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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Mardi 29 janvier 2008

Les pays en voie de développement

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Rappelons-nous, il ne faut plus parler de pays sous-développés. Cela fait déjà quelques temps que cette expression, évidemment dévalorisante pour les pays concernés, n'est plus employée. On parle aujourd'hui de pays en voie de développement. Une autre invention des pays développés – référence ici à l'économie du pays.

 
Un pays en voie de développement – ce n'est rien de moins qu'un pays sous-développé par rapport à un pays développé –, c'est un pays qui est amené à rattraper le peloton des pays développés. Ce qui veut dire qu'un jour, un pays en voie de développement ne sera plus en voie de développement et aura atteint son statut de pays développé. Mais tous les pays deviendront-ils développés ?

Si non, c'est qu'ils sont en voie de développement mais que cette voie ne sera pas aisée à emprunter (obstacles en vue, par exemple : tutelle du FMI, guerre, surexploitation des richesses naturelles ou des ressources humaines avec l'immigration choisie des pays développés).

Si oui, alors il faudra trouver un autre classement, pour distinguer les pays développés des pays sur-développés (pourquoi pas après tout ?).

 
Les lièvres et les tortues

 
Gardons à l'esprit l'image du lièvre et de la tortue : « rien ne sert de courir, il vaut mieux partir à point » disait la fable. On peut toujours faire courir certains pays sur les rails de l'économie, ils ne partent pas avec les mêmes chances initiales de réussir. Avant de se mettre sur la voie du développement, il faut déjà stabiliser sa situation sociale. Il est beaucoup plus difficile (des exemples ?) de développer son économie lorsque rôdent les guerres civiles, les corruptions, les rivalités territoriales…

 
Le lièvre peut bien faire la sieste, la tortue est désorientée. Et lorsque c'est le lièvre qui lui indique la direction, la tortue devrait se méfier. Elle le fait souvent d'ailleurs. Combien de pays sont-ils sous tutelles du Fond Monétaire International ? Quels sont les résultats probants de ce FMI ? Des noms de pays ?

 
Pour que la tortue rattrape son retard, il faut qu'elle grignote du terrain sur le lièvre. Mais quelle est la mesure en économie ? La croissance ! Voilà pourquoi tout le monde évoque cette fameuse croissance qui n'est pas au rendez-vous dans nos pays développés. Le lièvre traîne la patte.

 
Le paradoxe de la croissance et de l'aide au développement

 
Est-ce que le développement d'un pays se mesure uniquement à sa croissance ? Y a-t-il un seuil de croissance sous lequel les pays sont en perte de vitesse ? Car les pays déjà développés sont peut-être en perte de croissance. Et si on classait les pays développés par points de croissances acquis (tiens, c'est peut-être déjà le cas), n'apercevrait-on pas des pays qui vont se faire rattraper, voire dépasser par ces pays en voie de développement.

Chacun regarde dans le rétroviseur et a peur de se faire doubler.

 
Quel est l'intérêt de cette course vers la plus forte croissance ? Tout le monde peut-il avoir une forte croissance ?

On a toujours le sentiment, dans ces questions d'économie, que « le bonheur des uns fait le malheur des autres ». En aidant un pays à sortir de son statut sous-développé, ne craint-on pas en réalité qu'il nous dépasse à terme ? Dès lors, il est facile d'imaginer qu'un pays développé aide un pays en voie de développement à la condition que ce dernier lui apporte également suffisamment de points de croissance pour qu'il reste dans la course, et en tête…

 

Avez-vous déjà entendu parler d'émulation entre les états ? La volonté générale est peut-être de tirer tout le monde vers le haut, pour faire bien, histoire de ne pas se faire accuser de ne pas aider les plus faibles, mais en conservant toujours le même classement… En gros, on se donne bonne conscience pour la prochaine fois… ou pire, on fait semblant d'aider pour mieux prendre.

