Tout a commencé lorsque je suis tombé sur les mind-maps ou cartes heuristiques. Ce concept, car il s'agit pour moi plus d'un concept que d'une invention, résulte pour moi d'un adage bien connu : un petit dessin (ou schéma) vaut mieux qu'un long discours.
A première vue, c'est stupidement évident : à la place de longs résumés, il vaut mieux dessiner une sorte de diagramme en forme de pieuvre, avec au centre l'idée principale ou le thème, et autour les catégories / dérivés / sous-idées. Il faut voir les exemples de certaines cartes bien faites pour se faire idée de la chose. Pourtant, dans le monde du travail et pour les business man plus particulièrement, il est bon de rappeler ce qui est évident pour le commun des mortels, car l'environnement est souvent propice à la complexité et il est assez facile de s'emmêler les pinceaux. A force de lire les conseils avisés délivrés aux managers ou pseudo-managers dont les livres raffoles, je constate une chose : la simplicité est mère d'efficacité. Pour se démarquer dans le monde du travail, tous les conseils convergent vers une simplicité de l'acte. S'il y a d'ailleurs des exemples flagrants du contraire, je suis preneur.
Les cartes heuristiques font partie de cette simplicité inhérente au monde du travail. C'est d'ailleurs cet univers qui leur réserve la meilleure audience, bien que le monde universitaire ne soit pas en reste (plus largement aux USA, mais pas seulement, l'Europe s'y met aussi). J'ai moi-même utilisé les cartes heuristiques au cours de réunions et j'y trouve un intérêt formidable : elles me servent d'aide-mémoire. Je dois probablement être une personne visuelle car je m'y retrouve instantanément. Il suffit que je cherche une information et, si ma carte est bien faite, je la retrouve presqu'aussitôt. Un aide-mémoire donc. Mais un aide-mémoire synthétique, qui permet d'avoir les idées claires. En faisant les liens entre les idées, d'un simple trait entre deux mots disposés de part et d'autre du centre de la feuille, je garde à l'esprit l'essentiel, sur mes feuilles de brouillon ou mon cahier de notes.
Je ne connais personne dans mon entourage qui utilise le mind-mapping. J'ai rencontré une fois un formateur, qui, en jetant un coup d'oeil aux notes que j'avais prises sur mon cahier, lança un bref "tiens, du mind-mapping" sans que je n'arrive à déchiffrer s'il méprisait ou s'il constatait juste le fait. Malheureusement, il n'y a pas encore de concept pour lire dans l'esprit des gens. Quoique...
Cependant, si l'idée peut sembler risible (faire un dessin fait tout de suite moins sérieux que prendre des notes linéairements) de prime abord, c'est à mon avis un outils très puissant dans le monde pédagogique et plus particulièrement, dans l'art de la mémoire.
Ce même art de la mémoire qui constitue le titre de ce blog. J'ai toujours constaté qu'une bonne mémoire pouvant rendre de grands services. Sans être talentueux dans aucun domaine, quiconque cultive sa mémoire et son esprit de synthèse, aura gagner quelque chose de plus à vivre en société. Cela peut sûrement changer des vies. Dans cette quête d'une bonne mémoire, les cartes heuristiques sont apparues comme de bons supports. Mais c'est la lecture de la thèse de Frances A. Yates, The Art of Memory qui m'a profondément marquée. De l'histoire incroyable de Simonide de Céos à la condamnation délirante de Giordano Bruno, tout le livre dont j'ai lu la traduction française de l'excellent Daniel Arasse, est marqué du sceau de la mémoire. Les exemples foisonnent et montrent parfois les limites et les possibilités insoupçonnées de la mémoire humaine.
Voir l'article intéressant sur l'excellent site de Jean-Michel Maulpoix.
La qualité de la mémoire des antiques rendrait toutes les cartes heuristiques du monde obsolètes.
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