Vendredi 29 février 2008
Encore une oeuvre détruite ?

Smaragdos_Declaration_of_Human_Rights.jpg

2008 coïncide avec le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Et voilà que l'ONU pourrait mettre un terme à cette même déclaration, cette année. Pas directement bien entendu. Mais depuis l'inauguration d'un Conseil des Droits de l'Homme, le CDH, en juin 2006, on assiste à une dérive du principe d'universalité des droits de l'homme.
Et il se dit même  que « l'élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d'une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l'homme", la mise à mort de l'universalité des droits. » [Le Monde, 27.02.2008, L'ONU contre les droits de l'homme].

Pour information : la France est membre du CDH pour l'année 2008.

Comment fonctionne cette organisation avec toutes ses ramifications ?

 
L'actuelle Haut-Commissaire du HCDH (Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme) est Louise Arbour (biographie en anglais). Pour comprendre les rouages d'un système comme l'ONU, il faut étudier le fonctionnement de près ! Ici, le Senior Management Group... avec la liste de tous les secrétaires généraux adjoints.
On retrouve à peu près toujours la même organisation, dans les multinationales ou dans les institutions. Il semble également qu'il n'y ait aucune visibilité, à notre niveau de simple citoyen, de ce qui est fait (ou de ce qui n'est pas fait) par une institution comme l'ONU qui engouffre chaque année des milliards de dollars... Je n'ose même pas imaginer les frais de fonctionnement de l'ONU (genre frais d'expédition, de papiers / stylos, d'hôtels, de déplacements, etc... et sans compter les nécessaires interventions dans les pays à risque, avec garde du corps et véhicules blindés !). Il est dit que, sur le site de l'UNAC, que les frais de fonctionnement totaux de l'ONU s'élèvent à 24.3 milliards de dollars par an, en tenant compte du FMI, de la Banque Mondiale et de tous les fonds...

Trop d'informations tue l'information

Demandez à n'importe quel citoyen comment fonctionne l'ONU (y compris à moi-même) et vous comprendrez qu'à moins d'avoir fait des études spécialisées en droit international par exemple, la grande majorité des citoyens ont une vision complètement opaque du fonctionnement de cette organisation internationale. Les anciens media de masse (télévision, et à une moindre mesure radio) ne relaient pas correctement les informations qui permettraient de comprendre le monde.
Ce qui plaît, en général, ce sont :
  • les petites phrases des politiques,
  • les faits anodins aux petites conséquences,
  • les grands crimes, procès,
  • les catastrophes naturelles,
On traite l'information de manière partielle : grosse diffusion (sans explication, bien sûr, sinon on risquerait de comprendre) pendant une période plus ou moins courte, puis plus rien, même pas les résultats des évènements ! Qui se souvient, par exemple, du SRAS (ou pneumopathie atypique) qui a fait la une des informations pendant plusieurs semaines en France particulièrement... Qui saurait dire comment le mal a été éradiqué ?
Ne vous inquiétez pas, il n'a pas été éradiqué, il court toujours et reviendra un jour. Il ne sert à rien de trop informer les gens...

Et quid des interventions de l'ONU. Combien de citoyens comprennent les évènements au Tchad, au Kosovo, en Afghanistan, en Iran ?
Moi-même, je ne comprends pas.
par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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Vendredi 4 janvier 2008

Les oeuvres gigantesques des hommes ne sont pas éternelles. C'est une évidence. Des Septs Merveilles du Monde, aujourd'hui, il ne reste pas grand chose :

- les Jardins Suspendus de Babylone (destruction après le 1er av. JC),
- le Temple d'Artémise d'Ephèse (incendie en -370),
- le Colosse de Rhodes (tremblement de terre en -224),
- la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie (incendie au VIe siècle),
- le Phare d'Alexandrie (tremblement de terre en 1303),
- le Mausolée à Halicarnassus (tremblement de terre en 1494),
- la Pyramide de Kheops (seule merveille conservée à ce jour).

Des sept merveilles de l'antiquité, plus de la moitié avait été détruite en l'an 1000 et il n'en restait qu'une seule en l'an 2000. Il n'est pas difficile d'imaginer qu'en l'an 3000, il n'en restera aucune, malgré tous les efforts faits pour la conservation des monuments.