 
La dérive du continent africain

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Il est facile mais délicat d'accuser près de chez soi, alors je prendrais volontairement un exemple international inquiétant :
la Chine apporte beaucoup d'aide aux pays du continent africain, qui doit certainement compter la plupart de ces pays en voie de développement pour ceux qui se sont effectivement mis en chemin. Au premier coup d'œil, cet intérêt de la Chine pour ces pays en voie de développement oubliés du monde occidental est louable. Mais la manœuvre, même si elle n'est pas subtile, est fine : nous chinois, vous apportons l'argent dont vous avez besoin, vous achetons des médicaments, etc… Lorsque les européens auraient déclaré : "dîtes-nous ce dont vous avez besoin, nous vous expliquerons comment vous en passer" (un peu les prémisses du développement durable que nous pourrions appliquer à notre propre modèle social, finalement), les chinois débarquent avec leur argent frais et négocient avec les états africains : "on vous fournit ce dont vous avez besoin. En contrepartie, nous avons besoin de matières premières. Etes-vous d'accord pour un échange de bons procédés ?". Raisonnement pas bien éloigné des pratiques de certains pays colonialistes (enfin, il ne faut plus le dire non plus, mais bon…) et assez logique. On fait du troc en quelque sorte.

Encore faut-il se poser la question suivante : pourquoi le monde occidental s'est-il détourné du continent africain ? Vaste programme encore une fois, et difficile de toujours répondre en quelques phrases lancées ça et là. Il ne faut pas y voir un raisonnement construit et inébranlable, mais plutôt une suite de question. On est sur un blog, pas dans un livre universitaire ! Restons à notre niveau.

Toujours est-il qu'il n'y a pas vraiment d'émulation entre les pays. "Si je t'aide, en échange que me proposes-tu ?" Le monde est peut-être entièrement basé sur ce type de tractation. Cela vient de loin, du monde chrétien peut-être : il faut aider son prochain pour éviter les flammes de l'enfer… Ce serait même carrément du chantage ça !

 
Bon, et maintenant notre tortue chinoise entame son sprint final. Comment vont réagir tous les lièvres essoufflés ou endormis sur le bord de la route ?

 
Les leaders font les châteaux de cartes

 
Avez-vous déjà été leader dans un domaine ? Vous êtes vous déjà rendu compte combien il était difficile de rester premier avec le reste du monde qui pousse derrière vous. Ce n'est pas toujours facile… Il est toujours plus aisé de suivre la route tracée par l'aventurier (le fameux Christophe Colomb par exemple, vraiment un leader de la navigation, même s'il n'est pas vraiment le découvreur du continent américain)… Rester en tête de course, c'est vraiment délicat, et dans la compétition économique, le jeu est tellement complexe (je commence à comprendre pourquoi tant de monde s'y intéresse) qu'il faut aider ses poursuivants pour mieux s'appuyer dessus et rester en tête.

 
Un peu comme l'ascension d'un château de cartes : si on veut rester au sommet, on a tout intérêt à assurer ses bases et à faire en sorte que ses poursuivants nous aident à consolider l'édifice de papier… Ca ressemble à ça l'économie pour moi, aujourd'hui. Et en ce moment, le château est en train de grossir, de grossir…

 
Quand les lièvres et les tortues grimpent sur un énorme château de cartes…

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Mercredi 23 janvier 2008

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La Rose des Vents


Il y a quelque chose de remarquable dans la manière dont on nous enseigne des choses évidentes qui ne le sont pourtant pas.

Un simple exemple pourrait être : la fameuse rose des vents. Enseignée très tôt à l'école, la rose des vents est un exemple d'évidence trompeuse. Pourquoi appelle-t-on ainsi la répartition des directions (Nord, Sud, Est, Ouest et subdivisions) ? S'il est probable que la comparaison entre les pétales d'une fleur (a fortiori une rose) et la répartition géométrique des directions explique la première analogie, qu'en est-il pour le terme vent ? Quel est le rapport entre un vent et une direction.

Il faut se replonger quelques siècles en arrière pour comprendre que les directions étaient localement indiquées par les vents : le mistral, l'auster, le sirocco, la tramontane, tous ces vents pointaient dans des directions différentes selon les lieux où on se trouvait.

