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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Jeudi 1 mai 2008
Les prémisses d'une véritable crise alimentaire



Le building du CBOT va commencer à devenir le centre d'intérêt du monde entier...

 A l'heure où 60 millions de français s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat, la crise alimentaire commence à soulever des inquiétudes dans les pays en voie de développement (les manifestations du 1er mai 2008 en Asie sont un signe) : le directeur général de l'Asian Development Bank annonce, lors du 41ème meeting annuel à Madrid, que 600 millions de personnes survivent avec moins de 1 $ / jour et 400 millions d'autres sont à peine au-dessus de ce seuil incroyable.

A l'heure où les français se demandent si le foie gras va redevenir un met rare, les distributeurs et les grandes surfaces profitent de la flambée des prix des matières premières pour accroître démesurément leurs marges, les multinationales de l'agro-alimentaire comme Danone réalisent de nouvelles hausses de prix inespérées après le passage à l'euro quelques années auparavant, et les autres multinationales de l'agro-alimentaire comme Syngenta se frottent les mains en spéculant sur l'évolution de la crise.
A cette heure-ci, 10 000 Indonésiens défilent dans les rues de Djakarta pour demander des hausses de salaire pour continuer à se nourrir normalement ! Et en Thaïlande, ce sont 2 000 ouvriers qui s'inquiètent de leur condition.

Il est normal de s'inquiéter de sa propre condition. Cependant, avec la mondialisation (et là on voit les effets pervers de cette mondialisation), l'inquiétude des uns devraient interroger celles des autres...


Bravo, les français s'interrogent sur leurs retraites. C'est vrai, c'est rageant de voir des acquis disparaîtrent sans raison valable, en prétextant l'augmentation de l'espérance de vie peut-être... Mais voilà, quand on pense aux retraites des américains, on pense aussitôt aux fameux fonds de pension qui récupèrent chaque année les dividendes de nos belles entreprises bien françaises et glorieuses comme Total. Et quand on pense à nos propres retraites... Tiens, comment sont-elles financées ?

Dans le privé, on imagine très bien que les entreprises arrivent à reproduire le système des fonds de pension américains : ils prennent des parts dans des sociétés d'Europe de l'Est ou d'Asie, et hop, à chaque fois qu'il y a des dividendes, on récupère. Normal, c'est le système qui veut ça. Allez voir ce que France Télécom ou la BNP ont fait en Argentine pour récupérer le pactole quand la faillite s'amorçait dans ce pays d'amérique du sud... Cela ressemble en tout point à la fuite de nos euros vers la Sun Belt américaine. On peut se dire que la fuite du capital argentin aura permis de payer quelques retraites en France !



Le regard vers la New York Stock Exchange



Et le prix du baril augmente ! Et le prix du blé décolle ! Et le prix du riz s'envole ! Tous les yeux sont désormais rivés sur les salles de marchés. Tout le monde pensent à un effondrement de la banque, à une crise similaire à 1929 (certains prétendent même pire que le Black Thursday), mais il n'en sera probablement rien.
Les entreprises comme Syngenta dans son
rapport annuel 2007 garde les yeux rivés sur le Chicago Board of Trade : il s'agit de la plus ancienne bourse du commerce au monde où l'on traite essentiellement de "contrats à termes" (futures contracts). En gros, c'est ici que s'échangent notamment les denrées alimentaires, à des prix prédéfinis, à une échéance donnée. Le vendeur se protège des effondrements des cours mais ne profitent pas des hausses de prix.

C'est au
CBOT que les nouveaux records du monde sont enregistrés : le prix record du blé en tête de file. On peut même effectuer des contrats à termes avec une échéance à Décembre 2010 (le prix est heureusement déjà fixé).
Et on suivra avec intérêt l'évolution des prix de l'éthanol, du soja, du maïs ou encore du coton. Tout cela sur le CBOT.

La crise ne fait certainement que commencer. Syngenta attend avec impatience que les gouvernements acceptent de jouer le jeu du transgénique (officiellement, "
the need to improve agricultural productivity") et les pays émergeants en sont évidemment les premières cibles.

Feuilleton à suivre...




par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Mardi 29 avril 2008
Une Organisation Non Gouvernementale qui prône la transparence... L'idée est louable.
Voici comment l'ONG se présente :

Transparency International est l’organisation mondiale de la société civile au premier plan de la lutte contre la corruption. Par le biais de plus de 90 Sections dans le monde et de son Secrétariat International à Berlin (Allemagne), TI sensibilise l’opinion aux effets dévastateurs de la corruption et s’emploie, en partenariat avec les pouvoirs publics,
le secteur privé et la société civile, à concevoir et mettre en oeuvre des mesures efficaces pour en venir à bout.



