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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Jeudi 11 octobre 2007

Il n'est pas si facile de détruire une oeuvre...
Le Pont d'Argenteuil de Claude Monet en a subi les frais : un coup de poing, une toile déchirée sur une dizaine de centimètres. De quoi mettre en émoi tous les amateurs d'art du monde entier.
Pourtant la toile sera sans aucun doute réparée. Le tableau ne sera donc plus jamais le même. La deuxième pile du pont d'Argenteuil ne sera plus seulement peinte par Monet, mais également restaurée par madame ou monsieur X, ou par toute une équipe de restaurateurs acharnés. Le Pont d'Argenteuil va devenir une oeuvre collective...

L'oeuvre de Monet est détruite à tout jamais, cela ne pourra plus être la même. A moins que le tableau exposé en musée ne soit qu'une reproduction de l'existant. Il est parfois préférable de penser que les tableaux entreposés dans ces endroits si peu sécurisés, ne sont que de somptueuses copies des originaux, gardés dans des salles fortes climatisées, à l'abri de la lumière et des moisissures, des coups et des vols.

Les vols... comment ne pas penser aux quatre tableaux volés à Nice, au musée Jules Cheret (ou de nombreuses toiles du musée d'Orsay sont en dépôt d'ailleurs), le dimanche 5 août 2007 (les voleurs ne paient même plus leur entrée et profitent des journées portes ouvertes pour commettre leurs méfaits). Deux Bruegels, un Monet (encore lui) et un Sisley (un tableau presque mythique, puisque c'est la troisième fois qu'il est dérobé). J'ai eu l'occasion de voir ces tableaux plusieurs fois à Nice. Il est toujours difficile de penser qu'un collectionneur fou (qui peut prétendre pouvoir revendre de telles oeuvres ?) a commandité ce vol, que les toiles ne sont plus visibles dans le musée, mais dans un de ses châteaux ou de ses lofts à New York, Paris ou Odessa. Qu'y a-t-il à la place ? Des murs vides ?
Pourquoi ces quatre tableaux précisément ? Il semble que les voleurs n'aient pas réussi à prendre une cinquième toiles, faute de place...
Que sont devenus les originaux ? On repense au célèbre Cri de Munch. Un temps, les enquêteurs pensaient que le tableau avait été purement et simplement brûlé. Pourtant, la toile a été retrouvée au terme de plusieurs mois de traque... Parfois, on peut se demander si les originaux ne disparaissent pas simplement et sont remplacées par des copies somptueuses. Pour que les musées ne perdent pas la face, pour que la police ne perde pas la face, pour que le public ne perde pas la face. Tout le monde  y gagne finalement... Il n'y a qu'à penser à cette Joconde que tout le monde croit unique.
Par Smaragdos - Publié dans : Oeuvres détruites
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Dimanche 23 septembre 2007

Qu'il est facile d'oublier... Fermer les yeux... Quelques mois plus tard, on retombe presque par hasard sur un travail en suspend. Trop de travaux en suspend peut-être et l'accumulation des tâches bloque la mémoire.

Pourtant, laissé à lui-même, ce qui a été commencé naguère, vit toujours. Les pulsations sont faibles, aussi faibles qu'elles l'ont été à ses débuts.

De le voir vivre sans y contribuer activement, est-ce là l'évidence de la nécessité de continuer ? Car il s'agit bien de nécessité dans la mémoire a besoin : la nécessité réveille tous les instants enfouis et révèle la nature de ce qui doit être poursuivi.

Ce ne sont encore que les prémisses...
Par Smaragdos - Publié dans : La Tour d'Ivoire de Smaragdos
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Dimanche 24 décembre 2006

Il s'agit du point d'auto-inflammation ou d'auto-ignition du papier.

Soit 233 °C.



Le 10 Mai. Un jour pour brûler les livres ?

Par Smaragdos - Publié dans : Oeuvres détruites
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Dimanche 24 décembre 2006

A la disparition d'un auteur, que deviennent ses notes de travail ? Qu'advient-il de tous les textes non publiés, de tous les travaux de recherche qui constituent la base de ses oeuvres ? Il est facile d'imaginer que tout peut disparaître avec lui...

Pourtant, certains luttent contre la disparition des manuscrits, des dossiers de travail, et autres archives personnelles constituées tout au long d'une carrière. L'IMEC, l'Institut Mémoires de l'Edition Contemporaine, récupère, dépoussière, numérise et conserve les travaux de quantités d'auteurs, afin de les rendre consultables pour les générations futures. Ainsi, les médiévistes apprécieront les notes de Georges Duby ; les philosophes se précipiteront sur la correspondance de Jacques Derrida, les carnets de Louis Althusser, les notes de Michel Foucault ou de Roland Barthes ; les littéraires retrouveront avec plaisir les manuscrits de Romain Gary, Louis-Ferdinand Céline, Jean Paulhan, les lettres de Samuel Beckett, d'Erik Satie ou de Raymond Radiguet, ou encore les dossiers sur Primo Levy de Myriam Anissimov.

Myriam Anissimov, qui préface l'ouvrage Suite Française d'Irène Némirovsky. Encore un ouvrage sauvé de l'oubli. Irène Némirovsky écrivit ce livre sur l'exode de juin 1940 pendant les événements, mais ne put éviter la rafle des gendarmes français le 13 juillet 1942. Déportée à Auschwitz, elle fut assassinée le 17 août 1942. Son mari Michel Epstein fut également déporté et assassiné le 6 novembre 1942. Le manuscrit d'Irène Némirovsky fut confié à ses deux filles, Elisabeth et Denise, qui se réfugièrent dans des caves de la région bordelaise pour fuir les gendarmes lancés à leur poursuite. Après la guerre, Denise confia le manuscrit à l'IMEC et fut publié en 2004.

Quand on connaît la difficulté de conserver dans un état décent les manuscrits sur papier, la numérisation s'avère capitale pour garder une trace lisible des oeuvres humaines. La qualité du papier semble s'être dégradée au fil des siècles. N'est-il pas surprenant de voir dans les musées ou même les salles des ventes, de nombreux livres datant du XIXème et du XVIIIème parfaitement conservés ? N'avez-vous jamais constaté que la plupart des livres de poche que nous achetons aujourd'hui jaunissent au bout de seulement quelques années ? Il en est de même pour les cahiers. Le papier utilisé par Irène Némirovsky pendant la guerre était de si piètre qualité que le document n'aurait pu être conservé bien longtemps sans un traitement approprié. Et son contenu a été sauvé au terme d'un long travail de transcription (l'écriture était minuscule pour économiser l'encre et le papier) de sa fille Denise. Le tout a été numérisé peut être consulter, éditer, diffuser à loisir.

Qu'est-ce qui intéresse le lecteur ? Le contenu ? Le contenant ? Les deux ? Chacun peut se faire sa propre opinion, mais à l'heure du numérique, nous disposons au moins du contenu. Ce n'est pas si mal. Et avec le travail des archivistes modernes, nous allons bientôt crouler sous les masses de contenus, d'informations disponibles sur les auteurs. Aujourd'hui, savoir distinguer ce qui est intéressant de ce qui ne l'est pas, ce qui est utile de ce qui ne l'est pas, est devenu une qualité indispensable pour celui qui veut fouiller dans la mémoire de notre société.

Par Smaragdos - Publié dans : La Question d'Evariste
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Vendredi 13 octobre 2006

Par Smaragdos - Publié dans : Images, citations d'un jour
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