On suivait le vent, on errait porté par le vent, on flânait au grès du vent, et tout ceci indiquait dans quelle direction nous filions… On suivait donc une direction de la rose des vents.

Ce n'est peut-être pas le meilleur exemple… Penchons-nous maintenant sur l'heure… Combien de fois a-t-on pu entendre ceci : "comment ? Tu ne sais pas encore lire l'heure sur les montres à aiguilles ? ce n'est pourtant pas compliqué !" ?

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Le temps et sa comptabilité


Et comment ? D'accord, il n'est nul besoin d'être un génie pour lire l'heure sur une montre à aiguilles, on nous apprend à la lire, à l'école (pas à la comprendre). Mais il faut reconnaître que cela n'a rien d'évident ! Dans mes souvenirs, je ne me rappelle pas qu'on m'ait expliqué une seule fois pourquoi on avait découpé une journée en 24 heures et pourquoi on avait découpé une heure en 60 minutes, une minute en 60 secondes.

Si aujourd'hui cela paraît évident qu'une heure fait 60 minutes, et qu'une demi-heure fait 30 minutes, combien fait 0.17 heure ? Facile, cela fait 10.2 minutes ! C'est-à-dire 10 minutes et 12 secondes. Evident, n'est-ce pas ? Et ce n'est que de la base 60…

Il semble que l'origine de cette base 60 soit plus ou moins ésotérique : elle prendrait ses origines chez les Babyloniens, dont les calculs astronomiques utilisaient des multiples de 12 et de 5 (c'est bien connu, 3 x 4 x 5 = 60)… Enfin à partir du moment où on a commencé à multiplier un peu les chiffres entre eux, on a trouvé des nombres sympathiques comme 24 ou 60 (c'est bien connu, 2 x 3 x 4 = 24).

Mais vous allez me dire qu'il existe bien une définition de la seconde ! Oui, malheureux, elle a d'ailleurs été plusieurs fois révisée pour être la plus précise possible. Aujourd'hui, on utilise carrément le nombre de radiations d'un isotope du Césium ou quelque chose dans le genre pour déterminer la précision d'une seconde ! Rien de moins naturel…

On n'est pas parti de rien pour autant. La révolution de la Terre, qui se fait en quelque 365,25 jours et des poussières… Le jour, on a vite vu que c'était entre le moment où le soleil se levait et où le soleil se couchait. On a rapidement rajouté la nuit (période entre le moment où le soleil se couche et où le soleil se lève) à la définition de jour (au sens diurne) pour faire le jour (au sens comptable). Ca on comprend. Qu'il faille 365,25 jours et des poussières pour qu'on retrouve le soleil au même point dans le ciel, on comprend aussi. On vient de faire :

1 an = 365,25 jours et des poussières (toujours ces poussières)

Maintenant, comment découper la journée ? Si les religieux ont inventé les "heures" de prières (les fameuses vêpres, mâtines, etc…), on a du mal à comprendre le découpage en 24 (ou plutôt en 12, car on comprend qu'en coupant la poire en deux, on obtienne une jolie division du jour, midi). Il n'y a rien, a priori, dans la nature qui nécessite l'emploi de cette base 12 pour découper la demi-journée en portions égales.

On aurait pu prendre une base 10 (une idée des révolutionnaires français ???) et découper en 10 chaque demi-journée. On aurait dit : il est 9:9 heures, bientôt l'heure du repas. Et le temps ne s'écoulerait pas de la même manière. Car décréter l'utilisation d'une base 12 au lieu d'une autre est totalement arbitraire, artificiel. Soit.

Le temps passe et ceci n'est plus remis en cause. De la même manière que le découpage du calendrier se fait toujours selon des critères religieux dans des sociétés qui veulent faire croire à l'affranchissement de la tutelle de l'Eglise dans les institutions, le temps est soumis à une règle aberrante, mais que personne ne voudra remettre en cause, car c'est historique.


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Pas de révolution pour la mesure du temps...

 

En général, dans nos sociétés, ce qu'on refuse de changer :

  • par habitude, on dit que c'est historique,
  • par peur des conséquences sociales, on dit que c'est politique.

