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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Vendredi 15 février 2008
Il y a toujours eu une tendance commune chez les dirigeants et gouvernants : s'entourer des experts dans leurs domaines afin qu'il leur apporte leur science.
On retrouve de nombreux exemples dans l'histoire, de savants ou artistes appelés  à collaborer avec le gouvernant de son époque. Chacun  pouvait espérer tirer les bénéfices de cette collaboration : dans un sens, on donne l'art ou le savoir, dans l'autre on donne la protection qu'elle soit physique ou financière ; dans tous les cas, le rayonnement du gouvernant et de l'"expert" s'en trouve grandi. Citons quatre exemples célèbres :
  • Aristote et Alexandre le Grand,
  • Machiavel et Laurent de Médicis,
  • Leonard de Vinci et François 1er,
  • Voltaire et Frédéric II.
Sans vouloir comparer le talent des précédents avec celui de notre sujet - comparons que ce qui est comparable, mais l'histoire n'a pas retenu tous les obscurs penseurs dans le vent en poupe de leur époque n'a pas résisté au filtre du temps -, il est facile de voir que le même schéma se reproduit aujourd'hui, dans une moindre mesure. Pour être plus précis, les gouvernants essaient de reproduire ce schéma. Le problème est qu'ils auront le plus grand mal à attirer ce qui n'existe plus en France depuis quelques décennies : des penseurs dignes de ce nom.

La France est en mal de philosophie et si les plus célèbres d'entre eux ne sont que des commentateurs de philosophes, plus personne en France (ou du moins, plus personne de suffisamment reconnu aujourd'hui) ne pense le monde et n'apporte sa pierre à l'édifice de la philosophie. Pour faire vite et efficace, les deux noms qui reviennent avec insistance parmi les profanes que nous sommes, ne sont pas - et même en étant profane, il n'est pas difficile de le constater - des philosophes, mais des écrivains (dont la pensée est boiteuse pour Michel Onfray) ou des journalistes engagés (BHL).

Smaragdos_attali.jpg

A partir de ce constat, les gouvernants ne savent plus vers qui se tourner. Alors, on regarde ce qu'on fait les petits copains avant nous, et on copie. On ressort du placard Jacques Attali, on lui demande de faire un rapport sur sa spécialité, l'économie, ou plus précisément la croissance, et on croise les doigts pour que cela marche. En plus, il ne sera désormais plus possible d'associer "Jacques Attali" et la gauche française. On dira l'éminence grise de François Mitterrand (une fois qu'on tient une expression comme cela, on ne va pas en changer pour deux sous) et que dira-t-on pour Nicolas Sarkozy ? L'auteur du rapport Attali ?

Il est curieux de constater que ce rapport, cohérent, formant un tout et ne pouvant s'appliquer par partie, comme l'indique son auteur dans la préface, aurait fait un parfait programme pour la gauche française. Hé quoi, personne n'a pensé à demander à M. Attali de préparer un programme pour son partie ? Les demandeurs n'étaient pas gouvernants ? On sait que les experts et autres savants ou artistes, sont parfois moins attirés par la pratique de leur art que par les hautes sphères de la société... En terme d'utilité, il semble qu'un partie politique en France ait raté le coche... Toujours un train de retard. Son pendant de droite, lui saute sur tout ce qui bouge, sans se préoccuper de comment il va gérer les résultats de ce rapport.

Voilà donc que Jacques Attali prend des pincettes, en annonçant : OK, on va retrouver la croissance, mais il faut faire exactement tout ce qui est écrit ici. Si on oublie une seule partie, l'édifice sera instable et l'objectif ne sera pas atteint. Autant dire, on ne se mouille pas trop, car on sait que l'objectif n'est pas seulement dépendant de la volonté d'un état, mais également du contexte économique mondial.

