Le travail au noir légal
Pour certains, il y a deux catégories de pompiers : le vrai et le faux. Le vrai, c'est celui qui est payé par
l'Etat – une misère certainement au regard de l'intérêt réel du métier pour la société, mais là, on entre dans un autre débat, celui des primes de risque, celui de l'importance du métier par
rapport à l'intérêt de la société, en définitive savoir si être courtier, assureur, banquier, c'est plus important que d'être infirmier, pompier ou policier, car ce n'est pas le même salaire, et
mince, ce n'est pas le même employeur non plus ! Tout s'explique…
Non, ne nous égarons pas, je veux parler du vrai pompier, celui dont c'est le métier, qui cotise pour sa sécurité
sociale, pour sa retraite, qui prend des vacances et qui essaie d'oublier son quotidien (quand il en a un) pour vivre mieux.
L'autre pompier, on aura bien du mal à dire que c'est un faux pompier. Mais ce n'est pas un vrai pompier non plus
: il fait quelques gardes quand le vrai pompier veut se reposer. Il fait donc les jours de l'an, les noëls et jours fériés, les dimanches, les nuits, enfin tout pour permettre au vrai pompier
d'avoir une vie un peu plus normale, une vie de bureau, si c'est ça la normalité, ou une vie qui lui permet de voir sa femme et ses trois enfants. Le pseudo-vrai pompier, c'est un pompier
volontaire. Il fait ça parce qu'il a ça dans l'âme (comme le vrai pompier), parce qu'il a besoin d'arrondir ses fins de mois (comme le vrai pompier), ou parce qu'il veut devenir un vrai pompier
(c'est la carotte…).
Mais le pseudo-pompier, même s'il touche sa misère comme le vrai, ne cotise pas pour la retraite. Il n'a peut-être
même pas de sécurité sociale (mais non ce n'est pas possible ça !). Bref, il n'est même pas imposable. C'est bien me direz-vous…
Le danger de la profession
Mais tout ça, c'était avant le drame comme on pourrait l'entendre par-ci par-là. Car le pompier volontaire, il
brûle comme le vrai pompier. Il peut même mettre parfois la vie de ses collègues en danger (comme le vrai pompier), parce qu'il est moins entraîné (pas comme le vrai pompier qui court et fait des
pompes toute la journée, c'est d'ailleurs pour ça qu'on les appelle des "pompiers", c'est parce qu'ils font des pompes), parce qu'il est moins impliqué, parce qu'il est moins
lucide.
On ne le répètera jamais assez… L'entraînement, cela sert à adopter les bons réflexes, car le jour où la situation
dangereuse se présentera, il y aura tellement de stress qu'on n'aura pas le temps de penser à ce qu'il faut faire… Il faudra réagir par réflexe, par instinct, un instinct maîtrisé par des
centaines de séances d'entraînement.
Mais alors pourquoi y a-t-il des pompiers volontaires ?
Bonne question. Parce que cela arrange. S'il n'y avait pas de pompiers volontaires, la situation serait sans doute
dégradée, les pompiers n'arrivant à assurer que le strict minimum, c'est-à-dire les cas critiques. Et puis, il faudrait embaucher d'autres pompiers, ce qui coûte cher. C'est ça, les pompiers
coûtent chers et cela ne rapporte rien, en terme d'argent. On a dû mal à calculer le retour sur investissement d'une caserne de pompiers (et encore, je suis sûr que certains y arrivent très bien,
car il doit bien y avoir des services de comptabilité, de contrôle de gestion, dans tout ça).
Il faudrait peut-être que quelqu'un arrive à évaluer ce que les pompiers sauvent en biens matériels (mobilier ou
immobilier), ce que cela évite de débourser en terme d'assurance, de responsabilité, de frais divers et variés. Non ! C'est diabolique de penser cela ! Car imaginons qu'au bout du compte, on
s'aperçoive que les pompiers coûtent plus chers qu'ils ne sauvent d'argent, est-ce qu'on sacrifierait pour autant des vies humaines ? Le raisonnement financier est dangereux…
Reste que tant qu'il y aura des gens pour être pompiers volontaires, ce statut aura la vie longue…