut le dire... parce que 39 milliards d'euros pour l'année 2007, ce n'est pas forcément décent...

Les sources se trouvent sur un site gouvernemental qui s'appelle "Performance publique". Ambitieux ! (A moins que la performance, ce ne soit... non, quand même pas de battre des records de dettes dans l'espoir qu'elle soit effacée un jour ?).

Autre chose à propos des chiffres des rentrées fiscales (et des chiffres en général) : sur le document de Performance Publique, les rentrées fiscales sont plus faibles que celle trouvées dans le Projet de Loi de Finances... On fait clairement dire aux chiffres ce qu'on veut. Il n'y a qu'à voir le petit graphique sur l'évolution de la dette publique (avec quelques dates clés, pour montrer que les autres gouvernements avant, c'était, bah, pas bien).
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 31 mars 2008
Je sais que vous aimez bien les classements !
Pour 2007, nous avons :

  1. TVA nette : 131 100 000 000 € (tous les zéros, cela fait 135 milliards !!! Nous sommes tous con-cernés par la TVA, même quand on paie l'essence)
  2. Impôt sur le revenu : 56 800 000 000 € (y compris les joueurs de foot, les acteurs, les PDG, etc... sauf tous ceux qui vivent en Suisse ou à Monaco... Et vous, où êtes-vous là dedans ? Si vous payez 1000 € d'impôt sur le revenu, c'est bien déjà vous travaillez, vous représentez moins de 0,000 000 018 % du montant total, bravo !)
  3. Impôt sur les sociétés net : 51 500 000 000 € (les pauvr' z'entreprises qui "payent" vos salaires...)
  4. TIPP : 17 600 000 000 € (distancée, mais c'est déjà bien)
  5. Autres : 11 100 000 000 € (tout le reste).
Ce classement est disponible sur le projet de Loi de Finances 2008, page 16.
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 31 mars 2008

L'Exxon Valdez - quel gaspillage !!! et puis Valdez, c'est (c'était ?) à voir !!


Mais qui sont les grands gagnants des hausses du prix de pétrole ?
Immédiatement, il vient cette réponse évidente :
  • Les compagnies pétrolières : ça, c'est l'évidence même, car le prix du baril monte en fonction de spéculation et non seulement des coûts réels d'exploitation ;
  • L'Etat : avec les taxes sur l'essence.
En effet, le détail du prix de l'essence, disons du gazole, est organisé ainsi :
  • Brent : le prix du brut de référence pour le monde entier (du nom d'un gisement pétrolier en mer du Nord, au large de l'Ecosse) ; le Brent, c'est le fameux "baril" qui bat des records en dollars (suivi sur le site de l'Industrie).
  • Raffinage : la répercution des coûts de production (+ marge raffineur) ;
  • Distribution : la répercution des coûts de distribution (+ marge distributeur) ;
  • TIPP : Taxe Intérieure de consommation sur les Produits Pétroliers,
  • TVA : ça ne suffisait pas de payer la TIPP, il fallait également payer la célèbre TVA !

L'Etat a beaucoup perdu avec les cigarettes : il paraît que la consommation chute... Il se rattrape avec l'essence...
En dépit des apparences, ce n'est pas le cas : l'Etat perd de l'argent avec l'augmentation du prix du baril !!!

Avant d'aller plus loin, il faut situer à peu près la part de chacun dans le prix d'un litre de gazole :
  • En 2007, les taxes (TIPP + TVA) représentaient 55,3 % du prix du gazole :
    •     0.66 €/l de taxes pour 1.20 €/l
    •     26.54 € de taxes pour un "plein" de 40 l à 48 €
  •  En 2007, les taxes (TIPP + TVA) représentaient 63,6 % du prix du SP95 :
    •     0.89 €/l de taxes pour 1.40 €/l
    •     35.62 € de taxes pour un "plein" de 40 l à 56 €
Juste pour donner une idée... N'oublions que les multinationales empochent l'autre moitié (ou une bonne partie en tout cas) du pactole !

Et pourtant, donc, l'état perd de l'argent depuis que le prix du baril augmente... C'est un peu comme les maisons de disques qui gémissent lorsque les ventes de CD baissent (allez, chutent, on peut le dire), pendant que les ventes de DVD explosent... Non, ce n'est pas pareil... On ne va augmenter les impôts pour autant ! Enfin, pas directement.

