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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Lundi 21 janvier 2008

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Qu’est-ce qu’une découverte ?
 

Qui a vraiment l’antériorité d’une découverte ? Une découverte doit-elle être pensée pour être considérée comme telle ? Plus précisément, une découverte doit-elle toucher la conscience commune pour exister ?

La question n’est pas anodine, tant dans l’histoire, nous avons vu des exemples de paternité contestée de découverte, à des degrés différents, les travaux des uns ayant souvent servi de source d’inspiration aux découvertes des autres, exemples :

Il est également souvent question de rivalité entre Etats derrière ces controverses. 

L’attribution des prix Nobel par exemple, est un exemple singulier de découvertes partagées : l’académie Royale de Suède s’efforce de donner ses prix aux équipes qui ont découverts certains phénomènes physiques, par exemple, sans préciser l’antériorité des uns par rapport aux autres, car bien souvent, ces équipes indépendantes travaillent indépendamment avec les mêmes bases (documentaires, de connaissances, matériels) et effectuent leurs découvertes quasi-simultanément. Histoire de ne léser personne, le prix Nobel de Physique 2007, pour la découverte de la magnétorésistance géante, a été attribuée aux équipes d’Albert Fert (FR) et de Peter Grünberg (ALL).

Là encore, qui fait quoi dans les équipes de scientifiques, nous n’en saurons rien. Mais il est possible (probable même !) d’imaginer que les honneurs reviennent au directeur de recherche, alors que peut-être, l’un de ses assistants brillants est directement à l’origine d’une découverte. Mais son nom ne peut-être cité…

 
S’assurer la paternité d’une découverte peut conduire à l’utilisation de codes secrets. Ce fut le cas de Galilée, qui transmit à Kepler l’anagramme suivant :

s.m.a.i.s.m.r.m.i.l.m.e.p.o.e.t.a.l.e.u.m.i.b.u.n.e.n.u.g.t.t.a.u.i.r.a.s

Cette anagramme mystérieuse était supposée annoncer la découverte des satellites de Saturne sans pour autant dévoiler clairement la découverte, en attendant la publication de l’ouvrage qui permettrait au découvreur d’accoler son nom avec sa découverte.

Depuis, l’invention des journaux scientifiques a permis de contourner ce problème.
 
Smaragdos_Columbus_Viking.jpg

La découverte du continent Américain : Bjarni ou Eiriksson ?
 

Le continent américain a été découvert par les Vikings (les Normands) dans les années 1000.

Ils ont installé une colonie dans le Vinland, nom donnée à la région à l’ouest du Groenland (aux environs de Terre-Neuve), en raison des vignes qui y poussaient. Cette découverte n’est pas forcément le fruit du hasard, puisque, si Bjarni Herjolfsson, un commerçant égaré lors d’une tempête s’est approché des côtes américaines, se rendant bien compte qu’il n’était pas arrivé à destination (le Groenland), il relate ensuite son récit à Leif Ericsson, qui intrigué par ces terres fertiles, s’y rend et y installe une colonie.
 
Il existe un point délicat, une carte du Vinland controversée, dont la datation au carbone a déterminé une date de 1434, soit quelques années avant que Christophe Colomb ne parte pour la route des Indes. Si cette carte s’avère bien antérieure à 1492, il faudra bien reconnaître que Christophe Colomb n’a pas découvert le continent américain.

Mais qui est prêt à réécrire cette histoire-là ? Aux Etats-Unis en particulier, pas grand monde… 

Cependant, officiellement (en 1964, président Johnson, approuvé par le Congrès Unanime), le 9 octobre est le « Jour de Leif Ericson » en commémoration de la première arrivée d’un Européen sur le sol d’Amérique du Nord. Il a bien fallu calmer cette controverse et un petit peu officialiser cette relative découverte, sans pour autant réécrire l’Histoire ; cela ne se fait pas d’admettre ses erreurs, surtout pour des « scientifiques ».

