Dimanche 24 décembre 2006
Il s'agit du point d'auto-inflammation ou d'auto-ignition du papier.
Soit 233 °C.
Le 10 Mai. Un jour pour brûler les livres ?
par Smaragdos
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Brûler ses propres toiles. C'est ce qu'à fait le peintre florentin Sandro Botticelli sous le gouvernement de Jérôme Savonarole
(1494 - 1498) sur l'un des fameux bûchers des vanités. L'artiste partage, comme la plupart des florentins à cette époque, les
convictions du moine qui prêche l'ascèse et la pénitence, prône un retour aux choses simples (plus de vêtements fastes et de perruques, plus de musique, condamnation des tableaux et des livres
non religieux), et redistribue l'argent des riches aux pauvres.
Le peintre de la Naissance de Vénus aura ainsi détruit plusieurs oeuvres représentant des nus
et ne peindra dès lors plus jamais de toiles de ce type.
Notons que la coïncidence dans les dates : 10 mai 1497, Savonarole organise le bûcher des vanités. 10 mai 1933, les nazis
brûlent à Berlin les livres de Thomas Mann ou Karl Marx.
par Smaragdos
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Cette oeuvre de Klimt Die Freundinnen, une huile sur toile de 1916 a été détruite dans l'incendie du Schloss Immendorf en Autriche, au moi de Mai 1945. Avant leur
retraite, les troupes allemandes SS mirent le feu au château pour éviter qu'il ne tombe aux mains des Alliés.
Dans ce terrible incendie, trois autres toiles majeures de Klimt furent brûlées et détruites : Jurisprudence, Medecine et Philosophie. Ces toiles avaient
provoqué une vive réaction des universitaires, qu'ils avaient qualifiées de pornographiques.
Aujourd'hui, il ne reste plus que des brouillons des peintures et quelques photographies, notamment de la toile Medecine, sûrement la peinture la plus controversée des
trois. Cette photographie est probablement la seule image qu'il
reste de cette toile et a été prise peu de temps avant l'incendie.
par Smaragdos
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Octobre 1940 à Camaret-sur-Mer. Un groupe de soldats allemands s'attaquent au manoir de Coecilian. Le poète Saint-Pol-Roux voit ses innombrables manuscrits déchirés ou brûlés. Il
en meurt quelques jours plus tard à l'aube de ses quatre-vingts ans.
Le 22 Juin 1940, sa fille avait vécu une soirée cauchemardesque qu'elle a
relatée plus tard dans le numéro du Figaro Littéraire.
N'est-il pas singulier de voir un poète brisé par la destruction de ses oeuvres alors qu'il aurait dû l'être pour ce qui est arrivé à sa fille, meurtrie à jamais par la soirée du
22 juin ?
par Smaragdos
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Que dire lorsqu'il s'agit d'un musée qui détruit malencontreusement les oeuvres qu'il expose ?
Juillet 2006. L'exemple qui est arrivé au musée Georges Pompidou
à Paris n'est probablement pas un cas isolé, mais il a marqué les esprits - notamment des américains, puisque ce ne sont pas moins de deux oeuvres d'artistes américains, qui
avaient été prêtées au musée le temps de l'exposition "Los Angeles 1955-1985, naissance d'une capitale artistique", qui ont été détruites !
Le LACMA (Los Angeles Country Museum of Art) doit regretter le prêt de l'oeuvre en laque acrylique
sur plexiglas Untitled Wall Relief (1969) de Craig Kauffman
: elle est tout simplement tombé du mur où elle était accrochée, et elle s'est brisée, la veille de la clotûre de l'exposition ! Quand on pense que cette oeuvre avait résisté à quelques
tremblements de terre...
Même constat pour la galerie Franklin Parrasch de New York dont la colonne en résine
noire Untitled (1971) de Peter Alexander s'est décrochée et
cassée la veille du vernissage de l'exposition (il ne restera à la gallerie plus que ce superbe Cobalt Wedge !).
Une troisième oeuvre, une peinture de Robert Irwin prêté par la
fondation Eli Broad, avait déjà été endommagée puis réparée en mars.
Un critique américain se demande même si un grand musée a déjà commis autant d'impairs pour une seule et même exposition... D'autre part, la LACMA demande le remboursement à
valeur marchande de l'oeuvre de Kauffman (70 000 $) et cherche à déterminer les responsabilités avec le musée français. L'oeuvre d'Alexander est elle estimée à 28 000 $.
De son côté, la conservatrice du musée Georges Pompidou rejette toute responsabilité de son établissement. Pour elle, il s'agit d'une coïncidence : les deux oeuvres, faites dans un
matériau similaire et à la même époque, était trop fragiles...
par Smaragdos
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En Juin 1924, Franz Kafka, sur son testament, demanda à son ami Max Brod de
brûler l'ensemble de ses oeuvres. Ce dernier refusa d'accomplir la dernière volonté de l'écrivain, et au contraire, s'acharna à rassembler ses écrits et à les publier.
Il faut penser que Kafka ne croyait en son propre génie, lui qui ne voyait l'écriture que comme une distraction. Il trouvait probablement ses oeuvres, pour la plupart inachevées,
insuffisantes.
Max Brod avait-il le droit de trahir la demande testamentaire de son ami, pour le bien des générations de lecteurs qui s'en suivirent ?
Il est impossible de juger de ce que serait le monde littéraire (et le monde ?) sans cette trahison...
par Smaragdos
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