Tous les efforts ? Que dire des Bouddhas de Bâmiyân, exemple récent de destruction d'un monument extraordinaire ? Ces monuments mondialement réputés en Afghanistan, et appartement à un site classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, rien de moins, ont été pilonnés pendant plusieurs semaines par les Talibans. C'est le fameux mollah Omar qui avait ordonné cette destruction dans un décret, jugeant nécessaire de prévenir contre un possible retour de l'idolâtrie préislamique.
Cette fois-ci, les efforts ont été fournis pour la destruction d'un monument et non sa conservation. Car rien n'a pu être fait pendant les semaines de pilonnage des Bouddhas pour les préserver. La communauté internationale ne pouvait que constater.

Cela avait été un choc pour l'ensemble de la communauté internationale (d'ailleurs derrière ce terme de communauté internationale se cachent souvent en fait une entité impuissante occidentalisante, qui pense que les choses pourraient être meilleures, sans être capable de prendre la moindre décision). Cela aurait été un plus grand choc, chez nous en Occident, si les Egyptiens avaient décrété de détruire la pyramide de Kheops pour prévenir contre un possible retour du paganisme égyptien, pour se rendre compte de l'immensité du désastre.

Maigre consolation, le troisième Bouddha géant, couché, découvert à la fin des années 1970 par l'archéologue français
Zémaryalaï Tarzi pourrait émerger de sa cachette ancestrale...

Malheureusement, nous ne connaissons pas bien ces Bouddhas, personne ne apprend qu'ils existent à l'école, et lorsque nous apprenons leur destruction, la plupart du temps, nous n'en connaissions pas l'existence ce qui ne nous choque pas vraiment. Il faut pourtant se rendre à l'évidence : rien n'est éternel, et si le gros bloc de pierre en forme de pyramide est toujours élevé à Gizeh, cela relève un peu d'un extraordinaire hasard ; aucun tremblement de terre n'est venu l'ébranler, aucun peuple n'est venu piller les pierres de l'édifice pour construction des logements (le pillage a eu lieu à l'intérieur de l'édifice, avec les français et les anglais en première ligne), aucune guerre n'est venu abîmer la Merveille (et pourtant, il s'en faut parfois de peu), aucun décret n'a décidé de l'éradiquer de la surface du globe.

L'exemple des Bouddhas du Bâmiyân n'est pas unique. Lors de la construction du barrage des Trois Gorges en Chine, le bassin fluvial de Changjiang (le Fleuve Bleu) et ses centaines de sites archéologiques ou religieux ont été inondés. En prévision de ce désastre culturel, les sommes débloquées par le gouvernement chinois permettaient de sauver environ un pour cent de ce patrimoine. La plupart des sites sauvés ont été déplacés, comme le temple de Zhang Fei.

Les relations que les différents peuples entretiennent avec les vestiges de la civilisation ne sont évidemment pas identiques. Nous n'imaginons pas en France le démantèlement de la Tour Eiffel - et pourtant, elle n'a été érigée que pour l'exposition universelle de 1889, pour fêter le centenaire de la Révolution Française et devait être démontée en 1899 ; les Italiens ne peuvent concevoir l'écroulement de la Tour de Pise - que n'a-t-il pas été inventé pour la conserver ? Certaines tours (Petronas) persistent, d'autres ont eu moins de chance (World Trade Center), tandis que d'autres tours jumelles à Guangzhou s'élèveront bientôt...
par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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Lundi 15 octobre 2007


Les oeuvres ne sont pas éternelles...

Contrairement à ce que l'imaginaire collectif peut parfois penser, les oeuvres d'art ne sont pas éternelles et il faut souvent déployer des efforts incroyables pour les conserver. Combien d'oeuvres ont disparu dans les guerres, les séismes, les vols ? Combien de livres ou de toiles ont pourri dans des greniers ou des caves ?
Il est difficile de se dire que l'artiste qui laisse une oeuvre à la postérité, dépend essentiellement du bon vouloir d'hommes et de femmes qui mettront à leur tour tout leur arts afin de conserver correctement le fruit de son travail.
Le rapport d'information n°379 du SENAT présente les grandes lignes de la gestion des musées. On y apprend notamment que le mérule détruit certaines salles de réserve du château de Fontainebleau ; que des insectes xylophages comme la vrillette représentent un danger pour les fonds dans certaines régions ; qu'entre 500 et 1000 oeuvres ont été détruites ou présumées détruites, seulement pour l'année 2002 ; que les musées nationaux établissent des statisques assez précises détaillant le pourcentage d'oeuvres détruites, volées, à restaurer, etc...

