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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Mercredi 2 avril 2008
La bonne affaire de ces dernières années : prêter de l'argent à l'Etat, il ne vous le rendra mais paiera ses intérêts.

En 2007, la dette publique de l'état représente 1 180 000 000 000 € (1 180 milliards d'euros !).
Cela représente 64,6 % du PIB, rien de moins...

Et concernant les intérêts, je ne sais pas s'il faut le dire... parce que 39 milliards d'euros pour l'année 2007, ce n'est pas forcément décent...

Les sources se trouvent sur un site gouvernemental qui s'appelle "Performance publique". Ambitieux ! (A moins que la performance, ce ne soit... non, quand même pas de battre des records de dettes dans l'espoir qu'elle soit effacée un jour ?).

Autre chose à propos des chiffres des rentrées fiscales (et des chiffres en général) : sur le document de Performance Publique, les rentrées fiscales sont plus faibles que celle trouvées dans le Projet de Loi de Finances... On fait clairement dire aux chiffres ce qu'on veut. Il n'y a qu'à voir le petit graphique sur l'évolution de la dette publique (avec quelques dates clés, pour montrer que les autres gouvernements avant, c'était, bah, pas bien).
Par Smaragdos - Publié dans : Le monde aujourd'hui
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Lundi 31 mars 2008
Je sais que vous aimez bien les classements !
Pour 2007, nous avons :

  1. TVA nette : 131 100 000 000 € (tous les zéros, cela fait 135 milliards !!! Nous sommes tous con-cernés par la TVA, même quand on paie l'essence)
  2. Impôt sur le revenu : 56 800 000 000 € (y compris les joueurs de foot, les acteurs, les PDG, etc... sauf tous ceux qui vivent en Suisse ou à Monaco... Et vous, où êtes-vous là dedans ? Si vous payez 1000 € d'impôt sur le revenu, c'est bien déjà vous travaillez, vous représentez moins de 0,000 000 018 % du montant total, bravo !)
  3. Impôt sur les sociétés net : 51 500 000 000 € (les pauvr' z'entreprises qui "payent" vos salaires...)
  4. TIPP : 17 600 000 000 € (distancée, mais c'est déjà bien)
  5. Autres : 11 100 000 000 € (tout le reste).
Ce classement est disponible sur le projet de Loi de Finances 2008, page 16.
Par Smaragdos - Publié dans : Le monde aujourd'hui
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Lundi 31 mars 2008

L'Exxon Valdez - quel gaspillage !!! et puis Valdez, c'est (c'était ?) à voir !!


Mais qui sont les grands gagnants des hausses du prix de pétrole ?
Immédiatement, il vient cette réponse évidente :
  • Les compagnies pétrolières : ça, c'est l'évidence même, car le prix du baril monte en fonction de spéculation et non seulement des coûts réels d'exploitation ;
  • L'Etat : avec les taxes sur l'essence.
En effet, le détail du prix de l'essence, disons du gazole, est organisé ainsi :
  • Brent : le prix du brut de référence pour le monde entier (du nom d'un gisement pétrolier en mer du Nord, au large de l'Ecosse) ; le Brent, c'est le fameux "baril" qui bat des records en dollars (suivi sur le site de l'Industrie).
  • Raffinage : la répercution des coûts de production (+ marge raffineur) ;
  • Distribution : la répercution des coûts de distribution (+ marge distributeur) ;
  • TIPP : Taxe Intérieure de consommation sur les Produits Pétroliers,
  • TVA : ça ne suffisait pas de payer la TIPP, il fallait également payer la célèbre TVA !

L'Etat a beaucoup perdu avec les cigarettes : il paraît que la consommation chute... Il se rattrape avec l'essence...
En dépit des apparences, ce n'est pas le cas : l'Etat perd de l'argent avec l'augmentation du prix du baril !!!

Avant d'aller plus loin, il faut situer à peu près la part de chacun dans le prix d'un litre de gazole :
  • En 2007, les taxes (TIPP + TVA) représentaient 55,3 % du prix du gazole :
    •     0.66 €/l de taxes pour 1.20 €/l
    •     26.54 € de taxes pour un "plein" de 40 l à 48 €
  •  En 2007, les taxes (TIPP + TVA) représentaient 63,6 % du prix du SP95 :
    •     0.89 €/l de taxes pour 1.40 €/l
    •     35.62 € de taxes pour un "plein" de 40 l à 56 €
Juste pour donner une idée... N'oublions que les multinationales empochent l'autre moitié (ou une bonne partie en tout cas) du pactole !

