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Si au début, je consignais sur ces pages tout ce qui se rapportait au travail de la mémoire, de la conservation des oeuvres aux mécanismes du souvenir, ou du moins tel était le fil conducteur de ce blog, il se transforme petit à petit, peut-être prend forme au fil de mes lectures, de mes rencontres. Il y a de tout, c'est probablement un fourre-tout, mais chacun y trouvera matière à réflexion sur le monde qui nous entoure, avec, toujours en regard le passé et ce monde que nous ne connaîtrons plus.

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Lundi 12 mai 2008


Le Myanmar - que les media français s'obstinent encore à nommer "Birmanie" - a été touché de plein fouet par un cyclone d'une violence inouÏe (pour rendre les phénomènes météorologiques un peu moins méchants, on leur donne des prénoms gentils : ici c'est le vilain Nargis qui a causé tant de morts).

Selon le FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), ce sont les régions qui constituent le grenier alimentaire du Myanmar qui ont été les plus sévèrement touchées. De quoi inquiéter dans un climat déjà sensible sur le plan alimentaire mondial.
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Mercredi 7 mai 2008

J'entends un peu partout l'expression "crise des subprimes" dans les medias radio (sûrement télévisé également) mais à aucun moment je n'ai entendu d'explication satisfaisante. Bien sûr, j'ai compris qu'il s'agit d'une crise de l'immobilier aux USA et que les crédits contractés par certains américains ont conduits à la banqueroute d'organismes financiers. Mais comment tout cela s'est-il goupillé ?

 


Qu'est-ce qu'un crédit subprime ?

S'il n'y a pas de définition unique d'un crédit subprime, l'AMF considère qu'il s'agit d'un "crédit hypothécaire consenti à des emprunteurs présentant un niveau de risque supérieur à celui de l'emprunteur traditionnel, soit du fait d'une incapacité à gérer leurs finances personnelles, soit parce que leur capacité de remboursement a été compromise par des évènements adverses." (Revue Mensuelle de l'Autorité des Marchés Financiers, n°44, Février 2008).

Environ 80% des crédits subprime sont à taux variable : ce sont les crédits ARM (Adjustable-Rate Mortgage), sur 30 ans, consentis à taux fixe pour la première année («1/29») ou pour les deux premières années («2/28»). Le taux fixe initial est souvent plus bas que la moyenne du marché : un trompe-l'œil finalement efficace, explicitement nommé Teaser rate, ou plus subtilement Initial Rate Discount. Le reste du prêt est un taux variable de type Libor US 6 mois, avec une marge pour la banque.

Si plusieurs critères formels permettent de définir un crédit comme étant subprime existent (Loan to Value, ratio dette / revenu), le score FICO (Fair Isaac Corporation) semble tenir la corde pour définir la catégorie du crédit. Le score FICO est une échelle calculée à partir de l'historique de crédit de l'emprunteur – ce qui incite au passage les banques à conserver l'historique de toutes les opérations bancaires des clients. Si le score de l'emprunteur est inférieur à 620, sur une échelle de 300 à 850, alors son crédit hypothécaire est qualifié de subprime.

Les crédits subprime et les autres…

Au Etats-Unis, il n'existe pas que les crédits subprime. Deux autres types de prêts sont considérés non-conformes parce qu'ils ne bénéficient pas de garantie de la part des agences gouvernementales :

  • les prêts Alt-A, dont le niveau de risque est légèrement inférieur aux crédits subprime,
  • les prêts Jumbo qui permettent des emprunts d'un montant élevé.

Ces trois types de crédits (subprime, Alt-A, Jumbo) ont été accordés généreusement dans un contexte de fort dynamisme de l'immobilier aux Etats-Unis. Pendant une bonne décennie, les prix de l'immobilier ont progressé entraînant avec eux l'augmentation des crédits des ménages (13 % de croissance par an entre 2000 et 2006). Parmi ces crédits, le type subprime a littéralement explosé, composant 12 % du total des crédits immobiliers des ménages à la fin de l'année 2006.

La folie des banquiers ?