L'artiste génère tout un monde avec ses oeuvres : le monde de l'art. Si ce monde de l'art n'existait pas, les oeuvres disparaîtraient avec l'artiste. Il faut que des gens se battent tous les jours, pour que chacun ait l'illusion qu'une oeuvre est éternelle.
par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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Jeudi 11 octobre 2007

Il n'est pas si facile de détruire une oeuvre...
Le Pont d'Argenteuil de Claude Monet en a subi les frais : un coup de poing, une toile déchirée sur une dizaine de centimètres. De quoi mettre en émoi tous les amateurs d'art du monde entier.
Pourtant la toile sera sans aucun doute réparée. Le tableau ne sera donc plus jamais le même. La deuxième pile du pont d'Argenteuil ne sera plus seulement peinte par Monet, mais également restaurée par madame ou monsieur X, ou par toute une équipe de restaurateurs acharnés. Le Pont d'Argenteuil va devenir une oeuvre collective...

L'oeuvre de Monet est détruite à tout jamais, cela ne pourra plus être la même. A moins que le tableau exposé en musée ne soit qu'une reproduction de l'existant. Il est parfois préférable de penser que les tableaux entreposés dans ces endroits si peu sécurisés, ne sont que de somptueuses copies des originaux, gardés dans des salles fortes climatisées, à l'abri de la lumière et des moisissures, des coups et des vols.

Les vols... comment ne pas penser aux quatre tableaux volés à Nice, au musée Jules Cheret (ou de nombreuses toiles du musée d'Orsay sont en dépôt d'ailleurs), le dimanche 5 août 2007 (les voleurs ne paient même plus leur entrée et profitent des journées portes ouvertes pour commettre leurs méfaits). Deux Bruegels, un Monet (encore lui) et un Sisley (un tableau presque mythique, puisque c'est la troisième fois qu'il est dérobé). J'ai eu l'occasion de voir ces tableaux plusieurs fois à Nice. Il est toujours difficile de penser qu'un collectionneur fou (qui peut prétendre pouvoir revendre de telles oeuvres ?) a commandité ce vol, que les toiles ne sont plus visibles dans le musée, mais dans un de ses châteaux ou de ses lofts à New York, Paris ou Odessa. Qu'y a-t-il à la place ? Des murs vides ?
Pourquoi ces quatre tableaux précisément ? Il semble que les voleurs n'aient pas réussi à prendre une cinquième toiles, faute de place...
Que sont devenus les originaux ? On repense au célèbre Cri de Munch. Un temps, les enquêteurs pensaient que le tableau avait été purement et simplement brûlé. Pourtant, la toile a été retrouvée au terme de plusieurs mois de traque... Parfois, on peut se demander si les originaux ne disparaissent pas simplement et sont remplacées par des copies somptueuses. Pour que les musées ne perdent pas la face, pour que la police ne perde pas la face, pour que le public ne perde pas la face. Tout le monde  y gagne finalement... Il n'y a qu'à penser à cette Joconde que tout le monde croit unique.
par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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Dimanche 24 décembre 2006

Il s'agit du point d'auto-inflammation ou d'auto-ignition du papier.

Soit 233 °C.



Le 10 Mai. Un jour pour brûler les livres ?

par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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Samedi 2 septembre 2006

Brûler ses propres toiles. C'est ce qu'à fait le peintre florentin Sandro Botticelli sous le gouvernement de Jérôme Savonarole (1494 - 1498) sur l'un des fameux bûchers des vanités. L'artiste partage, comme la plupart des florentins à cette époque, les convictions du moine qui prêche l'ascèse et la pénitence, prône un retour aux choses simples (plus de vêtements fastes et de perruques, plus de musique, condamnation des tableaux et des livres non religieux), et redistribue l'argent des riches aux pauvres.

Le peintre de la Naissance de Vénus aura ainsi détruit plusieurs oeuvres représentant des nus et ne peindra dès lors plus jamais de toiles de ce type.

Notons que la coïncidence dans les dates : 10 mai 1497, Savonarole organise le bûcher des vanités. 10 mai 1933, les nazis brûlent à Berlin les livres de Thomas Mann ou Karl Marx.