Et pourtant, donc, l'état perd de l'argent depuis que le prix du baril augmente... C'est un peu comme les maisons de disques qui gémissent lorsque les ventes de CD baissent (allez, chutent, on peut le dire), pendant que les ventes de DVD explosent... Non, ce n'est pas pareil... On ne va augmenter les impôts pour autant ! Enfin, pas directement.

La TIPP, une taxe complexe



Oui, alors je n'entrerai pas dans les détails techniques car je les ai à peine saisis, mais il faut savoir que la TIPP est une taxe perçue sur les volumes et non sur les prix. Logique, puisqu'il s'agit d'un montant fixe déterminé chaque année par une Loi de Finances votée par le Parlement.

Deux infos intéressantes :
  • Il existait une taxe nommée IFP (Institut Français du Pétrole, taxe qui était reversée à l'institut, d'où son nom), mais elle a été supprimée en 2003 : en réalité, elle a été intégrée à la TIPP. Cela faisait trop, psychologiquement, d'avoir trois taxes sur le pétrole, il vallait mieux en supprimer une et augmenter d'autant une autre, ça passe mieux ;
  • Si pour 2008, la TIPP est de 60.69 € / 100 l de Supercarburant sans plomb, elle est de 35.90 € / 100 l d'essence pour l'aviation, et elle est exactement de 0.00 € / 100 l pour les carburéacteurs d'avions. Tiens donc...

Puisque la TIPP est indexée sur les volumes, plus le prix du baril augmente, moins les consommateurs consomment et plus l'Etat perd de l'argent. C'est expliqué très clairement de ce rapport sur le suivi de l'impact de la hausse des prix du pétrole sur l'exécution de la loi de finances 2007. Et c'est doublement dommageable puisque la TVA baisse systématiquement en même temps que la consommation. L'Etat "perd" (ne gagne pas) ainsi 359 millions d'euros sur les produits pétroliers en 2007. Argent qu'il va bien falloir trouver ailleurs...

Le Royaume-Uni, un modèle pour la France




Oui, ben alors là non. Le graphique parle de lui-même et il fait un peu peur... On sait où l'Etat anglais va chercher de l'argent ! (pour info, la TIPP est une accise)
Le détail sur le site de l'Industrie, encore ! (Le pire dans tout cela, c'est qu'on ne peut pas dire qu'on est prévenu... Comme quoi, trop d'informations tue l'information)


Par Smaragdos - Publié dans : Le monde aujourd'hui
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Vendredi 28 mars 2008
C'est un constat général. Les gens ne savent plus écrire (vous pourrez même le constater ici même, sur ce blog !). Combien d'articles de journaux comportent des fautes d'orthographe ? (on ne peut décemment pas toujours parler de coquille !) Combien de fautes de grammaire ou combien d'expressions incorrectes voyons-nous dans un monde toujours plus noyé d'information ?
D'abord la peur des angliscismes, la peur des abréviations, la peur des simplifications, la peur du langage sms... On parle d'enlever la cédille car c'est trop compliqué... On veut franciser certains mots car on a peur de ne plus maîtriser notre langue... Ha ! Si nous pauvres français maîtrisions ne serait-ce que l'anglais !!! Ce serait déjà un mal pour un bien... Ou le contraire...
Mais, c'est bien connu, en France, on est nul en langues. En général, on dit cela pour se justifier d'être nul en allemand, de parler comme des chèvres en anglais, de mal utiliser le langage corporel en italien ou de ne pas savoir prononcer "chorizo" en espagnol... Mais à force de croire en notre nullité en langues, et de répéter à tout va "on est nul en langues", la phrase est devenue performative et nous sommes devenu nul en français. J'espère que personne n'a eu l'idée de vouloir faire apprendre le chinois à l'école...




Nuls en français ?

En fait, nuls en général. Le monde bouge (marketing...), le monde change, le monde évolue. On a un peu trop tendance à croire que passage du temps rime avec amélioration et progrès. On représente souvent des graphiques à composante temporelle, avec côté abscisses le temps qui passe et côté ordonnées des valeurs qui partent de zéro (ou d'une référence quelconque) et qui montent, qui montent dans le temps. Parce qu'on n'aime pas se représenter une tendance à la baisse. Bon, on a bien les chiffres du chomage, mais ceux là, ils sont truqués, donc ça compte pas.