On peut se demander ce qui pousse les banquiers à accorder des crédits aussi risqués, sur des sommes aussi importantes (un achat immobilier !) : les banquiers sont-ils tombés sur la tête pour accepter cela ? Non, bien sûr. Rien n'est simple quand on commence à mettre le nez dans les histoires financières. La complexité du secteur rebute certainement le commun des mortels, ce qui permet à ceux qui connaissent parfaitement les rouages du système de s'en mettre plein les poches (cf. affaire Wendel en France).

Aussi, les banquiers bénéficiaient de la possibilité de titriser les créances nouvelles au moyens des RMBS (Residential Mortgage Backed Securities) : les établissements à l'origine du prêts pouvaient alors mieux gérer le risque de crédit et de se séparer des risques de non remboursement liés aux prêts de mauvaise qualité, si nécessaire. Cette possibilité a été facilitée par le recul des taux de défaut sur les crédits subprime et par le développement conséquent du marché secondaire des prêts immobiliers…

En gros, il y avait une astuce, mais elle n'a fonctionné qu'un temps…

La crise de l'immobilier aux USA et les crédits subprime


 

Puis vint le temps où le marché de l'immobilier a commencé à ralentir, pendant l'année 2006. C'était le début de la baisse des prix sur l'immobilier résidentiel. On dit que la politique monétaire entreprise depuis 2004 n'y serait pas complètement étrangère. Néanmoins, la combinaison de ces deux évènements a entraîné une augmentation des retards de paiement et une hausse du taux de saisie sur les crédits subprime.

Ces crédits étant à majorité à taux variable, la hausse des taux ne s'est pas faite attendre : appelée le reset, elle a évidemment alourdi les dettes des emprunteurs. Cette réévaluation des taux à la hausse s'est en plus effectuée au moment où les taux directeurs étaient en pleine progression (1% en 2004 à 5 % en 2006).

Devant la hausse de leurs échéances, les emprunteurs n'ont plus pu rembourser. Conséquence inévitable, la faillite de plusieurs organismes de prêts spécialisés dans les crédits subprime :

L'administration américaine intervient

Devant la crise sans précédent qui est déjà amorcée, l'administration Bush lance une série de mesure destinée à contenir le désastre financier, notamment avec la House Tax Relief Bill :

  • Pour les 7 prochaines années, déduction du revenu des primes d'assurance versées dans le cadre des emprunts immobiliers,
  • Remise partielle ou totale des dettes consenties lors des renégociations,
  • Gel des taux d'intérêt sur certains prêts consentis entre début 2005 et été 2006.

 Ah, le libéralisme ! Nous verrons bien ce que ces pseudo-mesures peuvent faire…

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Vendredi 2 mai 2008
Toujours dans le rapport annuel 2007 de la société Syngenta qui le commercialise, on a l'air de s'étonner (mais de se réjouir) d'un des effets secondaires de l'insecticide Cruiser - l'insecticide pour traitement des graines le plus vendu au monde.
En effet, les cultivateurs de soja Brésilien (le soja transgénique ?) ont remarqué que les plantations étaient plus grandes, plus vigoureuses, plus vertes que les plantations non traitées par Cruiser...

Tiens donc...



7 années de recherche (comme quoi, rien n'est évident - et encore faudrait-il jeter un coup d'oeil aux résultats de ces recherches !) ont permis aux scientifiques (et aux stratèges ?) de Syngenta de trouver une explication à cet effet secondaire : Cruiser entraîne la biosynthèse de protéines spécifiques qui défendent la plante contre le stress.

