
Il n'est pas si facile de détruire une oeuvre...
Le
Pont d'Argenteuil de Claude Monet en a subi les frais : un coup de poing, une toile déchirée sur une dizaine de centimètres. De quoi mettre en émoi
tous les amateurs d'art du monde entier.
Pourtant la toile sera sans aucun doute réparée. Le tableau ne sera donc plus jamais le même. La deuxième pile du pont d'Argenteuil ne sera plus seulement peinte par Monet, mais également
restaurée par madame ou monsieur X, ou par toute une équipe de restaurateurs acharnés. Le
Pont d'Argenteuil va devenir une oeuvre collective...
L'oeuvre de Monet est détruite à tout jamais, cela ne pourra plus être la même. A moins que le tableau exposé en musée ne soit qu'une reproduction de l'existant. Il est parfois préférable de
penser que les tableaux entreposés dans ces endroits si peu sécurisés, ne sont que de somptueuses copies des originaux, gardés dans des salles fortes climatisées, à l'abri de la lumière et des
moisissures, des coups et des vols.
Les vols... comment ne pas penser aux quatre tableaux volés à Nice, au musée
Jules Cheret (ou de nombreuses toiles du musée
d'Orsay sont en dépôt d'ailleurs), le dimanche 5 août 2007 (les voleurs ne paient même plus leur entrée et profitent des journées portes ouvertes pour commettre leurs méfaits). Deux Bruegels, un
Monet (encore lui) et un
Sisley (un tableau presque mythique, puisque c'est la troisième fois
qu'il est dérobé). J'ai eu l'occasion de voir ces tableaux plusieurs fois à Nice. Il est toujours difficile de penser qu'un collectionneur fou (qui peut prétendre pouvoir revendre de telles
oeuvres ?) a commandité ce vol, que les toiles ne sont plus visibles dans le musée, mais dans un de ses châteaux ou de ses lofts à New York, Paris ou Odessa. Qu'y a-t-il à la place ? Des murs
vides ?
Pourquoi ces quatre tableaux précisément ? Il semble que les voleurs n'aient pas réussi à prendre une cinquième toiles, faute de place...
Que sont devenus les originaux ? On repense au célèbre
Cri de Munch. Un temps, les enquêteurs pensaient que le tableau avait été purement et simplement
brûlé. Pourtant, la toile a été retrouvée au terme de plusieurs mois de traque... Parfois, on peut se demander si les originaux ne disparaissent pas simplement et sont remplacées par des
copies somptueuses. Pour que les musées ne perdent pas la face, pour que la police ne perde pas la face, pour que le public ne
perde pas la face. Tout le monde y gagne finalement... Il n'y a qu'à penser à cette Joconde que tout le monde croit unique.