En réalité, passage du temps rime aussi avec ... dégradation. On parle de la météo, de la couche d'ozone (oups, non on n'en parle plus de celle-là), de la fonte des glaces au pôle (tant mieux pour les pays arctiques qui vont pouvoir se lancer dans une course aux minerais et au pétrole dans ces fonds inexplorés...) ; on évoque la situation dans le pays, le pouvoir d'achat (c'est marrant cette expression "pouvoir d'achat", on ne se sent puissant, on a l'impression qu'il est nécessaire d'acheter pour exister, mais attention, le pouvoir n'est pas un devoir... cela semble parfois tellement évident qu'on a tendance à nous le faire oublier), la crise des banlieues, le moral des français.
Et puis dans tout cela, il y a nos enfants. Les enfants, c'est l'avenir. Les vieux, ce n'est pas l'avenir, c'est le présent, c'est l'électorat qu'il faut ménager. Les moins vieux travaillent pour nous tous, ils ont d'autres chats à fouetter. Mais les jeunes, ce sont nos retraites. Un jeune = une retraite potentielle. Et si le jeune est un couillon, il n'aura pas un métier qui rapporte des soussous, et donc une mauvaise retraite pour nous tous.
Alors occupons-nous de nos jeunes ! Si tous les jeunes sont des couillons, alors la France ira droit dans le mur. Mais le constat est alarmant, les jeunes sont nuls ; nuls en français (orthographes et grammaires), nuls en mathématiques. Les autres matières, on a pas le temps de les évaluer, mais on imagine très bien que les jeunes français excellent en compostage de sms avec le pouce gauche (ou droit, ou les deux, il y a des surdoués partout), maîtrisent parfaitement l'enregistrement pré-programmés de films sur DVD double couche avec timeshifting activé (alors qu'on vient tout juste de comprendre à quoi servait le show-view sur nos magnétoscopes dont on ne sait plus quoi faire), qu'ils savent rouler une cigarette d'une main tout en téléphonant de l'autre, et qu'ils connaissent toutes les références des pots ninja débridables sur leurs scooters (désolé, mais même quand j'étais jeune naguère, je n'y comprenais rien aux discussions de jeunes).
Le seul hic, c'est qu'on ne les évalue pas sur ces matières-là. Les maths c'est nul et le français c'est ringard.


Ceci est un veau : un peu de culture, ne fait de mal à personne !



Le pouvoir d'achat

Oui, mais il y a le pouvoir d'achat. Jeune, si tu lis ceci, ne te vexe pas. Je sais que si tu es arrivé jusqu'ici, tu n'es pas comme tes pairs. Tu fais partie, peut-être, des 20 % de jeunes qui savent lire (disons 40 % de jeunes qui savent lire cet article spécialement adapté pour eux) et c'est déjà bien.
Saches que si tu sais lire, que tu comprends ce que tu lis, et que tu sais compter (les additions, soustractions et quelques multiplications suffisent), tu as toutes les chances de réussir dans la vie. Enfin, il y a tellement d'autres paramètres, mais ne te décourageons pas.
En revanche, si les mots défilent dans ton esprit comme dans un tétris ultra-complexe et que tu n'arrives pas à les assembler pour en extraire le sens, il y a de fortes chances pour que tu t'endormes très rapidement car tes paupières vont être lourdes, très lourdes... Tu dors peut-être déjà. Ou bien tu es somnambule.

Pourquoi le pouvoir d'achat ? Parce que savoir lire, comprendre et savoir compter, c'est ça le vrai pouvoir d'achat. Comprendre ce qu'on te vends, ce dont tu as besoin, combien tu vas réellement le payer, comment tu vas pouvoir faire des économies, comment tu vas pouvoir gagner de l'argent, combien tu vas pouvoir le gagner, comment on va te le reprendre avec les impôts, pourquoi on va te le reprendre, à quoi ça sert de voter, comment on compte les sièges à l'assemblée, pourquoi tu te fais arnaquer, comment t'as été prévenu pendant tout ce temps (c'était marqué pourtant)... Enfin, tout cela pour te dire que ce qu'on te rabâche avec le français et les maths, cela a un objectif final : te faire devenir un consommateur averti. Et un consommateur averti en vaut deux. C'est salutaire pour toi, c'est malheureusement salutaire pour ceux qui vont te payer et te reprendre ton argent (c'est marrant, chez le fonctionnaire, celui qui donne, c'est celui qui reprend... c'est un peu débile comme système [analyse ce commentaire et essaie de montrer en quoi le commentaire est absurde. Ensuite, récite la table de multiplication de 7 et de 9]).



La DEPP

Heureusement, nos statisticiens de l'éducation nationale comptent pour nous. Ce sont ceux qui ont bien réussi à l'école. Rassures-toi, en étant un bon statisticien, tu peux également travailler dans une salle de marché et être le nouveau trader à la mode de Fleury Merogis, en ayant toi aussi ta propre F-40 et non pas une Corsa d'occasion presque rouillée mais qui n'a que 150 000 km et que tu peux encore faire tirer cinq ou dix ans.
Voilà, jeune, tu peux t'arrêter ici. Tu en sais déjà trop.

La DEPP, c'est la Direction de l'Evaluation, de la Prospective et de la Performance, les statisticiens qui nous régalent de nouveaux chiffres régulièrement. Ils viennent de sortir une note qui tente de montrer objectivement l'évolution du niveau scolaire des élèves en fin de CM2 entre 1987 et 2007. La conclusion semble être affligeante, selon les journalistes du Monde [28.03.2008].
L'Education Nationale est en pleine réflexion sur le programme des écoles primaires et sur la page d'accueil du site, nous sommes invités à participer à cette réflexion sur la nouvelle proposition des programmes. A vous de lire si vous êtes intéressés par cette initiative.
La question est délicate. Cela fait des années que les programmes des primaires sont remis en question. La baisse du niveau scolaire des élèves en entrée de collège à la fin des années 1990 a déjà été constatée par différentes études. Refaire des programmes, c'est bien, mais j'ai l'impression que c'est la solution ressortie régulièrement par les différents ministres pour justifier leur poste ("qu'avez-vous monsieur le Ministre durant tout ce temps ? Hé bien, mon action a conduit à la refonte complète et cohérente des programmes scolaires, ce que mes prédécesseurs n'avaient pas fait, et les résultats ne pourront être visibles que dans quelques années, bien évidemment..." Juste le temps de briguer un autre ministère dans une démarche cohérente pour prendre les gens pour ce qu'ils ne veulent pas être et histoire d'avoir les miches au chaud...).
Tiens, le jeune, puisque tu lis encore, je vais essayer de faire une comparaison débilisante, comme savent le faire nos hommes politiques les plus habiles. Tu vois, faire un nouveau programme scolaire, c'est un peu comme dire : au football, en ligue 1, il faut rester dans les 17 premiers sinon tu passes en ligue 2. Pour cela, tu dis au gardien : "toi, tu arrêtes tous les tirs cadrés", et tu dis aux attaquants : "tu prends le ballon, tu tires et tu marques". Les autres joueurs sont là pour tacler et faire des passes. C'est simple non ? Et bien, c'est ça, la nouvelle proposition de programme scolaire. Ensuite, tu prends un prof d'une classe (pas forcément en difficulté, disons une classe de petits bourgeois issus de la carte scolaire, mais ça marche encore plus facilement avec une classe de banlieue genre neuf trois). Ca, c'est l'entraîneur (genre Paul Le Guen chez les bourgeois, ou Pouliquen chez ceux qui n'ont pas les moyens). Et bien le prof, il a beau dire à ses élèves, tu vois, c'est simple tu fais 3 fois 3 et ça te donne 9, quand ça rentre pas, ça rentre pas (demande à Diané).  Alors, il y a les automatismes, apprendre à répéter les gestes, faire et refaire les mêmes actions (heureusement, l'école ce n'est pas collectif, sinon on ne s'en sortirait jamais), et puis il y a les jours de matches où il faut tout donner. J'espère que tu comprends où je veux en venir, mais je sens que je t'ennuie et que tu t'apprêtes déjà à cliquer sur MSN pour discuter sérieux avec tes potes. D'ailleurs, je suis étonné que tu sois encore là, mais il s'agit sans doute d'une erreur : tu es le somnambule qui voit défiler le tétris de mots dans sa tête, tout s'explique !

Nos retraites

Je crois qu'il va falloir tirer un trait dessus. On ne peut pas vraiment compter sur nos jeunes. Nous ne sommes de toutes manières pas un bon exemple pour eux, nous n'avons ni réussi à les éduquer, ni à les empêcher de jouer à leur jeu vidéo débile, ni leur couper l'envie de participer à des jeux intellectuels comme le Big Deal (quoi ça n'existe déjà plus ??) ou Next (quoi ça existe encore ??).
Nos profs ne réussissent même plus à leur inculquer quoi que ce soit. Les parents n'en parlons pas, leurs profs n'ont pas réussi à en tirer grand chose non plus, à l'époque... Le mal est pire qu'il n'y paraît. Mais bon, tout ce petit monde ne vote pas encore... Il faut juste réussir à leur faire miroiter deux ou trois choses quand ils auront dix-sept ans, et le tour sera joué. Si j'étais homme politique visionnaire, je commencerais à investir dans une retraite en Finlande ou en Norvège, là où les jeunes savent compter et lire (le problème, c'est qu'ils sont aussi nuls que nous en français... d'un autre côté, ce n'est que leur troisième ou quatrième langue).
Par Smaragdos - Publié dans : Le monde aujourd'hui
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Jeudi 6 mars 2008

Le travail au noir légal

Pour certains, il y a deux catégories de pompiers : le vrai et le faux. Le vrai, c'est celui qui est payé par l'Etat – une misère certainement au regard de l'intérêt réel du métier pour la société, mais là, on entre dans un autre débat, celui des primes de risque, celui de l'importance du métier par rapport à l'intérêt de la société, en définitive savoir si être courtier, assureur, banquier, c'est plus important que d'être infirmier, pompier ou policier, car ce n'est pas le même salaire, et mince, ce n'est pas le même employeur non plus ! Tout s'explique…

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Non, ne nous égarons pas, je veux parler du vrai pompier, celui dont c'est le métier, qui cotise pour sa sécurité sociale, pour sa retraite, qui prend des vacances et qui essaie d'oublier son quotidien (quand il en a un) pour vivre mieux.

L'autre pompier, on aura bien du mal à dire que c'est un faux pompier. Mais ce n'est pas un vrai pompier non plus : il fait quelques gardes quand le vrai pompier veut se reposer. Il fait donc les jours de l'an, les noëls et jours fériés, les dimanches, les nuits, enfin tout pour permettre au vrai pompier d'avoir une vie un peu plus normale, une vie de bureau, si c'est ça la normalité, ou une vie qui lui permet de voir sa femme et ses trois enfants. Le pseudo-vrai pompier, c'est un pompier volontaire. Il fait ça parce qu'il a ça dans l'âme (comme le vrai pompier), parce qu'il a besoin d'arrondir ses fins de mois (comme le vrai pompier), ou parce qu'il veut devenir un vrai pompier (c'est la carotte…).

Mais le pseudo-pompier, même s'il touche sa misère comme le vrai, ne cotise pas pour la retraite. Il n'a peut-être même pas de sécurité sociale (mais non ce n'est pas possible ça !). Bref, il n'est même pas imposable. C'est bien me direz-vous…

Le danger de la profession

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Mais tout ça, c'était avant le drame comme on pourrait l'entendre par-ci par-là. Car le pompier volontaire, il brûle comme le vrai pompier. Il peut même mettre parfois la vie de ses collègues en danger (comme le vrai pompier), parce qu'il est moins entraîné (pas comme le vrai pompier qui court et fait des pompes toute la journée, c'est d'ailleurs pour ça qu'on les appelle des "pompiers", c'est parce qu'ils font des pompes), parce qu'il est moins impliqué, parce qu'il est moins lucide.

On ne le répètera jamais assez… L'entraînement, cela sert à adopter les bons réflexes, car le jour où la situation dangereuse se présentera, il y aura tellement de stress qu'on n'aura pas le temps de penser à ce qu'il faut faire… Il faudra réagir par réflexe, par instinct, un instinct maîtrisé par des centaines de séances d'entraînement.

Mais alors pourquoi y a-t-il des pompiers volontaires ?

Bonne question. Parce que cela arrange. S'il n'y avait pas de pompiers volontaires, la situation serait sans doute dégradée, les pompiers n'arrivant à assurer que le strict minimum, c'est-à-dire les cas critiques. Et puis, il faudrait embaucher d'autres pompiers, ce qui coûte cher. C'est ça, les pompiers coûtent chers et cela ne rapporte rien, en terme d'argent. On a dû mal à calculer le retour sur investissement d'une caserne de pompiers (et encore, je suis sûr que certains y arrivent très bien, car il doit bien y avoir des services de comptabilité, de contrôle de gestion, dans tout ça).

Smaragdos_ambulance.jpg

Il faudrait peut-être que quelqu'un arrive à évaluer ce que les pompiers sauvent en biens matériels (mobilier ou immobilier), ce que cela évite de débourser en terme d'assurance, de responsabilité, de frais divers et variés. Non ! C'est diabolique de penser cela ! Car imaginons qu'au bout du compte, on s'aperçoive que les pompiers coûtent plus chers qu'ils ne sauvent d'argent, est-ce qu'on sacrifierait pour autant des vies humaines ? Le raisonnement financier est dangereux…

Reste que tant qu'il y aura des gens pour être pompiers volontaires, ce statut aura la vie longue…

Par Smaragdos - Publié dans : Le monde aujourd'hui
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