Le temps et le calendrier, on ne change pas, car c'est historique. Ceux qui un jour ont essayé de changer leurs calendriers par exemple (e.g. Russie, Chine, France pendant les différentes révolutions), l'ont fait pour des raisons politiques.

Pourtant, si on changeait un jour la définition du temps, ce serait vraiment historique ! Pourquoi l'a-t-on fait par le passé, et pourquoi croyons-nous ne pas devoir le faire désormais ? Pourquoi a-t-on le sentiment que plus rien n'évoluera dans nos connaissances ?

Autrefois, on enseignait que la Terre était le centre de l'univers. Ce n'est pas complètement absurde, compte tenu des connaissances de l'époque. Aujourd'hui, tout le monde rigolerait. Il n'y a que quelques illuminés américains pour encore le croire, mais si un jour, quelqu'un vous annonce qu'on harmonisera :

  • la mesure des distances (plus de guerre miles vs mètres),
  • la mesure des masses (plus de guerre pounds vs grammes),
  • la mesure des températures (ça existe déjà, d'une certaine manière),
  • la mesure du temps (et simplifiées en plus).

Alors là, on comprendrait un peu pourquoi harmoniser les distances (mais de là à créer une nouvelle mesure !! il n'y a qu'en économie qu'on se permet de créer une nouvelle monnaie, l'euro, pour brouiller les pistes…) ou les masses, on admettrait qu'il faut bien utiliser les Kelvin, mais ce n'est pas pratique quand même pour indiquer nos variations de températures quotidiennes,  mais le temps ! C'est déjà harmonisé ! Oui, mais pas simplifié.

Alors, celui qui n'arrive pas à lire l'heure sur une horloge à aiguilles, n'aurait qu'à répondre à son interlocuteur, en lui tendant un silex, "tu n'as qu'à faire du feu, ce n'est pas compliqué". C'est vrai, quand on possède la technique…
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Encore quelque chose que nous avons oublié de retenir.

par Smaragdos publié dans : La Question d'Evariste
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Lundi 21 janvier 2008

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Qu’est-ce qu’une découverte ?
 

Qui a vraiment l’antériorité d’une découverte ? Une découverte doit-elle être pensée pour être considérée comme telle ? Plus précisément, une découverte doit-elle toucher la conscience commune pour exister ?

La question n’est pas anodine, tant dans l’histoire, nous avons vu des exemples de paternité contestée de découverte, à des degrés différents, les travaux des uns ayant souvent servi de source d’inspiration aux découvertes des autres, exemples :

Il est également souvent question de rivalité entre Etats derrière ces controverses. 

L’attribution des prix Nobel par exemple, est un exemple singulier de découvertes partagées : l’académie Royale de Suède s’efforce de donner ses prix aux équipes qui ont découverts certains phénomènes physiques, par exemple, sans préciser l’antériorité des uns par rapport aux autres, car bien souvent, ces équipes indépendantes travaillent indépendamment avec les mêmes bases (documentaires, de connaissances, matériels) et effectuent leurs découvertes quasi-simultanément. Histoire de ne léser personne, le prix Nobel de Physique 2007, pour la découverte de la magnétorésistance géante, a été attribuée aux équipes d’Albert Fert (FR) et de Peter Grünberg (ALL).

Là encore, qui fait quoi dans les équipes de scientifiques, nous n’en saurons rien. Mais il est possible (probable même !) d’imaginer que les honneurs reviennent au directeur de recherche, alors que peut-être, l’un de ses assistants brillants est directement à l’origine d’une découverte. Mais son nom ne peut-être cité…

 
S’assurer la paternité d’une découverte peut conduire à l’utilisation de codes secrets. Ce fut le cas de Galilée, qui transmit à Kepler l’anagramme suivant :

s.m.a.i.s.m.r.m.i.l.m.e.p.o.e.t.a.l.e.u.m.i.b.u.n.e.n.u.g.t.t.a.u.i.r.a.s

Cette anagramme mystérieuse était supposée annoncer la découverte des satellites de Saturne sans pour autant dévoiler clairement la découverte, en attendant la publication de l’ouvrage qui permettrait au découvreur d’accoler son nom avec sa découverte.