On se demande donc, si ce rapport, dont certains points sont inacceptables en l'état pour les dirigeants actuels, ne subira pas la dure loi du rangement vertical...
Quelque part, c'est dommage car beaucoup de propositions de ce rapport sont plus qu'intéressantes, ambitieuses même (cela change un peu des fausses ambitions annoncées pendant les campagnes électorales) et le tout forme effectivement un ensemble cohérent, qui aurait eu plus d'impact justement, à mon sens, en tant que programme d'un parti politique.
Je crois que c'est exactement le genre de programme, suffisamment clair sans pour autant dévoiler tous les moyens de mise en oeuvre, qu'on pourrait attendre d'un parti avant de voter pour lui (ou contre). Le problème est toujours le même : à trop en annoncer, on prend le risque de se faire attaquer... Tout l'art de la politique est là : en dire le moins possible, mais le dire de la meilleure façon qui soit.
Par Smaragdos - Publié dans : Le monde aujourd'hui
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Mercredi 13 février 2008

 En espagnol, cela veut dire « lieux de souveraineté ». Il s’agit d’un total de sept territoires situés en Afrique du Nord, sur les côtes marocaines, à savoir :

  • Ceuta,
  • Melilla,
  • Les îles Zaffarines,
  • El-Hoceïma,
  • Vélez de la Gomera,
  • Persil,
  • Alboran.

 L’Espagne a abandonné son protectorat sur le Maroc en 1956, mais elle a refusé de restituer les plazas de soberania, prétextant avoir acquis la souveraineté de ces territoires avant la mise en place du protectorat.

  Smaragdos_melilla.jpg Les "Murs" de Melilla

L’ONU a défini des territoires non autonomes en attente de décolonisation, mais les plazas de soberania n’en font pas partie. A ce jour, il reste 16 territoires non autonomes :

  • Sahara occidental (lâché par l’Espagne le 26 février 1976)
  • Guam (USA),
  • Nouvelle-Calédonie (France),
  • Pitcairn (UK),
  • Samoa américaines (USA),
  • Tokélaou (Nouvelle-Zélande),
  • Anguilla (UK),
  • Bermudes (UK),
  • Gibraltar (UK),
  • Iles Caïmanes (UK),
  • Iles Falkland (UK),
  • Iles Turques et Caïques (UK),
  • Iles Vierges américaines (USA),
  • Iles Vierges britanniques (UK),
  • Montserrat (UK),
  • Sainte-Hélène (UK).

Lors de la 947ème séance plénière de l’assemblée générale de l’ONU, le 14 décembre 1960, la « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux » a été votée afin d’accélérer le processus de décolonisation (résolution 1541)

 

Mais voilà, qu’est-ce qui fait qu’un territoire est considéré comme une colonie ? Le gouvernement espagnol ne considère pas que Ceuta et Melilla comme des colonies, mais bien comme des villes autonomes d’Espagne. Peut-être est-ce aussi parce que Gibraltar n’a pas encore été décolonisé ?

 

Il n’en reste pas moins que pour affirmer sa position sur les deux villes, l’Espagne a envoyé en novembre 2007, le roi Juan Carlos 1er en visite. Une provocation pour beaucoup.

 

Pour couronner le tout, la construction de murs autour de Ceuta et Melilla reprend les schémas déjà connus aux USA, en Israël ou en Corée. Autour de Ceuta, une frontière de plus de 8 km de barbelés a été mise en place, avec deux murs de grillages de 2,5 m, des dispositifs de télédétection (détecteur de mouvement par vidéo, palpeurs au sol) et bien sûr la garde civile espagnole qui sillonnent la frontière afin de s’assurer de la protection de la ville autonome !

 

On sent bien que quelque chose ne tourne pas rond : qu’est-ce qui fait qu’un territoire appartient à l’un ou à l’autre ? Historiquement, Ceuta et Melilla ont appartenu à Rome, Carthage, aux berbères de Mauritanie, aux Omeyyades, aux dynasties marocaines, au Portugal puis à l’Espagne. Personne ne peut réellement revendiquer ces territoires…

Par Smaragdos - Publié dans : Le monde aujourd'hui
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Mercredi 6 février 2008
Même si on retrouve cette expression dans la bible (Le Cantique des Cantiques), où des cous sont comparés à des tours d'ivoire, c'est bien à Sainte-Beuve que nous devons le premier emploi de cette expression au sujet de la retraite d'Alfred de Vigny :
se retirer dans sa tour d'ivoire, pour un artiste, signifie se retirer du monde, s'enfermer dans un cocon, un havre de paix, à des fins d'étude ou de poésie. Cela signifie également parfois se retirer des responsabilités du monde, éviter de s'engager, garder son indépendance.