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Mercredi 30 août 2006

Cette oeuvre de Klimt Die Freundinnen, une huile sur toile de 1916 a été détruite dans l'incendie du Schloss Immendorf en Autriche, au moi de Mai 1945. Avant leur retraite, les troupes allemandes SS mirent le feu au château pour éviter qu'il ne tombe aux mains des Alliés.

Dans ce terrible incendie, trois autres toiles majeures de Klimt furent brûlées et détruites : Jurisprudence, Medecine et Philosophie. Ces toiles avaient provoqué une vive réaction des universitaires, qu'ils avaient qualifiées de pornographiques.

Aujourd'hui, il ne reste plus que des brouillons des peintures et quelques photographies, notamment de la toile Medecine, sûrement la peinture la plus controversée des trois. Cette photographie est probablement la seule image qu'il reste de cette toile et a été prise peu de temps avant l'incendie.

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Mardi 29 août 2006

Octobre 1940 à Camaret-sur-Mer. Un groupe de soldats allemands s'attaquent au manoir de Coecilian. Le poète Saint-Pol-Roux voit ses innombrables manuscrits déchirés ou brûlés. Il en meurt quelques jours plus tard à l'aube de ses quatre-vingts ans.

Le 22 Juin 1940, sa fille avait vécu une soirée cauchemardesque qu'elle a relatée plus tard dans le numéro du Figaro Littéraire.

N'est-il pas singulier de voir un poète brisé par la destruction de ses oeuvres alors qu'il aurait dû l'être pour ce qui est arrivé à sa fille, meurtrie à jamais par la soirée du 22 juin ?

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Jeudi 24 août 2006

Que dire lorsqu'il s'agit d'un musée qui détruit malencontreusement les oeuvres qu'il expose ?

Juillet 2006. L'exemple qui est arrivé au musée Georges Pompidou à Paris n'est probablement pas un cas isolé, mais il a marqué les esprits - notamment des américains, puisque ce ne sont pas moins de deux oeuvres d'artistes américains, qui avaient été prêtées au musée le temps de l'exposition "Los Angeles 1955-1985, naissance d'une capitale artistique", qui ont été détruites !

Le LACMA (Los Angeles Country Museum of Art) doit regretter le prêt de l'oeuvre en laque acrylique sur plexiglas  Untitled Wall Relief (1969) de Craig Kauffman : elle est tout simplement tombé du mur où elle était accrochée, et elle s'est brisée, la veille de la clotûre de l'exposition ! Quand on pense que cette oeuvre avait résisté à quelques tremblements de terre...

Même constat pour la galerie Franklin Parrasch de New York dont la colonne en résine noire Untitled (1971) de Peter Alexander s'est décrochée et cassée la veille du vernissage de l'exposition (il ne restera à la gallerie plus que ce superbe Cobalt Wedge !).

Une troisième oeuvre, une peinture de Robert Irwin prêté par la fondation Eli Broad, avait déjà été endommagée puis réparée en mars.

Un critique américain se demande même si un grand musée a déjà commis autant d'impairs pour une seule et même exposition... D'autre part, la LACMA demande le remboursement à valeur marchande de l'oeuvre de Kauffman (70 000 $) et cherche à déterminer les responsabilités avec le musée français. L'oeuvre d'Alexander est elle estimée à 28 000 $.

De son côté, la conservatrice du musée Georges Pompidou rejette toute responsabilité de son établissement. Pour elle, il s'agit d'une coïncidence : les deux oeuvres, faites dans un matériau similaire et à la même époque, était trop fragiles...

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Jeudi 24 août 2006

En Juin 1924, Franz Kafka, sur son testament, demanda à son ami Max Brod de brûler l'ensemble de ses oeuvres. Ce dernier refusa d'accomplir la dernière volonté de l'écrivain, et au contraire, s'acharna à rassembler ses écrits et à les publier.

Il faut penser que Kafka ne croyait en son propre génie, lui qui ne voyait l'écriture que comme une distraction. Il trouvait probablement ses oeuvres, pour la plupart inachevées, insuffisantes.

Max Brod avait-il le droit de trahir la demande testamentaire de son ami, pour le bien des générations de lecteurs qui s'en suivirent ?

Il est impossible de juger de ce que serait le monde littéraire (et le monde ?) sans cette trahison...

par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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