Dans son rapport annuel de 2006, Transparency International développe 5 priorités internationales :
  • la corruption dans le secteur privé,
  • les conventions internationales contre la corruption,
  • la corruption dans les marchés publics,
  • la corruption en politique,
  • la pauvreté, le développement et la corruption.

Vous l'aurez compris, la transparence c'est également la disparition de la corruption (ou c'est avouer ouvertement la corruption, mais dans ce cas, cela ne devient-il pas légal, la plupart du temps ?).

L'ONG décortique également les pots-de-vins dans un rapport, le Global Corruption Barometer 2007, dont voici quelques conclusions qui retiennent toute notre attention :
  • dans le monde, ce sont les pays d'Afrique qui remportent la palme des demandes de pots-de-vins,
  • dans le monde, ce sont les pays pauvres qui sont en tête des pays dans lesquels des pots-de-vins ont été payés afin d'obtenir un service public,
  • en Europe, l'Albanie, la Macédoine, le Kosovo et la Roumanie sont les pays les plus touchés par les pots-de-vins,
  • dans le monde, on paye en majorité des pots-de-vins aux services de police et aux services judiciaires...
  • les jeunes sont plus enclins à payer des pots-de-vins (mais si ! comme quoi, peut-être qu'avec l'âge on comprend que l'argent n'achète pas tout... à moins qu'avec l'âge on arrive mieux à parlementer ou à faire du troc au lieu de verser quelques billets précieux...),
  • si dans le reste du monde, on paye des pots-de-vins majoritairement à la police, en Union Européenne c'est le système médical qui est arrosé, et en Amérique du Nord ce sont les institutions judiciaires (mais cela reste mesuré comparé au reste du monde),
  • un graphique amusant traite du niveau perçu de corruption dans les institutions du monde : les gens pensent majoritairement que les partis politiques sont corrompus, puis les parlements / législatures, suivi de la police...

Dans un article du Monde daté du 28 Avril 2008, Transparency International pointe l'opacité des revenus des compagnies pétrolières... De la corruption dans le monde du pétrole ??!! Curieux :)

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Mercredi 2 avril 2008
La bonne affaire de ces dernières années : prêter de l'argent à l'Etat, il ne vous le rendra mais paiera ses intérêts.

En 2007, la dette publique de l'état représente 1 180 000 000 000 € (1 180 milliards d'euros !).
Cela représente 64,6 % du PIB, rien de moins...

Et concernant les intérêts, je ne sais pas s'il faut le dire... parce que 39 milliards d'euros pour l'année 2007, ce n'est pas forcément décent...

Les sources se trouvent sur un site gouvernemental qui s'appelle "Performance publique". Ambitieux ! (A moins que la performance, ce ne soit... non, quand même pas de battre des records de dettes dans l'espoir qu'elle soit effacée un jour ?).

Autre chose à propos des chiffres des rentrées fiscales (et des chiffres en général) : sur le document de Performance Publique, les rentrées fiscales sont plus faibles que celle trouvées dans le Projet de Loi de Finances... On fait clairement dire aux chiffres ce qu'on veut. Il n'y a qu'à voir le petit graphique sur l'évolution de la dette publique (avec quelques dates clés, pour montrer que les autres gouvernements avant, c'était, bah, pas bien).
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Lundi 31 mars 2008
Je sais que vous aimez bien les classements !
Pour 2007, nous avons :

  1. TVA nette : 131 100 000 000 € (tous les zéros, cela fait 135 milliards !!! Nous sommes tous con-cernés par la TVA, même quand on paie l'essence)
  2. Impôt sur le revenu : 56 800 000 000 € (y compris les joueurs de foot, les acteurs, les PDG, etc... sauf tous ceux qui vivent en Suisse ou à Monaco... Et vous, où êtes-vous là dedans ? Si vous payez 1000 € d'impôt sur le revenu, c'est bien déjà vous travaillez, vous représentez moins de 0,000 000 018 % du montant total, bravo !)
  3. Impôt sur les sociétés net : 51 500 000 000 € (les pauvr' z'entreprises qui "payent" vos salaires...)
  4. TIPP : 17 600 000 000 € (distancée, mais c'est déjà bien)
  5. Autres : 11 100 000 000 € (tout le reste).
Ce classement est disponible sur le projet de Loi de Finances 2008, page 16.
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Lundi 31 mars 2008

L'Exxon Valdez - quel gaspillage !!! et puis Valdez, c'est (c'était ?) à voir !!