Par Smaragdos - Publié dans : Le monde hier
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Vendredi 11 janvier 2008

Qu'il soit nommé "Mur de la Honte", "Mur de la Haine", "Mur Sinistre" ou tout simplement officiellement "Mur de Sécurité", la barrière de séparation entre Israël et la Palestine est un mur appelé à tomber. Mais ce n'est pas seulement un mur, au sens matériel, qui tombera ce jour, mais également une barrière mentale qui maintient tout un pan de nos sociétés. Car les palestiniens ont trouvé un nom à ce mur : jidar al-fasl al-'unsuri ("Mur de séparation raciale").

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Barrières, murs et murailles : de l'histoire ancienne

Parfois les frontières naturelles s'érigent comme de véritables barrières : fleuves, montagnes ou déserts ont prédéterminés les limites de certains états.
Cependant, les frontières entre pays, états ou empires "rivaux" ont souvent fait l'objet de constructions plus ou moins grandioses pour bien matérialiser l'espace qui les sépare. Ce n'est pas un hasard si les premières murailles s'érigent pour se protéger d'un ennemi que nous ne connaissons pas : les barbares (ou Tartares un peu plus... tard).

Les premières Cités grecques ou égyptiennes furent protégées par des murailles - les enceintes de la cité – comme Sparte ou Memphis (le « Mur Blanc »), imité par les empires qui ont voulu protéger leurs frontières : la Grande Muraille de Chine (protection contre les attaques des Huns), les Murailles de Constantinople, les murs d'Hadrien et d'Antonin en Ecosse, sont des exemples célèbres de protection de frontières.

La plupart des anciennes villes européennes étaient fortifiées et certaines gardent encore leurs remparts médiévaux. On s’avait déjà que les habitants de la cité intra-muros étaient des privilégiés par rapport à ceux qui habitaient dans les faux bourgs. Lors d’attaques ou d’épidémies, les portes de la ville se refermaient…

Il y a de cela dans certaines barrières encore d’usage dans le monde :

  • le mur entre l'Irak et l'Arabie Saoudite – à l’initiative de l’Arabie Saoudite pour contenir le flot de réfugiés,
  • le mur entre l’Irak et le Koweït (initié en 1991, renforcé en 2004),
  • la barrière entre le sultanat d’Oman et les Emirats Arabes Unis,
  • la frontière de barbelés entre la Corée du Nord et la Chine,
  • la frontière fortifiée entre les deux Corées,
  • les enclaves de Ceuta et Melilla entre Maroc et Espagne,
  • la frontière ultra-surveillée entre Mexique et USA (vidéo-surveillance, milices de citoyens).

Aujourd’hui, comme autrefois, le flux des populations est contrôlé pour permettre aux mieux lotis de ne pas perdre leur avantage sur les autres.

Prisons d’état

Il est des cas où l’Etat lui-même décide de devenir une immense prison et de retenir ses ressortissants à tout prix. C’est souvent le cas des dictatures recroquevillées, vivant en autarcie. Car si les pays limitrophes de la Corée du Nord auraient peur de l’afflux de réfugiés, les dirigeants de la Corée du Nord ne souhaiteraient pas voir s’enfuir ses habitants, avec leurs lots de rumeurs plus ou moins fondés. Car la maîtrise de l’information et des hommes est la maîtrise de la société.

 
En Asie toujours, l’Ouzbékistan a fait construire des murs à ses frontières avec tous ses pays voisins.

 
En continuant vers nos longitudes, le Mur de Berlin, symbole du Rideau de Fer qui a séparé l’Europe en deux blocs au milieu du XXème siècle, est l’exemple type de barrière pour se prémunir d’un exode massif.

 
Et la guerre…

Quant aux célèbres Lignes Morice, Maginot et Siegfried, au Mur de l’Atlantique (il n’y a pas vraiment de mur…), à la Ligne Attila (ou « Ligne Verte ») sur l'île de Chypre, elles marquent les étapes d’une guerre : avant les manœuvres, pendant les combats, ou après l’armistice, pour marquer les territoires.