La TIPP, une taxe complexe



Oui, alors je n'entrerai pas dans les détails techniques car je les ai à peine saisis, mais il faut savoir que la TIPP est une taxe perçue sur les volumes et non sur les prix. Logique, puisqu'il s'agit d'un montant fixe déterminé chaque année par une Loi de Finances votée par le Parlement.

Deux infos intéressantes :
  • Il existait une taxe nommée IFP (Institut Français du Pétrole, taxe qui était reversée à l'institut, d'où son nom), mais elle a été supprimée en 2003 : en réalité, elle a été intégrée à la TIPP. Cela faisait trop, psychologiquement, d'avoir trois taxes sur le pétrole, il vallait mieux en supprimer une et augmenter d'autant une autre, ça passe mieux ;
  • Si pour 2008, la TIPP est de 60.69 € / 100 l de Supercarburant sans plomb, elle est de 35.90 € / 100 l d'essence pour l'aviation, et elle est exactement de 0.00 € / 100 l pour les carburéacteurs d'avions. Tiens donc...

Puisque la TIPP est indexée sur les volumes, plus le prix du baril augmente, moins les consommateurs consomment et plus l'Etat perd de l'argent. C'est expliqué très clairement de ce rapport sur le suivi de l'impact de la hausse des prix du pétrole sur l'exécution de la loi de finances 2007. Et c'est doublement dommageable puisque la TVA baisse systématiquement en même temps que la consommation. L'Etat "perd" (ne gagne pas) ainsi 359 millions d'euros sur les produits pétroliers en 2007. Argent qu'il va bien falloir trouver ailleurs...

Le Royaume-Uni, un modèle pour la France




Oui, ben alors là non. Le graphique parle de lui-même et il fait un peu peur... On sait où l'Etat anglais va chercher de l'argent ! (pour info, la TIPP est une accise)
Le détail sur le site de l'Industrie, encore ! (Le pire dans tout cela, c'est qu'on ne peut pas dire qu'on est prévenu... Comme quoi, trop d'informations tue l'information)


par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 28 mars 2008
C'est un constat général. Les gens ne savent plus écrire (vous pourrez même le constater ici même, sur ce blog !). Combien d'articles de journaux comportent des fautes d'orthographe ? (on ne peut décemment pas toujours parler de coquille !) Combien de fautes de grammaire ou combien d'expressions incorrectes voyons-nous dans un monde toujours plus noyé d'information ?
D'abord la peur des angliscismes, la peur des abréviations, la peur des simplifications, la peur du langage sms... On parle d'enlever la cédille car c'est trop compliqué... On veut franciser certains mots car on a peur de ne plus maîtriser notre langue... Ha ! Si nous pauvres français maîtrisions ne serait-ce que l'anglais !!! Ce serait déjà un mal pour un bien... Ou le contraire...
Mais, c'est bien connu, en France, on est nul en langues. En général, on dit cela pour se justifier d'être nul en allemand, de parler comme des chèvres en anglais, de mal utiliser le langage corporel en italien ou de ne pas savoir prononcer "chorizo" en espagnol... Mais à force de croire en notre nullité en langues, et de répéter à tout va "on est nul en langues", la phrase est devenue performative et nous sommes devenu nul en français. J'espère que personne n'a eu l'idée de vouloir faire apprendre le chinois à l'école...




Nuls en français ?

En fait, nuls en général. Le monde bouge (marketing...), le monde change, le monde évolue. On a un peu trop tendance à croire que passage du temps rime avec amélioration et progrès. On représente souvent des graphiques à composante temporelle, avec côté abscisses le temps qui passe et côté ordonnées des valeurs qui partent de zéro (ou d'une référence quelconque) et qui montent, qui montent dans le temps. Parce qu'on n'aime pas se représenter une tendance à la baisse. Bon, on a bien les chiffres du chomage, mais ceux là, ils sont truqués, donc ça compte pas.