OK ! Si c'est vrai, tant mieux, on ne peut que se réjouir de cela. Mais :
  • il fallait bien sortir une explication au bout de 7 années de recherche... Considérons que ce soit la vérité, ce qui est probable, pour la suite du raisonnement,
  • Syngenta ne maîtrise pas les effets secondaires de ses produits et s'en remet aux cultivateurs pour les découvrir : cela peut avoir des conséquences désastreuses dans le cas d'un effet secondaire négatif,
  • on sent bien que ce n'est pas naturel qu'un produit induise une biosynthèse non maîtrisée : si le produit  est capable de générer des effets secondaires positifs, il est tout aussi capable de générer des effets secondaires négatifs,
  • 7 années pour trouver la cause d'un effet secondaire positif... On sent bien que Syngenta a mis le paquet pour découvrir les vertus cachées de son insecticide (car il faut avoir les moyens de poursuivre les recherches pendant 7 années) afin de réitérer le processus dans les prochains produits, de maîtriser ces nouveaux mécanismes et d'en faire un argument de vente fort,
  • Imaginons maintenant que les agriculteurs aient découvert les effets secondaires de l'insecticide Cruiser (les apiculteurs par exemple, pour ne pas les citer...) : est-ce que Syngenta entreprendra des recherches pendant 7 années ? A mon sens, oui, mais aucune conclusion de l'enquête ne sera jamais publiée, car il faut que Syngenta réduise les effets négatifs de ses produits, sans jamais éveiller les soupçons de ses actionnaires (pourtant pas dupes les actionnaires, mais ils n'aiment pas les remous au moment de récupérer les dividendes de leur société / vache à lait).
A la lecture de ce simple rapport annuel de Syngenta, document officiel de la société, on comprend ce qui se trame derrière le principe de précaution dont on lance l'expression à chaque fois qu'on entend parler d'OGM. Il y a bien des effets secondaires non maîtrisés remontés par les cultivateurs. Pour le moment, nous ne sommes informés que des effets "positifs" (attention à ce qui semble positif d'un premier abord, car les légumes vert fluo ce n'est pas normal non plus !) mais il est logique d'imaginer que les effets peuvent (et doivent) être aussi positif que négatif. Le tout est de savoir dans quelle mesure.

Si Syngenta jouait également le jeu de la transparence dans ses recherches, peut-être que la société n'aurait pas un aussi bon chiffre d'affaire, un aussi excellent résultat net annuel, mais sûrement gagnerait-elle la confiance de nombreux pays réfractaires.
C'est un choix de stratégie assez classique finalement, mais qui semble marcher à merveille.
par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Jeudi 1 mai 2008
Les prémisses d'une véritable crise alimentaire



Le building du CBOT va commencer à devenir le centre d'intérêt du monde entier...

 A l'heure où 60 millions de français s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat, la crise alimentaire commence à soulever des inquiétudes dans les pays en voie de développement (les manifestations du 1er mai 2008 en Asie sont un signe) : le directeur général de l'Asian Development Bank annonce, lors du 41ème meeting annuel à Madrid, que 600 millions de personnes survivent avec moins de 1 $ / jour et 400 millions d'autres sont à peine au-dessus de ce seuil incroyable.

A l'heure où les français se demandent si le foie gras va redevenir un met rare, les distributeurs et les grandes surfaces profitent de la flambée des prix des matières premières pour accroître démesurément leurs marges, les multinationales de l'agro-alimentaire comme Danone réalisent de nouvelles hausses de prix inespérées après le passage à l'euro quelques années auparavant, et les autres multinationales de l'agro-alimentaire comme Syngenta se frottent les mains en spéculant sur l'évolution de la crise.
A cette heure-ci, 10 000 Indonésiens défilent dans les rues de Djakarta pour demander des hausses de salaire pour continuer à se nourrir normalement ! Et en Thaïlande, ce sont 2 000 ouvriers qui s'inquiètent de leur condition.

Il est normal de s'inquiéter de sa propre condition. Cependant, avec la mondialisation (et là on voit les effets pervers de cette mondialisation), l'inquiétude des uns devraient interroger celles des autres...


Bravo, les français s'interrogent sur leurs retraites. C'est vrai, c'est rageant de voir des acquis disparaîtrent sans raison valable, en prétextant l'augmentation de l'espérance de vie peut-être... Mais voilà, quand on pense aux retraites des américains, on pense aussitôt aux fameux fonds de pension qui récupèrent chaque année les dividendes de nos belles entreprises bien françaises et glorieuses comme Total. Et quand on pense à nos propres retraites... Tiens, comment sont-elles financées ?

Dans le privé, on imagine très bien que les entreprises arrivent à reproduire le système des fonds de pension américains : ils prennent des parts dans des sociétés d'Europe de l'Est ou d'Asie, et hop, à chaque fois qu'il y a des dividendes, on récupère. Normal, c'est le système qui veut ça. Allez voir ce que France Télécom ou la BNP ont fait en Argentine pour récupérer le pactole quand la faillite s'amorçait dans ce pays d'amérique du sud... Cela ressemble en tout point à la fuite de nos euros vers la Sun Belt américaine. On peut se dire que la fuite du capital argentin aura permis de payer quelques retraites en France !