Depuis, l’invention des journaux scientifiques a permis de contourner ce problème.
 
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La découverte du continent Américain : Bjarni ou Eiriksson ?
 

Le continent américain a été découvert par les Vikings (les Normands) dans les années 1000.

Ils ont installé une colonie dans le Vinland, nom donnée à la région à l’ouest du Groenland (aux environs de Terre-Neuve), en raison des vignes qui y poussaient. Cette découverte n’est pas forcément le fruit du hasard, puisque, si Bjarni Herjolfsson, un commerçant égaré lors d’une tempête s’est approché des côtes américaines, se rendant bien compte qu’il n’était pas arrivé à destination (le Groenland), il relate ensuite son récit à Leif Ericsson, qui intrigué par ces terres fertiles, s’y rend et y installe une colonie.
 
Il existe un point délicat, une carte du Vinland controversée, dont la datation au carbone a déterminé une date de 1434, soit quelques années avant que Christophe Colomb ne parte pour la route des Indes. Si cette carte s’avère bien antérieure à 1492, il faudra bien reconnaître que Christophe Colomb n’a pas découvert le continent américain.

Mais qui est prêt à réécrire cette histoire-là ? Aux Etats-Unis en particulier, pas grand monde… 

Cependant, officiellement (en 1964, président Johnson, approuvé par le Congrès Unanime), le 9 octobre est le « Jour de Leif Ericson » en commémoration de la première arrivée d’un Européen sur le sol d’Amérique du Nord. Il a bien fallu calmer cette controverse et un petit peu officialiser cette relative découverte, sans pour autant réécrire l’Histoire ; cela ne se fait pas d’admettre ses erreurs, surtout pour des « scientifiques ».

par Smaragdos publié dans : Le monde hier
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Vendredi 11 janvier 2008

Qu'il soit nommé "Mur de la Honte", "Mur de la Haine", "Mur Sinistre" ou tout simplement officiellement "Mur de Sécurité", la barrière de séparation entre Israël et la Palestine est un mur appelé à tomber. Mais ce n'est pas seulement un mur, au sens matériel, qui tombera ce jour, mais également une barrière mentale qui maintient tout un pan de nos sociétés. Car les palestiniens ont trouvé un nom à ce mur : jidar al-fasl al-'unsuri ("Mur de séparation raciale").

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Barrières, murs et murailles : de l'histoire ancienne

Parfois les frontières naturelles s'érigent comme de véritables barrières : fleuves, montagnes ou déserts ont prédéterminés les limites de certains états.
Cependant, les frontières entre pays, états ou empires "rivaux" ont souvent fait l'objet de constructions plus ou moins grandioses pour bien matérialiser l'espace qui les sépare. Ce n'est pas un hasard si les premières murailles s'érigent pour se protéger d'un ennemi que nous ne connaissons pas : les barbares (ou Tartares un peu plus... tard).

Les premières Cités grecques ou égyptiennes furent protégées par des murailles - les enceintes de la cité – comme Sparte ou Memphis (le « Mur Blanc »), imité par les empires qui ont voulu protéger leurs frontières : la Grande Muraille de Chine (protection contre les attaques des Huns), les Murailles de Constantinople, les murs d'Hadrien et d'Antonin en Ecosse, sont des exemples célèbres de protection de frontières.

La plupart des anciennes villes européennes étaient fortifiées et certaines gardent encore leurs remparts médiévaux. On s’avait déjà que les habitants de la cité intra-muros étaient des privilégiés par rapport à ceux qui habitaient dans les faux bourgs. Lors d’attaques ou d’épidémies, les portes de la ville se refermaient…

Il y a de cela dans certaines barrières encore d’usage dans le monde :

  • le mur entre l'Irak et l'Arabie Saoudite – à l’initiative de l’Arabie Saoudite pour contenir le flot de réfugiés,
  • le mur entre l’Irak et le Koweït (initié en 1991, renforcé en 2004),
  • la barrière entre le sultanat d’Oman et les Emirats Arabes Unis,
  • la frontière de barbelés entre la Corée du Nord et la Chine,
  • la frontière fortifiée entre les deux Corées,
  • les enclaves de Ceuta et Melilla entre Maroc et Espagne,
  • la frontière ultra-surveillée entre Mexique et USA (vidéo-surveillance, milices de citoyens).