 
… puis la paix


Avant de signer un traité de paix, et même s’il n’y a pas vraiment de guerre, comme nous l’entendions autrefois, il est toujours possible d’affaiblir son rival, avant de signer, sous l’égide de la communauté internationale, un traité qui favorisera une période d’accalmie (ça, c’est ce qu’on appelle « la paix »), que tout le monde espère longue. Mais d’ici là, quelques manœuvres sont encore possibles de part et d’autre.

Car en fait, si officiellement le projet israélien espère réduire les attaques terroristes, il s'agit probablement d'élargir les frontières de l'Etat d'Israël, en diminuant d'autant la superficie d'un futur hypothétique Etat de Palestine…

En synthèse

Les raisons de ces frontières sont multiples, mais dans l'ordre nous en dégageons trois principales :

  • protection contre l'afflux de réfugiés (frontière entre un pays "riche" et un pays "pauvre"), systématiquement à l'initiative du pays "riche",
  • protection militaire,
  • isolement volontaire ou contraint,
  • extension des frontières, systématiquement à l'initiative du pays expansionniste, en construisant une barrière illégalement sur le territoire annexé.

L’avenir

Il existe quelques similitudes avec le Mur de Berlin, notamment en ce qui concerne la séparation de Jérusalem en deux.  Le Mur de Berlin, également appelé "Mur de la  Honte", a tenu 28 ans. C'est long 28 ans, dans la vie d'un homme, mais plutôt court dans la vie d'un Etat. Les murs ne sont pas construits pour durer, mais leur construction implique néanmoins quelques années, voire dizaines d'années de séparation.
Jusqu'à la chute promise.

Mais la chute d’un mur est également la fin d’une mentalité. Tout ceci laisse des traces…

 

Par Smaragdos - Publié dans : Murailles, murs, frontières
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Vendredi 4 janvier 2008

Les oeuvres gigantesques des hommes ne sont pas éternelles. C'est une évidence. Des Septs Merveilles du Monde, aujourd'hui, il ne reste pas grand chose :

- les Jardins Suspendus de Babylone (destruction après le 1er av. JC),
- le Temple d'Artémise d'Ephèse (incendie en -370),
- le Colosse de Rhodes (tremblement de terre en -224),
- la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie (incendie au VIe siècle),
- le Phare d'Alexandrie (tremblement de terre en 1303),
- le Mausolée à Halicarnassus (tremblement de terre en 1494),
- la Pyramide de Kheops (seule merveille conservée à ce jour).

Des sept merveilles de l'antiquité, plus de la moitié avait été détruite en l'an 1000 et il n'en restait qu'une seule en l'an 2000. Il n'est pas difficile d'imaginer qu'en l'an 3000, il n'en restera aucune, malgré tous les efforts faits pour la conservation des monuments.

Tous les efforts ? Que dire des Bouddhas de Bâmiyân, exemple récent de destruction d'un monument extraordinaire ? Ces monuments mondialement réputés en Afghanistan, et appartement à un site classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, rien de moins, ont été pilonnés pendant plusieurs semaines par les Talibans. C'est le fameux mollah Omar qui avait ordonné cette destruction dans un décret, jugeant nécessaire de prévenir contre un possible retour de l'idolâtrie préislamique.
Cette fois-ci, les efforts ont été fournis pour la destruction d'un monument et non sa conservation. Car rien n'a pu être fait pendant les semaines de pilonnage des Bouddhas pour les préserver. La communauté internationale ne pouvait que constater.

Cela avait été un choc pour l'ensemble de la communauté internationale (d'ailleurs derrière ce terme de communauté internationale se cachent souvent en fait une entité impuissante occidentalisante, qui pense que les choses pourraient être meilleures, sans être capable de prendre la moindre décision). Cela aurait été un plus grand choc, chez nous en Occident, si les Egyptiens avaient décrété de détruire la pyramide de Kheops pour prévenir contre un possible retour du paganisme égyptien, pour se rendre compte de l'immensité du désastre.