En réalité, passage du temps rime aussi avec ... dégradation. On parle de la météo, de la couche d'ozone (oups, non on n'en parle plus de celle-là), de la fonte des glaces au pôle (tant mieux pour les pays arctiques qui vont pouvoir se lancer dans une course aux minerais et au pétrole dans ces fonds inexplorés...) ; on évoque la situation dans le pays, le pouvoir d'achat (c'est marrant cette expression "pouvoir d'achat", on ne se sent puissant, on a l'impression qu'il est nécessaire d'acheter pour exister, mais attention, le pouvoir n'est pas un devoir... cela semble parfois tellement évident qu'on a tendance à nous le faire oublier), la crise des banlieues, le moral des français.
Et puis dans tout cela, il y a nos enfants. Les enfants, c'est l'avenir. Les vieux, ce n'est pas l'avenir, c'est le présent, c'est l'électorat qu'il faut ménager. Les moins vieux travaillent pour nous tous, ils ont d'autres chats à fouetter. Mais les jeunes, ce sont nos retraites. Un jeune = une retraite potentielle. Et si le jeune est un couillon, il n'aura pas un métier qui rapporte des soussous, et donc une mauvaise retraite pour nous tous.
Alors occupons-nous de nos jeunes ! Si tous les jeunes sont des couillons, alors la France ira droit dans le mur. Mais le constat est alarmant, les jeunes sont nuls ; nuls en français (orthographes et grammaires), nuls en mathématiques. Les autres matières, on a pas le temps de les évaluer, mais on imagine très bien que les jeunes français excellent en compostage de sms avec le pouce gauche (ou droit, ou les deux, il y a des surdoués partout), maîtrisent parfaitement l'enregistrement pré-programmés de films sur DVD double couche avec timeshifting activé (alors qu'on vient tout juste de comprendre à quoi servait le show-view sur nos magnétoscopes dont on ne sait plus quoi faire), qu'ils savent rouler une cigarette d'une main tout en téléphonant de l'autre, et qu'ils connaissent toutes les références des pots ninja débridables sur leurs scooters (désolé, mais même quand j'étais jeune naguère, je n'y comprenais rien aux discussions de jeunes).
Le seul hic, c'est qu'on ne les évalue pas sur ces matières-là. Les maths c'est nul et le français c'est ringard.


Ceci est un veau : un peu de culture, ne fait de mal à personne !



Le pouvoir d'achat

Oui, mais il y a le pouvoir d'achat. Jeune, si tu lis ceci, ne te vexe pas. Je sais que si tu es arrivé jusqu'ici, tu n'es pas comme tes pairs. Tu fais partie, peut-être, des 20 % de jeunes qui savent lire (disons 40 % de jeunes qui savent lire cet article spécialement adapté pour eux) et c'est déjà bien.
Saches que si tu sais lire, que tu comprends ce que tu lis, et que tu sais compter (les additions, soustractions et quelques multiplications suffisent), tu as toutes les chances de réussir dans la vie. Enfin, il y a tellement d'autres paramètres, mais ne te décourageons pas.
En revanche, si les mots défilent dans ton esprit comme dans un tétris ultra-complexe et que tu n'arrives pas à les assembler pour en extraire le sens, il y a de fortes chances pour que tu t'endormes très rapidement car tes paupières vont être lourdes, très lourdes... Tu dors peut-être déjà. Ou bien tu es somnambule.

Pourquoi le pouvoir d'achat ? Parce que savoir lire, comprendre et savoir compter, c'est ça le vrai pouvoir d'achat. Comprendre ce qu'on te vends, ce dont tu as besoin, combien tu vas réellement le payer, comment tu vas pouvoir faire des économies, comment tu vas pouvoir gagner de l'argent, combien tu vas pouvoir le gagner, comment on va te le reprendre avec les impôts, pourquoi on va te le reprendre, à quoi ça sert de voter, comment on compte les sièges à l'assemblée, pourquoi tu te fais arnaquer, comment t'as été prévenu pendant tout ce temps (c'était marqué pourtant)... Enfin, tout cela pour te dire que ce qu'on te rabâche avec le français et les maths, cela a un objectif final : te faire devenir un consommateur averti. Et un consommateur averti en vaut deux. C'est salutaire pour toi, c'est malheureusement salutaire pour ceux qui vont te payer et te reprendre ton argent (c'est marrant, chez le fonctionnaire, celui qui donne, c'est celui qui reprend... c'est un peu débile comme système [analyse ce commentaire et essaie de montrer en quoi le commentaire est absurde. Ensuite, récite la table de multiplication de 7 et de 9]).



La DEPP

Heureusement, nos statisticiens de l'éducation nationale comptent pour nous. Ce sont ceux qui ont bien réussi à l'école. Rassures-toi, en étant un bon statisticien, tu peux également travailler dans une salle de marché et être le nouveau trader à la mode de Fleury Merogis, en ayant toi aussi ta propre F-40 et non pas une Corsa d'occasion presque rouillée mais qui n'a que 150 000 km et que tu peux encore faire tirer cinq ou dix ans.
Voilà, jeune, tu peux t'arrêter ici. Tu en sais déjà trop.

