Auto-proclamation d'indépendance
Alors que certains pays ne sont pas encore sortis de l'ère de la décolonisation (cf. article sur les Plazas de Soberania), d'autres émergent. L'émergence est véritablement le mot qui peut qualifier certaines de ces nations. La somme des parties (ethnies) qui composent le pays ne permet pas d'expliquer le phénomène qui rassemble ces parties en un tout cohérent, en une seule et unique nation. Et cette émergence complexe nait de la dissociation d'une entité plus importante, d'un tout plus gros dont la propre somme des parties ne suffisait plus à définir une seule et unique entité.
On peut parfois comprendre qu'un pays comme l'ex-Tchécoslovaquie se soit séparé en deux états distincts, avec d'un côté les Tchèques et de l'autre les Slovaques. Il y a une certaine logique derrière tout cela. C'est presque devenu un cas d'école.
Les états Baltes, longtemps annexés par la Russie, semblent avoir réussi leur pseudo-émergence. Car dans certains cas, on ne fait que revenir en arrière. Et cela a ouvert la voie à d'autres états qui aimeraient bien profiter de l'éclatement de l'ex-bloc russe. En général, les démantèlements se font par vagues successives : certains états ont réussi à échapper au joug de Moscou au tout début, lors que le pouvoir était moribond. Mais à mesure que la Russie lâchait du lest, elle a pu se refaire une santé et commencer à stopper l'hémorragie. Les pays comme la Tchétchénie ou l'Ossétie du Nord n'ont pas réussi à profiter du train en marche…
Des pays vraiment émergents, c'est-à-dire qui, disons-le sans détour, sorte de nulle part (ou presque), il n'y en a pas cinquante. Deux exemples viennent rapidement en tête : Israël et le Kosovo. Mais on pourrait trouver au moins autant d'exemples dans l'histoire, car finalement les frontières sont mobiles, les pays apparaissent et disparaissent dans le temps (la Prusse, la Pologne, les pays d'Amérique, la Catalogne, l'Italie, etc…) Chaque pays possède une histoire conséquente pour définir ses frontières actuelles. Il faut bien comprendre que dans les temps ces frontières ne sont pas immuables, et sans exception ! L'Islande n'aura pas toujours les mêmes frontières, réchauffement climatique oblige.
Dans l'histoire des frontières, la France elle-même n'a pas été épargnée : Alsace-Lorraine, frontière alpine, et sans évoquer les DOM-TOM et toute la décolonisation.
Et le Kosovo dans tout ça…
Vu de loin, on dirait bien que le Kosovo, à l'image de son homologue au Moyen-Orient, va devoir défendre son indépendance avec hargne. Car, être un pays émergent dans le monde réel, cela demande un peu d'effort d'imagination pour se représenter des frontières et une nation. Là encore, comment s'auto-proclame-t-on une nation, surtout quand on est soi-même un regroupement hétérogène ? Est-ce que tous les kosovars exilés en Europe, en Suisse plus particulièrement, vont revenir repeupler cette nouvelle nation, afin d'asseoir un peu plus son indépendance, vis-à-vis du virulent voisin serbe, nationaliste et un brin revanchard ?
A quel niveau d'échelle doit-on descendre pour que s'arrête la division des pays ?
On croirait parfois voir une division cellulaire. On sait qu'on va toujours pouvoir diviser plus. Prenons la France en exemple, ce sera plus parlant, mais il y a quantité d'exemples intéressants parmi nos voisins (Espagne avec ses régions autonomes, Allemagne avec ses Landers, Suisse avec ses cantons, Royaume-Uni où tout est dans le nom). En France, donc, il y a les régions. Tout le monde sait que le nationalisme régional est très présent dans toutes les régions et particulièrement en Corse, en Alsace-Lorraine ou en Bretagne. Mais il existe partout ailleurs. Si chacun demandait son indépendance, on pourrait imaginer qu'au sein de la Bretagne par exemple, certains se sentent plus bretons que d'autres (il y en a toujours) et hop, nouvelle division. Ce sont les départements. On croit avoir atteint le fond, mais non, on peut encore diviser. On a des cantons en France, même si on n'en voit un aperçu que lors des élections. Et au sein d'un même canton, c'est la "guerre" entre villes et villages. Au sein des villes, on a des quartiers pour bien séparer qui vit où et comment. Et au sein des quartiers, on arrive des structures quasi-cellulaires : maisons et appartements. On arrive encore à cloisonner les maisons et les appartements pour bien faire comprendre que la chambre des parents, ce n'est pas pour les enfants (l'inverse n'étant pas toujours vrai, n'est-ce pas ?). Chacun à son échelle divise et réunit : la personne, la famille, la nation. Il manque des maillons à cette chaîne, on dirait…
Diviser pour mieux régner.
Et puis d'un autre côté, on divise pour mieux réunir, ça ne peut être que ça. On intègre petit à petit pour former les grands Etats-Unis, la grande URSS, la grande Europe. Morceler permettra toujours de réduire l'opposition pour intégrer.
Quand on a pour soi un gros gâteau, on le partage en parts inégales : c'est toujours plus marrant. Et puis, on
invite beaucoup plus de personnes que prévu, comme ça, tout le monde n'aura pas sa part. C'est bien plus rigolo. Et puis, top départ, bon appétit, que le meilleur gagne.
Astucieux…
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