Maigre consolation, le troisième Bouddha géant, couché, découvert à la fin des années 1970 par l'archéologue français
Zémaryalaï Tarzi pourrait émerger de sa cachette ancestrale...

Malheureusement, nous ne connaissons pas bien ces Bouddhas, personne ne apprend qu'ils existent à l'école, et lorsque nous apprenons leur destruction, la plupart du temps, nous n'en connaissions pas l'existence ce qui ne nous choque pas vraiment. Il faut pourtant se rendre à l'évidence : rien n'est éternel, et si le gros bloc de pierre en forme de pyramide est toujours élevé à Gizeh, cela relève un peu d'un extraordinaire hasard ; aucun tremblement de terre n'est venu l'ébranler, aucun peuple n'est venu piller les pierres de l'édifice pour construction des logements (le pillage a eu lieu à l'intérieur de l'édifice, avec les français et les anglais en première ligne), aucune guerre n'est venu abîmer la Merveille (et pourtant, il s'en faut parfois de peu), aucun décret n'a décidé de l'éradiquer de la surface du globe.

L'exemple des Bouddhas du Bâmiyân n'est pas unique. Lors de la construction du barrage des Trois Gorges en Chine, le bassin fluvial de Changjiang (le Fleuve Bleu) et ses centaines de sites archéologiques ou religieux ont été inondés. En prévision de ce désastre culturel, les sommes débloquées par le gouvernement chinois permettaient de sauver environ un pour cent de ce patrimoine. La plupart des sites sauvés ont été déplacés, comme le temple de Zhang Fei.

Les relations que les différents peuples entretiennent avec les vestiges de la civilisation ne sont évidemment pas identiques. Nous n'imaginons pas en France le démantèlement de la Tour Eiffel - et pourtant, elle n'a été érigée que pour l'exposition universelle de 1889, pour fêter le centenaire de la Révolution Française et devait être démontée en 1899 ; les Italiens ne peuvent concevoir l'écroulement de la Tour de Pise - que n'a-t-il pas été inventé pour la conserver ? Certaines tours (Petronas) persistent, d'autres ont eu moins de chance (World Trade Center), tandis que d'autres tours jumelles à Guangzhou s'élèveront bientôt...
Par Smaragdos - Publié dans : Oeuvres détruites
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Vendredi 4 janvier 2008

J'entends, j'oublie

Je vois, je me souviens
Je fais, je retiens

Confucius (551-479 av. JC)
Par Smaragdos - Publié dans : Images, citations d'un jour
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Lundi 15 octobre 2007


Les oeuvres ne sont pas éternelles...

Contrairement à ce que l'imaginaire collectif peut parfois penser, les oeuvres d'art ne sont pas éternelles et il faut souvent déployer des efforts incroyables pour les conserver. Combien d'oeuvres ont disparu dans les guerres, les séismes, les vols ? Combien de livres ou de toiles ont pourri dans des greniers ou des caves ?
Il est difficile de se dire que l'artiste qui laisse une oeuvre à la postérité, dépend essentiellement du bon vouloir d'hommes et de femmes qui mettront à leur tour tout leur arts afin de conserver correctement le fruit de son travail.
Le rapport d'information n°379 du SENAT présente les grandes lignes de la gestion des musées. On y apprend notamment que le mérule détruit certaines salles de réserve du château de Fontainebleau ; que des insectes xylophages comme la vrillette représentent un danger pour les fonds dans certaines régions ; qu'entre 500 et 1000 oeuvres ont été détruites ou présumées détruites, seulement pour l'année 2002 ; que les musées nationaux établissent des statisques assez précises détaillant le pourcentage d'oeuvres détruites, volées, à restaurer, etc...

L'artiste génère tout un monde avec ses oeuvres : le monde de l'art. Si ce monde de l'art n'existait pas, les oeuvres disparaîtraient avec l'artiste. Il faut que des gens se battent tous les jours, pour que chacun ait l'illusion qu'une oeuvre est éternelle.
Par Smaragdos - Publié dans : Oeuvres détruites
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