Le regard vers la New York Stock Exchange



Et le prix du baril augmente ! Et le prix du blé décolle ! Et le prix du riz s'envole ! Tous les yeux sont désormais rivés sur les salles de marchés. Tout le monde pensent à un effondrement de la banque, à une crise similaire à 1929 (certains prétendent même pire que le Black Thursday), mais il n'en sera probablement rien.
Les entreprises comme Syngenta dans son
rapport annuel 2007 garde les yeux rivés sur le Chicago Board of Trade : il s'agit de la plus ancienne bourse du commerce au monde où l'on traite essentiellement de "contrats à termes" (futures contracts). En gros, c'est ici que s'échangent notamment les denrées alimentaires, à des prix prédéfinis, à une échéance donnée. Le vendeur se protège des effondrements des cours mais ne profitent pas des hausses de prix.

C'est au
CBOT que les nouveaux records du monde sont enregistrés : le prix record du blé en tête de file. On peut même effectuer des contrats à termes avec une échéance à Décembre 2010 (le prix est heureusement déjà fixé).
Et on suivra avec intérêt l'évolution des prix de l'éthanol, du soja, du maïs ou encore du coton. Tout cela sur le CBOT.

La crise ne fait certainement que commencer. Syngenta attend avec impatience que les gouvernements acceptent de jouer le jeu du transgénique (officiellement, "
the need to improve agricultural productivity") et les pays émergeants en sont évidemment les premières cibles.

Feuilleton à suivre...




par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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Mardi 29 avril 2008
Une Organisation Non Gouvernementale qui prône la transparence... L'idée est louable.
Voici comment l'ONG se présente :

Transparency International est l’organisation mondiale de la société civile au premier plan de la lutte contre la corruption. Par le biais de plus de 90 Sections dans le monde et de son Secrétariat International à Berlin (Allemagne), TI sensibilise l’opinion aux effets dévastateurs de la corruption et s’emploie, en partenariat avec les pouvoirs publics,
le secteur privé et la société civile, à concevoir et mettre en oeuvre des mesures efficaces pour en venir à bout.



Dans son rapport annuel de 2006, Transparency International développe 5 priorités internationales :
  • la corruption dans le secteur privé,
  • les conventions internationales contre la corruption,
  • la corruption dans les marchés publics,
  • la corruption en politique,
  • la pauvreté, le développement et la corruption.

Vous l'aurez compris, la transparence c'est également la disparition de la corruption (ou c'est avouer ouvertement la corruption, mais dans ce cas, cela ne devient-il pas légal, la plupart du temps ?).

L'ONG décortique également les pots-de-vins dans un rapport, le Global Corruption Barometer 2007, dont voici quelques conclusions qui retiennent toute notre attention :
  • dans le monde, ce sont les pays d'Afrique qui remportent la palme des demandes de pots-de-vins,
  • dans le monde, ce sont les pays pauvres qui sont en tête des pays dans lesquels des pots-de-vins ont été payés afin d'obtenir un service public,
  • en Europe, l'Albanie, la Macédoine, le Kosovo et la Roumanie sont les pays les plus touchés par les pots-de-vins,
  • dans le monde, on paye en majorité des pots-de-vins aux services de police et aux services judiciaires...
  • les jeunes sont plus enclins à payer des pots-de-vins (mais si ! comme quoi, peut-être qu'avec l'âge on comprend que l'argent n'achète pas tout... à moins qu'avec l'âge on arrive mieux à parlementer ou à faire du troc au lieu de verser quelques billets précieux...),
  • si dans le reste du monde, on paye des pots-de-vins majoritairement à la police, en Union Européenne c'est le système médical qui est arrosé, et en Amérique du Nord ce sont les institutions judiciaires (mais cela reste mesuré comparé au reste du monde),
  • un graphique amusant traite du niveau perçu de corruption dans les institutions du monde : les gens pensent majoritairement que les partis politiques sont corrompus, puis les parlements / législatures, suivi de la police...

Dans un article du Monde daté du 28 Avril 2008, Transparency International pointe l'opacité des revenus des compagnies pétrolières... De la corruption dans le monde du pétrole ??!! Curieux :)

par Smaragdos publié dans : Le monde aujourd'hui
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