Aujourd’hui, comme autrefois, le flux des populations est contrôlé pour permettre aux mieux lotis de ne pas perdre leur avantage sur les autres.

Prisons d’état

Il est des cas où l’Etat lui-même décide de devenir une immense prison et de retenir ses ressortissants à tout prix. C’est souvent le cas des dictatures recroquevillées, vivant en autarcie. Car si les pays limitrophes de la Corée du Nord auraient peur de l’afflux de réfugiés, les dirigeants de la Corée du Nord ne souhaiteraient pas voir s’enfuir ses habitants, avec leurs lots de rumeurs plus ou moins fondés. Car la maîtrise de l’information et des hommes est la maîtrise de la société.

 
En Asie toujours, l’Ouzbékistan a fait construire des murs à ses frontières avec tous ses pays voisins.

 
En continuant vers nos longitudes, le Mur de Berlin, symbole du Rideau de Fer qui a séparé l’Europe en deux blocs au milieu du XXème siècle, est l’exemple type de barrière pour se prémunir d’un exode massif.

 
Et la guerre…

Quant aux célèbres Lignes Morice, Maginot et Siegfried, au Mur de l’Atlantique (il n’y a pas vraiment de mur…), à la Ligne Attila (ou « Ligne Verte ») sur l'île de Chypre, elles marquent les étapes d’une guerre : avant les manœuvres, pendant les combats, ou après l’armistice, pour marquer les territoires.

 
… puis la paix


Avant de signer un traité de paix, et même s’il n’y a pas vraiment de guerre, comme nous l’entendions autrefois, il est toujours possible d’affaiblir son rival, avant de signer, sous l’égide de la communauté internationale, un traité qui favorisera une période d’accalmie (ça, c’est ce qu’on appelle « la paix »), que tout le monde espère longue. Mais d’ici là, quelques manœuvres sont encore possibles de part et d’autre.

Car en fait, si officiellement le projet israélien espère réduire les attaques terroristes, il s'agit probablement d'élargir les frontières de l'Etat d'Israël, en diminuant d'autant la superficie d'un futur hypothétique Etat de Palestine…

En synthèse

Les raisons de ces frontières sont multiples, mais dans l'ordre nous en dégageons trois principales :

  • protection contre l'afflux de réfugiés (frontière entre un pays "riche" et un pays "pauvre"), systématiquement à l'initiative du pays "riche",
  • protection militaire,
  • isolement volontaire ou contraint,
  • extension des frontières, systématiquement à l'initiative du pays expansionniste, en construisant une barrière illégalement sur le territoire annexé.

L’avenir

Il existe quelques similitudes avec le Mur de Berlin, notamment en ce qui concerne la séparation de Jérusalem en deux.  Le Mur de Berlin, également appelé "Mur de la  Honte", a tenu 28 ans. C'est long 28 ans, dans la vie d'un homme, mais plutôt court dans la vie d'un Etat. Les murs ne sont pas construits pour durer, mais leur construction implique néanmoins quelques années, voire dizaines d'années de séparation.
Jusqu'à la chute promise.

Mais la chute d’un mur est également la fin d’une mentalité. Tout ceci laisse des traces…

 

par Smaragdos publié dans : Murailles, murs, frontières
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Vendredi 4 janvier 2008

Les oeuvres gigantesques des hommes ne sont pas éternelles. C'est une évidence. Des Septs Merveilles du Monde, aujourd'hui, il ne reste pas grand chose :

- les Jardins Suspendus de Babylone (destruction après le 1er av. JC),
- le Temple d'Artémise d'Ephèse (incendie en -370),
- le Colosse de Rhodes (tremblement de terre en -224),
- la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie (incendie au VIe siècle),
- le Phare d'Alexandrie (tremblement de terre en 1303),
- le Mausolée à Halicarnassus (tremblement de terre en 1494),
- la Pyramide de Kheops (seule merveille conservée à ce jour).