Smaragdos_sainte-beuve.jpg

Le terme "tour d'ivoire" est évidemment une expression poétique de Sainte-Beuve (vers adressés dans une lettre à Villemain en 1837) :
        "Et Vigny, plus secret, Comme en sa tour d'ivoire, avant midi, rentrait."


Il n'est pas difficile de décomposer l'expression pour en comprendre l'image :
- la tour : il s'agit d'un édifice dans lequel il est facile de s'enfermer. C'est moins noble qu'un donjon, plus petit donc, mais cela permet de garder un oeil sur le monde extérieur avec sa position souvent stratégique et en hauteur (tour de garde ou watchtower). C'est  un édifice à la géométrie souvent  simple et symétrique.
- l'ivoire : cette matière noble d'origine animale (même s'il existe des versions végétales) se travaille comme le bois, se cisèle, se sculpte. Sa rareté lui confère une certaine valeur. Les éléments construits dans cette matière somptueuse gagnent en pureté et en finesse.


La tour d'ivoire serait donc un lieu de retraite de choix, le symbole de la retraite du sage. C'est certainement une image de sagesse : celui qui se retire dans sa tour d'ivoire se coupe du monde, mais garde un regard sur tout ce qui se passe autour de lui ; il y médite, travaille sur son art, pense le monde. Ce n'est pas seulement un ermite ou un stylite : il cherche à rester au sein du monde, tout en s'y excluant en se cachant dans sa tour d'ivoire, afin d'observer et de décrire se qui l'entoure avec le regard le plus objectif possible.


Vaste entreprise !
Par Smaragdos - Publié dans : La Question d'Evariste
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Lundi 4 février 2008
Brèches dans le mur entre Gaza et Egypte

Ce vendredi 25 janvier 2008, des activistes du Hamas ont détruit au bulldozer des pans entiers du mur qui sépare la bande de Gaza à l'Egypte, autour du secteur de la Porte de Salahedine. Dans la foulée, des centaines de réfugiés se sont engouffrés dans les brèches, en direction de l'Egypte.
L'Egypte s'efforce aujourd'hui de fermer les failles dans sa muraille...

Smaragdos_mur_gaza.jpg

Le mur entre Etats-Unis et Mexique : une affaire rentable

Candidat à l'investiture, M. Giuliani a mis quelques économies dans une société qui construit la muraille de sécurité entre Etats-Unis et Mexique, histoire de récupérer quelques bénéfices futurs... Cette barrière risque d'avoir la vie longue.
Le mur frontière atteindra environ 1 200 km à la fin de l'année 2008 (sur les 3 326 km de la frontière mexicaine). Le système de sécurité hi-tech doit être fournis par l'entreprise Boeing (senseur de détection de mouvement et tours de contrôle)
La construction de ce mur rentre dans le cadre du Secure Fence Act. Un programme mis en place par le ministère de la Sécurité intérieure accompagnera la réalisation de cette ouvrage : le Secure Border Initiative Network (SBInet).
Où comment connecter sécurité et intérêt économique... Cf. L'échec de la guerre en Irak. L'avenir dira si la protection contre la vague d'immigration clandestine mexicaine ne dessert pas l'économie des régions du sud des Etats-Unis, où cette main-d'oeuvre "économique" est recherchée...

Smaragdos_secure_fence_act.gif

Pour en savoir toujours plus...

Un site qui fait le Point sur les murs.
Un livre sur les murs frontières.
Une vidéo et un article sur la chute du Mur de Berlin.
Par Smaragdos - Publié dans : Murailles, murs, frontières
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Lundi 4 février 2008
Afin d'agrémenter ce blog avec des photographies originales, je recherche un photographe qui accepterait de publier quelques unes de ses photos pour illustrer quelques articles.
N'hésitez pas à me contacter et à me montrer quelques unes de vos photographies : smaragdos7@yahoo.fr.
Par Smaragdos - Publié dans : La Tour d'Ivoire de Smaragdos
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