La DEPP, c'est la Direction de l'Evaluation, de la Prospective et de la Performance, les statisticiens qui nous régalent de nouveaux chiffres régulièrement. Ils viennent de sortir une note qui tente de montrer objectivement l'évolution du niveau scolaire des élèves en fin de CM2 entre 1987 et 2007. La conclusion semble être affligeante, selon les journalistes du Monde [28.03.2008].
L'Education Nationale est en pleine réflexion sur le programme des écoles primaires et sur la page d'accueil du site, nous sommes invités à participer à cette réflexion sur la nouvelle proposition des programmes. A vous de lire si vous êtes intéressés par cette initiative.
La question est délicate. Cela fait des années que les programmes des primaires sont remis en question. La baisse du niveau scolaire des élèves en entrée de collège à la fin des années 1990 a déjà été constatée par différentes études. Refaire des programmes, c'est bien, mais j'ai l'impression que c'est la solution ressortie régulièrement par les différents ministres pour justifier leur poste ("qu'avez-vous monsieur le Ministre durant tout ce temps ? Hé bien, mon action a conduit à la refonte complète et cohérente des programmes scolaires, ce que mes prédécesseurs n'avaient pas fait, et les résultats ne pourront être visibles que dans quelques années, bien évidemment..." Juste le temps de briguer un autre ministère dans une démarche cohérente pour prendre les gens pour ce qu'ils ne veulent pas être et histoire d'avoir les miches au chaud...).
Tiens, le jeune, puisque tu lis encore, je vais essayer de faire une comparaison débilisante, comme savent le faire nos hommes politiques les plus habiles. Tu vois, faire un nouveau programme scolaire, c'est un peu comme dire : au football, en ligue 1, il faut rester dans les 17 premiers sinon tu passes en ligue 2. Pour cela, tu dis au gardien : "toi, tu arrêtes tous les tirs cadrés", et tu dis aux attaquants : "tu prends le ballon, tu tires et tu marques". Les autres joueurs sont là pour tacler et faire des passes. C'est simple non ? Et bien, c'est ça, la nouvelle proposition de programme scolaire. Ensuite, tu prends un prof d'une classe (pas forcément en difficulté, disons une classe de petits bourgeois issus de la carte scolaire, mais ça marche encore plus facilement avec une classe de banlieue genre neuf trois). Ca, c'est l'entraîneur (genre Paul Le Guen chez les bourgeois, ou Pouliquen chez ceux qui n'ont pas les moyens). Et bien le prof, il a beau dire à ses élèves, tu vois, c'est simple tu fais 3 fois 3 et ça te donne 9, quand ça rentre pas, ça rentre pas (demande à Diané).  Alors, il y a les automatismes, apprendre à répéter les gestes, faire et refaire les mêmes actions (heureusement, l'école ce n'est pas collectif, sinon on ne s'en sortirait jamais), et puis il y a les jours de matches où il faut tout donner. J'espère que tu comprends où je veux en venir, mais je sens que je t'ennuie et que tu t'apprêtes déjà à cliquer sur MSN pour discuter sérieux avec tes potes. D'ailleurs, je suis étonné que tu sois encore là, mais il s'agit sans doute d'une erreur : tu es le somnambule qui voit défiler le tétris de mots dans sa tête, tout s'explique !

Nos retraites

Je crois qu'il va falloir tirer un trait dessus. On ne peut pas vraiment compter sur nos jeunes. Nous ne sommes de toutes manières pas un bon exemple pour eux, nous n'avons ni réussi à les éduquer, ni à les empêcher de jouer à leur jeu vidéo débile, ni leur couper l'envie de participer à des jeux intellectuels comme le Big Deal (quoi ça n'existe déjà plus ??) ou Next (quoi ça existe encore ??).
Nos profs ne réussissent même plus à leur inculquer quoi que ce soit. Les parents n'en parlons pas, leurs profs n'ont pas réussi à en tirer grand chose non plus, à l'époque... Le mal est pire qu'il n'y paraît. Mais bon, tout ce petit monde ne vote pas encore... Il faut juste réussir à leur faire miroiter deux ou trois choses quand ils auront dix-sept ans, et le tour sera joué. Si j'étais homme politique visionnaire, je commencerais à investir dans une retraite en Finlande ou en Norvège, là où les jeunes savent compter et lire (le problème, c'est qu'ils sont aussi nuls que nous en français... d'un autre côté, ce n'est que leur troisième ou quatrième langue).
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Pages

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
 
referencer un site web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus