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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Vendredi 28 mars 2008
C'est un constat général. Les gens ne savent plus écrire (vous pourrez même le constater ici même, sur ce blog !). Combien d'articles de journaux comportent des fautes d'orthographe ? (on ne peut décemment pas toujours parler de coquille !) Combien de fautes de grammaire ou combien d'expressions incorrectes voyons-nous dans un monde toujours plus noyé d'information ?
D'abord la peur des angliscismes, la peur des abréviations, la peur des simplifications, la peur du langage sms... On parle d'enlever la cédille car c'est trop compliqué... On veut franciser certains mots car on a peur de ne plus maîtriser notre langue... Ha ! Si nous pauvres français maîtrisions ne serait-ce que l'anglais !!! Ce serait déjà un mal pour un bien... Ou le contraire...
Mais, c'est bien connu, en France, on est nul en langues. En général, on dit cela pour se justifier d'être nul en allemand, de parler comme des chèvres en anglais, de mal utiliser le langage corporel en italien ou de ne pas savoir prononcer "chorizo" en espagnol... Mais à force de croire en notre nullité en langues, et de répéter à tout va "on est nul en langues", la phrase est devenue performative et nous sommes devenu nul en français. J'espère que personne n'a eu l'idée de vouloir faire apprendre le chinois à l'école...




Nuls en français ?

En fait, nuls en général. Le monde bouge (marketing...), le monde change, le monde évolue. On a un peu trop tendance à croire que passage du temps rime avec amélioration et progrès. On représente souvent des graphiques à composante temporelle, avec côté abscisses le temps qui passe et côté ordonnées des valeurs qui partent de zéro (ou d'une référence quelconque) et qui montent, qui montent dans le temps. Parce qu'on n'aime pas se représenter une tendance à la baisse. Bon, on a bien les chiffres du chomage, mais ceux là, ils sont truqués, donc ça compte pas.

En réalité, passage du temps rime aussi avec ... dégradation. On parle de la météo, de la couche d'ozone (oups, non on n'en parle plus de celle-là), de la fonte des glaces au pôle (tant mieux pour les pays arctiques qui vont pouvoir se lancer dans une course aux minerais et au pétrole dans ces fonds inexplorés...) ; on évoque la situation dans le pays, le pouvoir d'achat (c'est marrant cette expression "pouvoir d'achat", on ne se sent puissant, on a l'impression qu'il est nécessaire d'acheter pour exister, mais attention, le pouvoir n'est pas un devoir... cela semble parfois tellement évident qu'on a tendance à nous le faire oublier), la crise des banlieues, le moral des français.
Et puis dans tout cela, il y a nos enfants. Les enfants, c'est l'avenir. Les vieux, ce n'est pas l'avenir, c'est le présent, c'est l'électorat qu'il faut ménager. Les moins vieux travaillent pour nous tous, ils ont d'autres chats à fouetter. Mais les jeunes, ce sont nos retraites. Un jeune = une retraite potentielle. Et si le jeune est un couillon, il n'aura pas un métier qui rapporte des soussous, et donc une mauvaise retraite pour nous tous.
Alors occupons-nous de nos jeunes ! Si tous les jeunes sont des couillons, alors la France ira droit dans le mur. Mais le constat est alarmant, les jeunes sont nuls ; nuls en français (orthographes et grammaires), nuls en mathématiques. Les autres matières, on a pas le temps de les évaluer, mais on imagine très bien que les jeunes français excellent en compostage de sms avec le pouce gauche (ou droit, ou les deux, il y a des surdoués partout), maîtrisent parfaitement l'enregistrement pré-programmés de films sur DVD double couche avec timeshifting activé (alors qu'on vient tout juste de comprendre à quoi servait le show-view sur nos magnétoscopes dont on ne sait plus quoi faire), qu'ils savent rouler une cigarette d'une main tout en téléphonant de l'autre, et qu'ils connaissent toutes les références des pots ninja débridables sur leurs scooters (désolé, mais même quand j'étais jeune naguère, je n'y comprenais rien aux discussions de jeunes).
Le seul hic, c'est qu'on ne les évalue pas sur ces matières-là. Les maths c'est nul et le français c'est ringard.


Ceci est un veau : un peu de culture, ne fait de mal à personne !



Le pouvoir d'achat

Oui, mais il y a le pouvoir d'achat. Jeune, si tu lis ceci, ne te vexe pas. Je sais que si tu es arrivé jusqu'ici, tu n'es pas comme tes pairs. Tu fais partie, peut-être, des 20 % de jeunes qui savent lire (disons 40 % de jeunes qui savent lire cet article spécialement adapté pour eux) et c'est déjà bien.
Saches que si tu sais lire, que tu comprends ce que tu lis, et que tu sais compter (les additions, soustractions et quelques multiplications suffisent), tu as toutes les chances de réussir dans la vie. Enfin, il y a tellement d'autres paramètres, mais ne te décourageons pas.
En revanche, si les mots défilent dans ton esprit comme dans un tétris ultra-complexe et que tu n'arrives pas à les assembler pour en extraire le sens, il y a de fortes chances pour que tu t'endormes très rapidement car tes paupières vont être lourdes, très lourdes... Tu dors peut-être déjà. Ou bien tu es somnambule.

Pourquoi le pouvoir d'achat ? Parce que savoir lire, comprendre et savoir compter, c'est ça le vrai pouvoir d'achat. Comprendre ce qu'on te vends, ce dont tu as besoin, combien tu vas réellement le payer, comment tu vas pouvoir faire des économies, comment tu vas pouvoir gagner de l'argent, combien tu vas pouvoir le gagner, comment on va te le reprendre avec les impôts, pourquoi on va te le reprendre, à quoi ça sert de voter, comment on compte les sièges à l'assemblée, pourquoi tu te fais arnaquer, comment t'as été prévenu pendant tout ce temps (c'était marqué pourtant)... Enfin, tout cela pour te dire que ce qu'on te rabâche avec le français et les maths, cela a un objectif final : te faire devenir un consommateur averti. Et un consommateur averti en vaut deux. C'est salutaire pour toi, c'est malheureusement salutaire pour ceux qui vont te payer et te reprendre ton argent (c'est marrant, chez le fonctionnaire, celui qui donne, c'est celui qui reprend... c'est un peu débile comme système [analyse ce commentaire et essaie de montrer en quoi le commentaire est absurde. Ensuite, récite la table de multiplication de 7 et de 9]).



La DEPP

Heureusement, nos statisticiens de l'éducation nationale comptent pour nous. Ce sont ceux qui ont bien réussi à l'école. Rassures-toi, en étant un bon statisticien, tu peux également travailler dans une salle de marché et être le nouveau trader à la mode de Fleury Merogis, en ayant toi aussi ta propre F-40 et non pas une Corsa d'occasion presque rouillée mais qui n'a que 150 000 km et que tu peux encore faire tirer cinq ou dix ans.
Voilà, jeune, tu peux t'arrêter ici. Tu en sais déjà trop.

La DEPP, c'est la Direction de l'Evaluation, de la Prospective et de la Performance, les statisticiens qui nous régalent de nouveaux chiffres régulièrement. Ils viennent de sortir une note qui tente de montrer objectivement l'évolution du niveau scolaire des élèves en fin de CM2 entre 1987 et 2007. La conclusion semble être affligeante, selon les journalistes du Monde [28.03.2008].
L'Education Nationale est en pleine réflexion sur le programme des écoles primaires et sur la page d'accueil du site, nous sommes invités à participer à cette réflexion sur la nouvelle proposition des programmes. A vous de lire si vous êtes intéressés par cette initiative.
La question est délicate. Cela fait des années que les programmes des primaires sont remis en question. La baisse du niveau scolaire des élèves en entrée de collège à la fin des années 1990 a déjà été constatée par différentes études. Refaire des programmes, c'est bien, mais j'ai l'impression que c'est la solution ressortie régulièrement par les différents ministres pour justifier leur poste ("qu'avez-vous monsieur le Ministre durant tout ce temps ? Hé bien, mon action a conduit à la refonte complète et cohérente des programmes scolaires, ce que mes prédécesseurs n'avaient pas fait, et les résultats ne pourront être visibles que dans quelques années, bien évidemment..." Juste le temps de briguer un autre ministère dans une démarche cohérente pour prendre les gens pour ce qu'ils ne veulent pas être et histoire d'avoir les miches au chaud...).
Tiens, le jeune, puisque tu lis encore, je vais essayer de faire une comparaison débilisante, comme savent le faire nos hommes politiques les plus habiles. Tu vois, faire un nouveau programme scolaire, c'est un peu comme dire : au football, en ligue 1, il faut rester dans les 17 premiers sinon tu passes en ligue 2. Pour cela, tu dis au gardien : "toi, tu arrêtes tous les tirs cadrés", et tu dis aux attaquants : "tu prends le ballon, tu tires et tu marques". Les autres joueurs sont là pour tacler et faire des passes. C'est simple non ? Et bien, c'est ça, la nouvelle proposition de programme scolaire. Ensuite, tu prends un prof d'une classe (pas forcément en difficulté, disons une classe de petits bourgeois issus de la carte scolaire, mais ça marche encore plus facilement avec une classe de banlieue genre neuf trois). Ca, c'est l'entraîneur (genre Paul Le Guen chez les bourgeois, ou Pouliquen chez ceux qui n'ont pas les moyens). Et bien le prof, il a beau dire à ses élèves, tu vois, c'est simple tu fais 3 fois 3 et ça te donne 9, quand ça rentre pas, ça rentre pas (demande à Diané).  Alors, il y a les automatismes, apprendre à répéter les gestes, faire et refaire les mêmes actions (heureusement, l'école ce n'est pas collectif, sinon on ne s'en sortirait jamais), et puis il y a les jours de matches où il faut tout donner. J'espère que tu comprends où je veux en venir, mais je sens que je t'ennuie et que tu t'apprêtes déjà à cliquer sur MSN pour discuter sérieux avec tes potes. D'ailleurs, je suis étonné que tu sois encore là, mais il s'agit sans doute d'une erreur : tu es le somnambule qui voit défiler le tétris de mots dans sa tête, tout s'explique !

Nos retraites

Je crois qu'il va falloir tirer un trait dessus. On ne peut pas vraiment compter sur nos jeunes. Nous ne sommes de toutes manières pas un bon exemple pour eux, nous n'avons ni réussi à les éduquer, ni à les empêcher de jouer à leur jeu vidéo débile, ni leur couper l'envie de participer à des jeux intellectuels comme le Big Deal (quoi ça n'existe déjà plus ??) ou Next (quoi ça existe encore ??).
Nos profs ne réussissent même plus à leur inculquer quoi que ce soit. Les parents n'en parlons pas, leurs profs n'ont pas réussi à en tirer grand chose non plus, à l'époque... Le mal est pire qu'il n'y paraît. Mais bon, tout ce petit monde ne vote pas encore... Il faut juste réussir à leur faire miroiter deux ou trois choses quand ils auront dix-sept ans, et le tour sera joué. Si j'étais homme politique visionnaire, je commencerais à investir dans une retraite en Finlande ou en Norvège, là où les jeunes savent compter et lire (le problème, c'est qu'ils sont aussi nuls que nous en français... d'un autre côté, ce n'est que leur troisième ou quatrième langue).
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Jeudi 6 mars 2008

Le travail au noir légal

Pour certains, il y a deux catégories de pompiers : le vrai et le faux. Le vrai, c'est celui qui est payé par l'Etat – une misère certainement au regard de l'intérêt réel du métier pour la société, mais là, on entre dans un autre débat, celui des primes de risque, celui de l'importance du métier par rapport à l'intérêt de la société, en définitive savoir si être courtier, assureur, banquier, c'est plus important que d'être infirmier, pompier ou policier, car ce n'est pas le même salaire, et mince, ce n'est pas le même employeur non plus ! Tout s'explique…

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Non, ne nous égarons pas, je veux parler du vrai pompier, celui dont c'est le métier, qui cotise pour sa sécurité sociale, pour sa retraite, qui prend des vacances et qui essaie d'oublier son quotidien (quand il en a un) pour vivre mieux.

L'autre pompier, on aura bien du mal à dire que c'est un faux pompier. Mais ce n'est pas un vrai pompier non plus : il fait quelques gardes quand le vrai pompier veut se reposer. Il fait donc les jours de l'an, les noëls et jours fériés, les dimanches, les nuits, enfin tout pour permettre au vrai pompier d'avoir une vie un peu plus normale, une vie de bureau, si c'est ça la normalité, ou une vie qui lui permet de voir sa femme et ses trois enfants. Le pseudo-vrai pompier, c'est un pompier volontaire. Il fait ça parce qu'il a ça dans l'âme (comme le vrai pompier), parce qu'il a besoin d'arrondir ses fins de mois (comme le vrai pompier), ou parce qu'il veut devenir un vrai pompier (c'est la carotte…).

Mais le pseudo-pompier, même s'il touche sa misère comme le vrai, ne cotise pas pour la retraite. Il n'a peut-être même pas de sécurité sociale (mais non ce n'est pas possible ça !). Bref, il n'est même pas imposable. C'est bien me direz-vous…

Le danger de la profession

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Mais tout ça, c'était avant le drame comme on pourrait l'entendre par-ci par-là. Car le pompier volontaire, il brûle comme le vrai pompier. Il peut même mettre parfois la vie de ses collègues en danger (comme le vrai pompier), parce qu'il est moins entraîné (pas comme le vrai pompier qui court et fait des pompes toute la journée, c'est d'ailleurs pour ça qu'on les appelle des "pompiers", c'est parce qu'ils font des pompes), parce qu'il est moins impliqué, parce qu'il est moins lucide.

On ne le répètera jamais assez… L'entraînement, cela sert à adopter les bons réflexes, car le jour où la situation dangereuse se présentera, il y aura tellement de stress qu'on n'aura pas le temps de penser à ce qu'il faut faire… Il faudra réagir par réflexe, par instinct, un instinct maîtrisé par des centaines de séances d'entraînement.

Mais alors pourquoi y a-t-il des pompiers volontaires ?

Bonne question. Parce que cela arrange. S'il n'y avait pas de pompiers volontaires, la situation serait sans doute dégradée, les pompiers n'arrivant à assurer que le strict minimum, c'est-à-dire les cas critiques. Et puis, il faudrait embaucher d'autres pompiers, ce qui coûte cher. C'est ça, les pompiers coûtent chers et cela ne rapporte rien, en terme d'argent. On a dû mal à calculer le retour sur investissement d'une caserne de pompiers (et encore, je suis sûr que certains y arrivent très bien, car il doit bien y avoir des services de comptabilité, de contrôle de gestion, dans tout ça).

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Il faudrait peut-être que quelqu'un arrive à évaluer ce que les pompiers sauvent en biens matériels (mobilier ou immobilier), ce que cela évite de débourser en terme d'assurance, de responsabilité, de frais divers et variés. Non ! C'est diabolique de penser cela ! Car imaginons qu'au bout du compte, on s'aperçoive que les pompiers coûtent plus chers qu'ils ne sauvent d'argent, est-ce qu'on sacrifierait pour autant des vies humaines ? Le raisonnement financier est dangereux…

Reste que tant qu'il y aura des gens pour être pompiers volontaires, ce statut aura la vie longue…

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Dimanche 2 mars 2008
C'est un nom Viking à la Leif Ericson, ça !
Le Svalbard, c'est l'archipel où se trouve la fameuse île de Spitzberg que les pseudo-explorateurs connaissent très bien (les catalogues des clubs d'aventure regorgent d'expédition dans le froid de ces somptueuses îles qui dépendent du royaume de Norvège). C'est un peu ce qu'on peut trouver de plus au nord en Europe, avec le Groenland.

Le Svalbard Global Seed Vault, c'est une énorme chambre forte, dans laquelle on a enfermé une grande diversité des graines de toutes les cultures vivières de la planète afin de préserver la diversité génétique.
Ce sera mieux expliqué ici.

Smaragdos_Svalbard.jpg
Bon, cela semble être une bonne idée. On ne sait jamais ce qui peut se passer... Une catastrophe est si vite arrivée...

Intéressons-nous au financement quand même, parce que ça n'est sûrement pas gratuit tout ça... Alors, nous avons :
- le Ministère des Affaires Etrangères de la Norvège,
- le Ministère de l'Environnement de la Norvège,
- le Ministère de l'Agriculture et de la Nourriture de la Norvège.

Ca, c'est la version officielle du site norvégien. Ajoutons à cela :
- le Directoire de la Propriété et de la Construction Publique : construction et gestion opérationnelle de la chambre forte,
- La Nordic Gene Bank, qui sera responsable de la gestion de la chambre forte,
- Le Gouverneur de Svalbard, qui aura la responsabilité de la sécurité du site,
- Le Global Crop Diversity Trust, qui fournira les conseils scientifiques et une assistance dans la conservation des graines. Ah, au fait, il financera aussi une large partie de la gestion de la chambre forte.

Oh, ce n'est qu'un détail. Au fait, c'est quoi ce trust ? Juste une association pour s'assurer de la conservation et la disponibilité de la diversité des cultures. Le site précise tout de même que la lutte contre la faim est un des plus grands challenges auquel le monde va faire face dans les prochaines décennies ! Merci pour l'information ! J'aurais plutôt dit que cela fait une éternité que la lutte pour la faim fait rage et que c'est l'une des préoccupations de l'humanité depuis quelques temps maintenant...
En gros, le site justifie la chambre forte par les risques suivants (au fait, il faut que je fasse un article sur la société des risques, une théorie désormais ancienne, mais on est en plein dedans) :
- la faim dans le monde,
- les catastrophes climatiques qui peuvent détruire toutes les récoltes.

Je n'ai bizarrement pas vu de maladie mondiale qui ravagerait les récoltes parmi les risques. On a tendance à oublier l'essentiel quand on raconte n'importe quoi...
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Le Trust s'est fixé quelques objectifs intéressants : éradiquer l'extrême pauvreté et la faim dans le monde ou développer un partenariat mondial pour le développement... Bon, qui finance tout ça ? Les dons ? Ha, mais qui donne alors ?
Tout est sur cette page (cliquez sur le lien pdf mis à jour régulièrement en bas de page. Le nom du fichier pdf dépend de la mise à jour et je ne peux donc pas faire de lien direct). Au 28 Février 2008, nous retrouvons parmi les donateurs :
- des pays (Australie, Brésil, Canada, Colombie, Egype, Ethiopie, Inde, Irlande, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suède, Suisse, USA). Pas de France pour le moment...
- des fondations,
- des entreprises,
- des groupements / associations.

Parmi les fondations, nous retrouvons, à hauteur de près de 30 millions de dollars (environ 20 % de la somme totale pour le moment ! et plus que 5 ou 6 pays réunis...), la Fondation Bill & Melinda Gates. Que fait-on de ses économies quand on est archi-milliardaire ? On gaspille... Heureusement que Bill Gates n'a plus rien du visionnaire qu'il fût... Mais enfin, ce choix est surprenant...
Autres fondations : la Gatsby Charitable Foundation (UK), la Gordon & Betty Moore Foundation, la Rockefeller Foundation, la Syngenta Foundation et la Fondation des Nations Unies. Tiens, la Fondation Syngenta a mis env. 245.000 $ dans l'histoire...

Et 1.000.000 $ en tant qu'entreprise (Syngenta AG)... Ouf ! On comprend mieux. "Un leader mondial de l'agro-industrie" comme elle se présente sur son site internet. On y apprend que Syngenta mise sur l'Egypte. Marrant, l'Egypte a justement versé 166.000 $ au Svalbard Global Seed Vault ! C'est que c'était bizarre ce versement. Autant, la Norvège, je comprends, c'est chez eux. La Suède aussi, ils sont inséparables tous les deux. L'Ethiopie, on imagine qu'ils sont là pour en profiter, c'est normal. C'est déjà bien de participer. Restent quelques pays comme le Brésil, la Colombie ou la Nouvelle-Zélande. Facile, Syngeta réalise de nombreuses actions au Brésil ou en Colombie.
Syngenta, c'est un "Board of Directors" composé notamment de Rupert Gasser (ancien vice-président de Nestlé), Peggy Bruzelius (suédoise, notamment membre de l'Académie Royale Suédoise des Sciences de l'Ingénieur), Pierre Landolt (vice directeur de la Fondation du Festival de Jazz de Montreux, mais surtout président de l'Institut Jurema de Pesquisa au Brésil), Peter Thompson (un des grands pontes de PepsiCo International pendant des années), Jacques Vincent (vice directeur du groupe Danone) et quelques suisses, notamment.
Intéressant ce groupe mondial... enfin, suisse...
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Syngenta a récemment fait la une des journaux pour les faits suivants :
  • usage des OGM dans une zone protégée du Brésil (voir le lien avec le Brésil ! ) [Source, à vérifier],
  • la culture de la betterave transgénique aux USA [Source, à vérifier],
  • tentative de faire rentrer du maïs transgénique interdit en Europe,
  • mise au point du riz transgénique et critique sur l'incitation à la monoculture dans certaines régions du monde [Source, à vérifier],
  • fabrication de l'insecticide d'enrobage des semences de maïs, le Cruiser, très contesté par les apiculteurs français. A noter que "la molécule active utilisée, le thiamétoxam, appartient à la famille des neurotoxiques" [AFP, 21/02/2008],
  • l'affaire Paraquat, pesticide très toxique utilisé sans précaution en Guadeloupe [Source, à vérifier].
Syngenta a déjà travaillé avec la fondation Bill & Melinda Gates sur d'autres programmes. Aujourd'hui, quand on met de l'argent quelque part, quand on est une fondation (encore plus quand on est un grand groupe), on sert une cause (souvent économique). Il reste juste à savoir laquelle...
Quand on creuse, on trouve toujours quelque chose...


Les deux autres groupes à investir dans le projet sont :
- Dupont / Pioneer Hi Bred (industriel qui fabrique des OGM),
- Grains Research & Development Corporation (un groupe Australien qui a mis au point du blé transgénique).

Le Svalbard Global Seed Vault est alors un projet de conservation des graines du monde entier, les graines originales, un genre de musée, car quand il n'y aura plus que des graines OGM, on aura peut-être toujours besoin des originales, on ne sait jamais, s'il faut un jour revendre les "vrais" graines à des prix défiants toute concurrence... Il y a toujours une idée derrière un projet...
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Dimanche 2 mars 2008
Est-on trop nombreux sur Terre ?

C'est bien ce que nous serions tenter de penser au regard de l'augmentation délirante du prix de la nourriture, car nous sommes de plus en plus nombreux et la production de nourriture ne suit pas. Et comment, ne suit-elle pas ? Ne sommes nous pas capable aujourd'hui de produire plus que jamais auparavant dans l'histoire de l'humanité ?
On voit des scènes de gaspillage assez régulièrement (pommes déversées par les camions des paysans, qui préfèrent gaspiller plutôt que donner ou vendre, car cela leur reviendrait trop cher). Une des scènes les plus courantes se passe dans votre supermarché : combien de produits abîmés, entamés puis laissés dans le rayon, pris dans le rayon surgelé puis reposé près de la caisse, ne voyons-nous pas tous les jours ? Ce n'est qu'une goutte d'eau, mais  si on compte, disons 2 produits  abandonnés en 1 heure de course, cela donne facilement 20 produits par jour ; et si on compte, pour une région comme la Franche-Comté environ 220 grandes surfaces, cela donne : 20 x 220 = 4400 produits par jour par région. 22 régions en France, 312 jours d'ouvertures pour les magasins par an, et on obtient un savant calcul : 4400 x 22 x 312 = 30 201 600 produits gaspillés par an.
Ce calcul n'a pas probablement pas d'autre sens que de donner un ordre de grandeur totalement erroné de la situation du gaspillage au quotidien, mais cela n'a rien d'aberrant de penser que tous les ans, on gaspille 30 millions de produits. Je crois qu'on est bien loin du compte et le chiffre réel s'estimerait plutôt en centaines de millions, car on ne voit pas le gaspillage réel.

Tout ceci n'est rien. Ce n'est qu'une goutte d'eau comme tenu de la situation mondiale. Tout le monde a peur de se retrouver dans la situation d'une île comme le Japon qui paye sa viande au 100 g (10 € les 100 g pour du boeuf, cela fait peur, mais nous y arrivons), ou comme la Corée, qui a force de bourrer ses boeufs d'antibiotiques augmente ses coûts de production (c'est fou, mais c'est très probable). Que dire de la Blanc Bleue Belge, est-elle aussi bourrée de médicaments ? Nous nous égarons pas...
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Une question de démographie

La question est tout autant une question de démographie, qu'une question de coût de production ou encore une question de consommation. Ne voit-on pas la dérive dans nos pays occidentaux où chaque repas ou presque devient un véritable festin ? C'est bien, nous ne sommes plus obligés, comme nos grands parents, de nous poser la question de savoir ce que nous allons manger... enfin, si on se la pose toujours, mais juste pour savoir quel plat nous allons faire parmi d'autres, et non pas où nous allons trouver de la nourriture.