Des sept merveilles de l'antiquité, plus de la moitié avait été détruite en l'an 1000 et il n'en restait qu'une seule en l'an 2000. Il n'est pas difficile d'imaginer qu'en l'an 3000, il n'en restera aucune, malgré tous les efforts faits pour la conservation des monuments.

Tous les efforts ? Que dire des Bouddhas de Bâmiyân, exemple récent de destruction d'un monument extraordinaire ? Ces monuments mondialement réputés en Afghanistan, et appartement à un site classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, rien de moins, ont été pilonnés pendant plusieurs semaines par les Talibans. C'est le fameux mollah Omar qui avait ordonné cette destruction dans un décret, jugeant nécessaire de prévenir contre un possible retour de l'idolâtrie préislamique.
Cette fois-ci, les efforts ont été fournis pour la destruction d'un monument et non sa conservation. Car rien n'a pu être fait pendant les semaines de pilonnage des Bouddhas pour les préserver. La communauté internationale ne pouvait que constater.

Cela avait été un choc pour l'ensemble de la communauté internationale (d'ailleurs derrière ce terme de communauté internationale se cachent souvent en fait une entité impuissante occidentalisante, qui pense que les choses pourraient être meilleures, sans être capable de prendre la moindre décision). Cela aurait été un plus grand choc, chez nous en Occident, si les Egyptiens avaient décrété de détruire la pyramide de Kheops pour prévenir contre un possible retour du paganisme égyptien, pour se rendre compte de l'immensité du désastre.

Maigre consolation, le troisième Bouddha géant, couché, découvert à la fin des années 1970 par l'archéologue français
Zémaryalaï Tarzi pourrait émerger de sa cachette ancestrale...

Malheureusement, nous ne connaissons pas bien ces Bouddhas, personne ne apprend qu'ils existent à l'école, et lorsque nous apprenons leur destruction, la plupart du temps, nous n'en connaissions pas l'existence ce qui ne nous choque pas vraiment. Il faut pourtant se rendre à l'évidence : rien n'est éternel, et si le gros bloc de pierre en forme de pyramide est toujours élevé à Gizeh, cela relève un peu d'un extraordinaire hasard ; aucun tremblement de terre n'est venu l'ébranler, aucun peuple n'est venu piller les pierres de l'édifice pour construction des logements (le pillage a eu lieu à l'intérieur de l'édifice, avec les français et les anglais en première ligne), aucune guerre n'est venu abîmer la Merveille (et pourtant, il s'en faut parfois de peu), aucun décret n'a décidé de l'éradiquer de la surface du globe.

L'exemple des Bouddhas du Bâmiyân n'est pas unique. Lors de la construction du barrage des Trois Gorges en Chine, le bassin fluvial de Changjiang (le Fleuve Bleu) et ses centaines de sites archéologiques ou religieux ont été inondés. En prévision de ce désastre culturel, les sommes débloquées par le gouvernement chinois permettaient de sauver environ un pour cent de ce patrimoine. La plupart des sites sauvés ont été déplacés, comme le temple de Zhang Fei.

Les relations que les différents peuples entretiennent avec les vestiges de la civilisation ne sont évidemment pas identiques. Nous n'imaginons pas en France le démantèlement de la Tour Eiffel - et pourtant, elle n'a été érigée que pour l'exposition universelle de 1889, pour fêter le centenaire de la Révolution Française et devait être démontée en 1899 ; les Italiens ne peuvent concevoir l'écroulement de la Tour de Pise - que n'a-t-il pas été inventé pour la conserver ? Certaines tours (Petronas) persistent, d'autres ont eu moins de chance (World Trade Center), tandis que d'autres tours jumelles à Guangzhou s'élèveront bientôt...
par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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