Mais qui sont les grands gagnants des hausses du prix de pétrole ?
Immédiatement, il vient cette réponse évidente :
  • Les compagnies pétrolières : ça, c'est l'évidence même, car le prix du baril monte en fonction de spéculation et non seulement des coûts réels d'exploitation ;
  • L'Etat : avec les taxes sur l'essence.
En effet, le détail du prix de l'essence, disons du gazole, est organisé ainsi :
  • Brent : le prix du brut de référence pour le monde entier (du nom d'un gisement pétrolier en mer du Nord, au large de l'Ecosse) ; le Brent, c'est le fameux "baril" qui bat des records en dollars (suivi sur le site de l'Industrie).
  • Raffinage : la répercution des coûts de production (+ marge raffineur) ;
  • Distribution : la répercution des coûts de distribution (+ marge distributeur) ;
  • TIPP : Taxe Intérieure de consommation sur les Produits Pétroliers,
  • TVA : ça ne suffisait pas de payer la TIPP, il fallait également payer la célèbre TVA !

L'Etat a beaucoup perdu avec les cigarettes : il paraît que la consommation chute... Il se rattrape avec l'essence...
En dépit des apparences, ce n'est pas le cas : l'Etat perd de l'argent avec l'augmentation du prix du baril !!!

Avant d'aller plus loin, il faut situer à peu près la part de chacun dans le prix d'un litre de gazole :
  • En 2007, les taxes (TIPP + TVA) représentaient 55,3 % du prix du gazole :
    •     0.66 €/l de taxes pour 1.20 €/l
    •     26.54 € de taxes pour un "plein" de 40 l à 48 €
  •  En 2007, les taxes (TIPP + TVA) représentaient 63,6 % du prix du SP95 :
    •     0.89 €/l de taxes pour 1.40 €/l
    •     35.62 € de taxes pour un "plein" de 40 l à 56 €
Juste pour donner une idée... N'oublions que les multinationales empochent l'autre moitié (ou une bonne partie en tout cas) du pactole !

Et pourtant, donc, l'état perd de l'argent depuis que le prix du baril augmente... C'est un peu comme les maisons de disques qui gémissent lorsque les ventes de CD baissent (allez, chutent, on peut le dire), pendant que les ventes de DVD explosent... Non, ce n'est pas pareil... On ne va augmenter les impôts pour autant ! Enfin, pas directement.

La TIPP, une taxe complexe



Oui, alors je n'entrerai pas dans les détails techniques car je les ai à peine saisis, mais il faut savoir que la TIPP est une taxe perçue sur les volumes et non sur les prix. Logique, puisqu'il s'agit d'un montant fixe déterminé chaque année par une Loi de Finances votée par le Parlement.

Deux infos intéressantes :
  • Il existait une taxe nommée IFP (Institut Français du Pétrole, taxe qui était reversée à l'institut, d'où son nom), mais elle a été supprimée en 2003 : en réalité, elle a été intégrée à la TIPP. Cela faisait trop, psychologiquement, d'avoir trois taxes sur le pétrole, il vallait mieux en supprimer une et augmenter d'autant une autre, ça passe mieux ;
  • Si pour 2008, la TIPP est de 60.69 € / 100 l de Supercarburant sans plomb, elle est de 35.90 € / 100 l d'essence pour l'aviation, et elle est exactement de 0.00 € / 100 l pour les carburéacteurs d'avions. Tiens donc...

Puisque la TIPP est indexée sur les volumes, plus le prix du baril augmente, moins les consommateurs consomment et plus l'Etat perd de l'argent. C'est expliqué très clairement de ce rapport sur le suivi de l'impact de la hausse des prix du pétrole sur l'exécution de la loi de finances 2007. Et c'est doublement dommageable puisque la TVA baisse systématiquement en même temps que la consommation. L'Etat "perd" (ne gagne pas) ainsi 359 millions d'euros sur les produits pétroliers en 2007. Argent qu'il va bien falloir trouver ailleurs...

Le Royaume-Uni, un modèle pour la France




Oui, ben alors là non. Le graphique parle de lui-même et il fait un peu peur... On sait où l'Etat anglais va chercher de l'argent ! (pour info, la TIPP est une accise)
Le détail sur le site de l'Industrie, encore ! (Le pire dans tout cela, c'est qu'on ne peut pas dire qu'on est prévenu... Comme quoi, trop d'informations tue l'information)


par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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