Quant aux coûts de production, ils augmentent  "naturellement" avec le reste : prix de l'eau, de l'essence, de tout ce qui peut faire pousser ou grandir le produit (et si c'est naturel ou bio, alors c'est plus cher naturellement car c'est plus dur à faire pousser ou grandir et donc c'est plus rare). C'est la loi de l'offre et de la demande.

Mais si c'est le prix pour éradiquer la faim dans le monde (et encore, si seulement !), alors nous sommes tous prêt à le payer. Ce n'est malheureusement pas le cas : même le Programme Alimentaire Mondiale connaît une grave crise avec l'augmentation des prix de la nourriture ; et son existence seule suffit à expliquer les manques dans les pays en voie de développement, comme on peut encore les appeler... Aujourd'hui, il n'y a plus de terre à découvrir, mais inutile d'aller dans l'espace, il reste encore de la terre à peupler. Les hommes sont concentrés sur les zones côtières du monde. Ce n'est pas ça. Pas une question de place. Une question de répartition plutôt.

Nous sommes avertis. Frédéric Lemaître, éditorialiste du journal Le Monde, tire la sonnette d'alarme dans un article.

Quelles sont les solutions pour que le monde mange à sa faim ?

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Vendredi 29 février 2008
Encore une oeuvre détruite ?

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2008 coïncide avec le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Et voilà que l'ONU pourrait mettre un terme à cette même déclaration, cette année. Pas directement bien entendu. Mais depuis l'inauguration d'un Conseil des Droits de l'Homme, le CDH, en juin 2006, on assiste à une dérive du principe d'universalité des droits de l'homme.
Et il se dit même  que « l'élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d'une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l'homme", la mise à mort de l'universalité des droits. » [Le Monde, 27.02.2008, L'ONU contre les droits de l'homme].

Pour information : la France est membre du CDH pour l'année 2008.

Comment fonctionne cette organisation avec toutes ses ramifications ?

 
L'actuelle Haut-Commissaire du HCDH (Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme) est Louise Arbour (biographie en anglais). Pour comprendre les rouages d'un système comme l'ONU, il faut étudier le fonctionnement de près ! Ici, le Senior Management Group... avec la liste de tous les secrétaires généraux adjoints.
On retrouve à peu près toujours la même organisation, dans les multinationales ou dans les institutions. Il semble également qu'il n'y ait aucune visibilité, à notre niveau de simple citoyen, de ce qui est fait (ou de ce qui n'est pas fait) par une institution comme l'ONU qui engouffre chaque année des milliards de dollars... Je n'ose même pas imaginer les frais de fonctionnement de l'ONU (genre frais d'expédition, de papiers / stylos, d'hôtels, de déplacements, etc... et sans compter les nécessaires interventions dans les pays à risque, avec garde du corps et véhicules blindés !). Il est dit que, sur le site de l'UNAC, que les frais de fonctionnement totaux de l'ONU s'élèvent à 24.3 milliards de dollars par an, en tenant compte du FMI, de la Banque Mondiale et de tous les fonds...

Trop d'informations tue l'information

Demandez à n'importe quel citoyen comment fonctionne l'ONU (y compris à moi-même) et vous comprendrez qu'à moins d'avoir fait des études spécialisées en droit international par exemple, la grande majorité des citoyens ont une vision complètement opaque du fonctionnement de cette organisation internationale. Les anciens media de masse (télévision, et à une moindre mesure radio) ne relaient pas correctement les informations qui permettraient de comprendre le monde.
Ce qui plaît, en général, ce sont :
  • les petites phrases des politiques,
  • les faits anodins aux petites conséquences,
  • les grands crimes, procès,
  • les catastrophes naturelles,
On traite l'information de manière partielle : grosse diffusion (sans explication, bien sûr, sinon on risquerait de comprendre) pendant une période plus ou moins courte, puis plus rien, même pas les résultats des évènements ! Qui se souvient, par exemple, du SRAS (ou pneumopathie atypique) qui a fait la une des informations pendant plusieurs semaines en France particulièrement... Qui saurait dire comment le mal a été éradiqué ?
Ne vous inquiétez pas, il n'a pas été éradiqué, il court toujours et reviendra un jour. Il ne sert à rien de trop informer les gens...

Et quid des interventions de l'ONU. Combien de citoyens comprennent les évènements au Tchad, au Kosovo, en Afghanistan, en Iran ?
Moi-même, je ne comprends pas.
par Smaragdos publié dans : Oeuvres détruites
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